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 L'entrée monumentale de la Citadelle

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Aragorn II Elessar



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MessageSujet: L'entrée monumentale de la Citadelle   Mer 1 Avr - 23:44

La petite troupe de Legolas encadrée par les soldats du Guet arrive de : La ville basse

La densité du populaire s'était petit à petit amenuisé à mesure qu'ils avaient monté les niveaux de la grande cité, en arrivant à la porte, il ne restait plus que quelques quidam, fans absolus du Prince, pour crier hourra à leur passage.

Lorsque la troupe parvint à la porte de la citadelle, qui était aussi le palais du Roi du Gondor, une compagnie entière de gardes de la citadelle les attendait.

Un officier en armure chatoyante les invita à entrer en s'inclinant.

Officier : " Bienvenue en Gondor, Prince Legolas, vous aussi messeigneurs. Sa majesté a été prévenue de votre arrivée, veuillez me suivre. "

D'un geste gracieux il invita ses hôtes à le suivre tandis que d'un autre, beaucoup plus méprisant, il congédiait Haakon.

Le premier de la ville basse vaut moins que le dernier de la ville haute.

Haakon s'éclipsa sans bruit: il connaissait sa place et son rang. Il récupéra son cheval et son soldat et retourna s'occuper des voleurs et des catins de son empire fangeux.

L'officier royal n'eut pas beaucoup de chemin à parcourir, car le Roi informé de la nouvelle du retour de son vieil ami avait interrompu tous ses travaux et était allé au devant.

A peine eurent-ils fait quelque pas qu'Aragorn se présenta devant eux. Lorsqu'il vit le prince il eut une légère crispation de son visage, il avait peine à le reconnaître, pour tout dire seule sa taille lui permettait de ne pas le confondre sur l'instant avec Vardé. Il dit d'une voix vibrante :


Aragorn : " Mon ami, mon frère. Se peut-il que vous fussiez vivant ? Je n'ose le croire."

Il resta interdit quelques secondes et plongea son regard dans ceux du prince. Après de nombreuses interminables secondes un sourire éclaira son visage: pas de doute ces yeux là étaient bien ceux qui avaient, comme les siens vus le Roi des morts s'agenouiller devant lui, vus les champs du Pelenor se couvrir du sang noir des Orcs et vus la Porte noire s'ouvrir en déversant des flots d'Uruk et de Trolls avait le désastre du grand œil.

Il eut envie de le serrer dans ses bras, mais se retint. La prestance royale devait rester de mise en dépit de la super nova qui venait d'exploser dans sa poitrine.
Aragorn ignorait les détails de l'histoire de Legolas depuis la guerre de l'Anneau. Il était en captivité lorsque celui-ci était parti sur la grande mer. On lui avait conté quelques histoires à propos d'un amour désespéré, mais un récit rapporté ne vaut jamais un récit entendu de la bouche de celui qui l'a vécu et il n'y avait guère prêté foi.
Pour lui Legolas avait du mourir pendant la guerre de Galdarith et on lui racontait cette histoire d'équipé maritime sur fond d'amour tragique pour ne pas lui causer le chagrin que la nouvelle de la mort de son ami lui aurait inévitablement causé.
De toutes les façons, en cette heure ils étaient en publique, les embrassades viriles, s'il devait y en avoir, auraient lieu plus tard.

Il fit donc comme s'il recevait un lointain cousin venu en visite, il dit en ouvrant ses bras:

Aragorn : " Soyez le bienvenu chez vous, Prince Legolas."

Il hésita, mais n'ajouta pas "fils de Thranduil" comme c'était la coutume: il lui était revenu en mémoire que le père du Prince avait joué un rôle quelque peu fâcheux. Ce point pouvant être sensible, il s'abstint...
Il poursuivit:


Aragorn : " J'espère que vous me ferez la joie d'être notre hôte pour longtemps. Me présenterez vous ceux qui ont le bonheur d'être vos compagnons ce jour ? "

[HJ: à vous les petiots, dans l'ordre qui vous sied ! Razz ]

PS pour Maegaldar: ne t'en fais pas, j'ai bien ton histoire en tête et je ne t'oublie pas Wink

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Legolas



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MessageSujet: Re: L'entrée monumentale de la Citadelle   Dim 5 Avr - 22:24

Alors qu'il gravissait les différents niveaux de la cité, Legolas ressentait un malaise grandissant. Les gens continuaient à l'acclamer et il ne pouvait que désapprouver cette marque d'affection. En effet, tandis qu'il effleurait de son fin pied les dalles qu'il connaissaient et que ses yeux caressaient les maisons qui jadis avaient été ravagées par la guerre, il avait reconnu les endroits qu'Elestel et lui avaient partagés. Et il se souvenait très bien de la réaction de la plupart des gens de Minas Tirith quant à cette union désapprouvée, il se souvenait de leur froid accueil et de leur œil acéré quand il s'était présenté sur le marché. Or à présent, tous unissaient leurs voix pour le louanger et il trouvait cela profondément malhonnête.

En tant qu'Elfe, il n'avait pas la même relativité face au temps. Les humains ne pouvaient s'attarder sur les anciennes inimitiés et ils gardaient surtout en mémoire le plus important : Legolas en tant que héros de la guerre de l'Anneau. Les Belles Gens n'avaient point la même notion du temps et chaque moment était important. Cette ville représentait à la fois le bonheur et le malheur, elle lui avait donné la femme aimée et elle la lui avait repris. De manière fort cruelle. Voilà ce qui subsistait à cet instant dans la mémoire de Legolas. Rien d'héroïque, rien de grandiose, juste de la cendre et d'immenses regrets.

La foule qui l'entourait s'amenuisa et il en ressentit un apaisement. Il salua d'un signe de tête le lieutenant qui n'avait fait que son devoir et qui repartait dans les entrailles de la ville.
La lourde porte de la citadelle laissa place au Prince, ainsi qu'à ses deux compagnons. L'un d'entre eux devait être particulièrement excédé par ces chants ridicules...
Legolas ne leva pas tout de suite la tête vers Aragorn. Une honte croissante semblait s'imprimer en son corps et il se retrouvait comme paralysé. Humilité pouvait-on penser. Il entendit la voix de son ami, presque inchangée, et toujours aussi accueillante bien qu'il perçut cet infime instant d'hésitation que le Roi eut lorsqu'il posa ses yeux sur l'Elfe. Ce dernier n'en ressentit que plus de honte. Oui, il avait pâle figure et n'était plus que l'ombre de ce héros que les gens avaient cru honorer par leurs chants et leurs cris.

Il releva son visage émacié pour cueillir le regard profond d'Aragorn et tous deux se jaugèrent, ayant peine à se reconnaître. Legolas avait l'impression de voir un fantôme. Le Roi avait pourtant fière allure... Mais le Prince ne savait à quoi s'en tenir. Tout ceci était-il vraiment réel ? La Mer l'avait-il véritablement recraché ou se trouvait-il absorbé dans le cauchemar permanent qui l'avait balloté pendant des années ?
Il demeura interdit. L'accolade ne lui vint pas à l'esprit. Peut-être lui aurait-elle permis de mieux réaliser qu'il avait bel et bien repris pied dans la réalité.
"Chez lui". Ces mots lui firent mal et son visage se contracta. Il lui semblait n'avoir aucun chez lui en Terre du Milieu. Mais Aragorn était son ami et sa maison n'était en rien malveillante. Legolas essaya de se détendre et s'appliqua à répondre à la question qui lui avait été posée. Mécaniquement. Sa voix légère, telle une vague napée d'écume, vint se briser quelque peu aux pieds souverains d'Aragorn :


- Merci mon frère, de cet accueil. Mes jambes m'ont porté jusqu'à vous je ne sais pour quelle raison. Je ne me l'explique point encore mais je demeurerai à vos côtés tant que vous le souhaiterez. L'Elfe qui m'accompagne est Vardë, son père a servi le mien - un petit temps d'arrêt, l'ombre de Thranduil devait se dissiper - et voici Maëgaldar, un dunadan qui souhaitait vivement vous voir.

Il en demeura là. Vague. Absent.

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Maegaldar Anertoar



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MessageSujet: Re: L'entrée monumentale de la Citadelle   Lun 6 Avr - 10:38

C'avait été une étrange expérience que de gravir les successifs niveaux de Minas Tirith ainsi acclamé, comme s'il faisait partie de la garde d'honneur du Prince Legolas. Etrange car nouvelle, il n'avait jamais gouté à cette célébrité, étant en effet parti au moment des réjouissances de la victoire sans en profiter. Et il en avait été loin ces dernières années où il avait vécu dans l'ombre, entre les sillons de sang qu'il répandait.

Et au-delà de cette nouveauté, il en avait honte. Qu'avait-il fait pour mériter de recevoir un tel accueil? Il avait abandonné son serment à l'instant de la victoire? Il avait fui misérablement son devoir, cette cité, et ce pays.
Oh certes il était bien conscient que les vivas ne s'adressaient pas à lui mais il se retrouvait quand même en leur centre. Et c'était dur de s'habituer à l'attention de centaines de personnes qui avaient les yeux fixés sur soi tandis qu'il avançait dans une cité presque inconnue, et qui aurait pourtant du être son foyer.

Aussi, pris dans ce maellstrom intérieur, ayant l'impression d'avancer dans une brume tourbillonante, étouffante, n'eut-il pas assez de lucidité pour remarquer les réactions des deux elfes. Il marchait les yeux à demi baissés, n'arrivant pas à assumer ces évènements.
Ah qu'auraient-ils pensé de "L'Archer" ses compagnons d'infortune de la prise de Garden, de l'embuscade du désert d'Hardngon? Qu'auraient pensé les dunedains fiers, habiles et loyaux de la Compagnie Grise qui avaient été ses compagnons? Sans doute ne l'auraient-ils pas reconnus. Ils n'auraient pas reconnu sur ce visage défait de l'homme digne et déterminé à la tête toujours fièrement dressée et au regard flamboyant.

Ainsi se déroula l'ascension... Bien pire que ce qu'il avait secrètement espéré. Mais tout cauchemar a une fin et ils pénètrèrent enfin dans la Citadelle. Et là il parvint à se ressaisir, à se raffermir. Il releva la tête, et se prépara à la rencontre... Son coeur battait sourdement dans sa poitrine. Il craignait cette rencontre presque autant qu'il la désirait.

Et alors vint le moment pour lequel il avait parcouru des dizaines, des centaines de miles. Pour lequel il avait quitté son rôle de mercenaire. Aragorn parut. Avec toute la majesté d'un Roi des hommes. Maegaldar avait soutenu un rôdeur sur le point de devenir roi, il retrouvait en ce jour le monarque.
Ce fut un déferlement frissonant et émotif qu'il reçut dans tout son corps. Il remercia d'une pensée l'officier qui s'était arrêté. Il n'était en effet pas sur d'être capable de marcher sans vaciller.

Grâce au prince, l'attention du Roi épargna Maegaldar dans un premier temps. Un répit suffisant pour qu'il garde contenance.

Mais une nouvelle déferlante le traversa aux paroles de Legolas. "Maegaldar, un dunadan qui souhaitait vivement vous voir". Le nom ne devait pas être inconnu du souverain. La tête de l'intéressé se courba de honte.

Et puis toutes les images des jours passés avec la Compagnie Grise éclatèrent. La chevauchée vers le sud, la rencontre des cavaliers du Rohan où ils avaient rejoints Aragorn, le passage du Chemins des Morts, Pelargir, Minas Tirith, la Porte Noire. Toutes ces scènes dures, de bravoure, de peur, de celles qui lient des hommes jusqu'à la mort. Et alors quelque chose se défit au plus profond de son être. Toute la honte d'avoir abandonné son allégeance se vit recouverte par un sentiment de fierté. Il était dunadan. Il avait fait partie de la Compagnie Grise et avait abattu plus que sa part d'orcs et d'haradrims. Il n'avait jamais reculé, il avait toujours épaulé Aragorn quelque soit la situation.
Et centimètres par centimètre, instant par instant, il releva la tête. Les mains croisées devant sa taille il vint croiser le regard du Roi. Les yeux d'un homme dans ceux d'un autre. Il acceptait d'être jugé mais il n'allait pas se réfugier dans la honte. Que vienne son jugement, l'instant était venu et il était enfin prêt.

Il attendit ainsi les paroles de son Roi, paré de toute la dignité qu'il avait su rassemblé.

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Vardë Moredhel



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MessageSujet: Re: L'entrée monumentale de la Citadelle   Sam 11 Avr - 19:52

Être subitement projeté au rôle de compagnon et congénère de son princier rival avait rempli la bouche du jeune elfe d’un petit goût, mi-amer, mi-âcre. Malgré les derniers jours vécus ensemble, et le partiel refoulement de leur inimité, voir son nom accolé à celui de Legolas, et qui plus est sous l’image de son gentil petit subordonné, était exactement ce qu’il fallait pour le ramener à une humeur plus sombre.
« Vardë, qui accompagne Legolas» sonnait à ses oreilles un peu trop comme « Meneltur, majordome de Thranduil », quoique la comparaison lui fasse autant honte à lui qu’elle l’aurait sûrement fait au prince.

De plus, une information particulièrement désagréable et inquiétante commençait à faire son petit chemin vers le cerveau du Moredhel : la situation lui avait bel et bien complètement glissé des mains, et il n’avait aucune option possible pour changer la donne.
Car, malgré son air avenant et sa sympathie attendrissante envers ses camarades, il n’avait jamais été question pour le jeune elfe d’aller aussi loin. Il n’était qu’un vagabond qui avait eu, si pas l’insigne honneur ou l’immense plaisir, au moins la hasardeuse chance de partager quelques pas avec deux hommes de bien plus haut rang que lui.
Ce qui se passait dans les plus hautes sphères de la société gondorienne n’était vraiment pas de son ressort, et il ne voyait pas ce qu’il serait allé faire là-haut. Et puis, il n’avait jamais accepté explicitement d’accompagner si loin ses camarades, et avait jusqu’il y a quelques instants encore caressé le projet de se défiler plus ou moins élégamment.

Essayez dans de telles circonstances de paraître noble, assuré, heureux, détendu et de faire une tête plus ou moins correcte, et vous comprendrez le petit air pincé de Vardë. Lui qui n’aimait ni la foule, ni le bruit, ni le protocole, était franchement servi.
A travers les étages et la populace humaine qui hurlait et chantait son euphorie puérile, le regard du jeune elfe affichait un mélange d’agacement profond, d’effroi, et d’amusement. Et ces trois sentiments le ramenaient inlassablement à une personne : Legolas. Ca l’embêtait de devoir le suivre, ça l’effrayait de dépendre de lui, et, histoire de faire balance, certaines paroles des chansons à la gloire du Prince l’auraient fait hurler de rire dans des circonstances moins à même de taper sur son système nerveux.
Lorsque la foule se dissémina, l’adolescent vit son dernier espoir de se tailler en douce mis en pièces. D’humeur proche du massacrant, mais suffisamment résigné pour afficher une figure acceptable, le jeune elfe suivit la petite troupe à l’intérieur. Fidèle à ce qui faisait de lui un indigne Galadhrim, il avait une boule de nerfs bloquée dans le ventre, prête à exploser à la moindre contrariété. Heureusement pour ses compagnons, sa jeunesse ne l’empêchait pas d’avoir tout de même une certaine maîtrise, et il se contentait d’exprimer son agacement par de discrets tapotements de doigts contre sa cuisse et un visage fermé et légèrement baissé, qui pouvait facilement passer pour le faciès d’un serviteur humble et dévoué. Tant mieux, c’est ce qu’on attendait de lui, non ?

Silencieux car trop absorbé par sa petite tempête intérieure, il n’en oublia pas moins d’incliner respectueusement la tête à l’arriver d’Aragorn, et d’éviter de croiser son regard. Tant qu’il ne l’avait pas vu tout-à-fait en face, il jugeait encore possible de faire abstraction de l’obsédante et profondément angoissante question qui tournait en rond dans son crâne.


*Mais bon sang, qu’est-ce que je fiche là, moi ? Par tous les Valars, quelle horreur…*

Les babillages manifestement retenus par le protocole commencèrent. Et si le jeune elfe évita d’ouvrir la bouche ou de relever la tête, il n’en pensait pas moins…

*Le bonheur d’être son compagnon ? Fichtre…*

*Mon père est encore au service du tien, tout infirme qu’il soit, mon Prince… Fière ascendance qu’est la mienne : serviteurs ! Merci de le préciser, ça limite tout de suite mon statut… Et alors, si en plus, c’est pour faire la tête après !*

*Mais bon sang, qu’est-ce que je fiche là ?*

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Aragorn II Elessar



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MessageSujet: Re: L'entrée monumentale de la Citadelle   Lun 20 Avr - 17:28

Aragorn avait de grandes difficultés à contenir sa joie. Revoir Legolas vivant, même si sa grâce éternelle se trouvait obscurcie par le malheur, était pour lui comme une résurgence d'un passé heureux qui, avec le temps, s'était idéalisé dans l'esprit du Roi. Si le temps ne faisait pas d'oeuvre sur les Elfes, il se vengeait en façonnant à sa guise l'âme des hommes mortels, fussent-ils Dunedains. Aragorn oubliait la dureté des épreuves et la mort maintes fois frôlée pour ne garder que les joies de l'aventure et de l'amitié.
Et pourtant Légolas, il aurait du s'en rendre compte, il ne le connaissait que dans les temps de malheur, mais en réalité cela n'avait pas beaucoup d'importance car tout comme le pensait Maegaldar: la fraternité d'arme tisse entre les êtres, qu'ils fussent hommes, Elfes, loups
[HJ : "les loups qui parlent", suivez mon regard Mr.Red ] ou chevaux des liens dont la nature même échappe à ceux qui n'ont jamais connu la guerre.
De plus Aragorn n'oubliait pas la dette que lui et son pays avait envers le prince Elfe, car s'il n'avait guère prêté l'oreille aux aventures nautiques, il avait en revanche la pleine connaissance du rôle de Légolas au cours de la guerre de Galdarith, celui-là ayant ni plus ni moins sauvé le royaume.

C'est donc avec le coeur léger et empli de sentiments joyeux, et en dépit du piteux état de l'Elfe, qu'Aragorn l'écouta présenter ses compagnons.
Quand il lui présenta Vardë, il profita de l'hésitation de Légolas
[Hj: une brèche, je m'engouffre Razz ] pour dire avec bienveillance :

Elessar : " Bien sûr. Bien qu'il y ait longtemps que je ne cours plus à travers les bois, comment aurai-je pu oublier le célèbre Vardë ? L'Elfe qui parle aux forêt et qui fait parler les loups.
Je me souviens encore de notre rencontre Moredhel, nous avions mis en commun nos talents de guérisons pour soigner un tien compagnon dans la forêt de Fangorn.
Je suis heureux de t'accueillir en ces lieux moins vastes, dont la majesté humaine ne se veut qu'une immitation minérale de la beauté sylvestre. "


[Hj : vous remarquerez que lorsque je mets " Elessar " en lieu et place d' " Aragorn ", ça veut dire que Gorny fait le Roi, Aragorn c'est pour les copains Mr. Green ]

Puis ce fut au tour de Maegaldar d'être présenté. Aragorn ne connaissait pas des centaines de Maegaldar, en vérité il n'en connaissait qu'un. Etait-il possible que celui-là fût celui auquel il songeait à la seconde où Légolas avait dit son nom.
Bien que la tête demeura courbée quelques instants, le Roi qui le scrutait n'avait déjà aucun doute sur l'identité de l'homme qui se tenait devant lui.
Sa taille, des traits usés par le doute et le malheur mais reconnaissables, et surtout une certaine prestance, voilà ce qui n'avait pas fait hésiter le Roi.
En le regardant, Aragorn se surprit à se demander pourquoi il ne l'avait pas remarquer immédiatement. Il est vrai qu'un rôdeur sait se dissimuler, même à la lumière d'un Elfe. Ou alors les pouvoirs sensoriels du Roi s'étaient émoussés à la pratique du pouvoir, hypothèse la plus probable.

Lorsque Maegaldar revint victorieux de sa lutte intérieure et releva la tête, le regard qu'il croisa était empli d'un paradoxe. Un paradoxe où se mêlait bonheur et tristesse, bienveillance et sévérité.
Après quelques secondes il se mit à parler d'une voix presque mystique
:

Elessar : " C'est un jour bien étrange que celui où ceux que l'on pensait morts reviennent à la vie...
Je ne peux qu'y voir un signe du destin, peut-être que c'est cela que la prophétie annonçait.

Que le même vent du sud amène-t-à nous, les trois fils indignes.
Celui qui a abandonné son père pour servir un royaume étranger, celui qui a abandonné son peuple pour servir la forêt et celui qui a abandonné son Roi pour... "


Aragorn inspira, il eut une sorte de vibration dans la voix où la joie et la tristesse se mêlait pour ajouter:

Elessar : " ...La vengeance. "

Il inspira, le Roi était au bord des larmes, mais il se contint et parvint à dire, avec un peu de l'éraillement d'un sanglot étouffé:

Elessar : " Cela fait beaucoup en une seule minute, même pour le Roi des hommes. "

Puis il regarda Maegaldar avec ce qu'il aurait voulu être un regard neutre et il dit avec une contenance mal assurée :

Elessar : " Je ne sais, Maegaldar Anertoar, si tu as beaucoup de choses à me dire.
Sache toutefois que si tu as changé d'allégeance pour passer de la mienne à celle du fils de Thrandhuil, il n'est ni dans la volonté, ni dans le pouvoir du Gondor d'y mettre obstacle.
Aussi, bien que tu lui restes redevable de tes manquements à son égard, en tant qu'homme de la suite du Prince Légolas, tu es le bienvenu à Minas Tirith. "


Les dernières paroles furent comme arrachées de sa gorge car ce discours était celui du Roi, mais pas celui du coeur d'Aragorn.
En réalité, même s'il avait un fort grief à son endroit, il luttait surtout contre l'envie de prendre Maegaldar dans ses bras, comme un père retrouve le fils qui l'a trois fois renié.


[HJ: Vardy si tu as peur de t'ennuyer, je te suggère quelque chose : tu peux à moment surgir avec Elendaë pour apporter des nouvelles d'un certain Hobbit Fou. Ce serait l'occasion de jointer un peu les aventures de chacun avec notre intrigue principale Razz ]

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Legolas



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MessageSujet: Re: L'entrée monumentale de la Citadelle   Mer 29 Avr - 22:55

Legolas était présent, puis absent, intermittent de l'attention pourrions nous dire. Il regardait Aragorn s'exprimer tel le roi qu'il était devenu et il peinait à le reconnaître. Il n'avait que peu eu l'occasion de côtoyer son ami une fois qu'il eût gagné son trône.

Il se mordit la lèvre, au moins plusieurs minutes après avoir présenté Vardë. Il s'était également aperçu de sa bévue [où comment une faute de post peut servir celui qui suit...] et se demanda ce qui l'avait porté à signifier que le père de l'elfe n'était plus au service de Thranduil. A sa décharge, il fallait souligner que tout le monde était plus ou moins mort ou moribond dans son esprit. Avait-il encore réellement un père ? Aragorn était-il véritablement Aragorn. Un tas de questions plus ou moins métaphysiques se bousculaient dans la tête de Legolas. Ce qui pouvait tout de même expliquer son intermittence d'attention !

Il vit s'orchestrer différentes émotions dans l'apparence du souverain. La joie de retrouver cette vieille branche d'elfe sindar, la surprise de voir le Moredhel dans ce contexte, si loin de ses forêts, la contrariété du retour du prodigue dunedain. Vu que les changements s'opéraient assez vite, mais point trop pour qu'on puisse malgré tout les saisir, le Prince se fixa sur cette musique corporelle, mouvante sans bruit aucun. Cela l'apaisa quelque peu et il put dire, au moment opportun (et non à contre point) :


- Nulle allégeance ne lie Maegaldar à moi, à part celle de l'amitié qui s'est forgée au cours de ce voyage... Et il n'y a point d'allégeance moins contraignante que celle qui se dessine le long d'un chemin.

Il n'y en avait par contre pas de plus durable. Le roi et Legolas le savaient bien. Mais Maegaldar n'était en aucun cas à ses ordres. Le premier-né était conscient, d'ailleurs, que son compagnon de route était venu se confier au jugement d'Aragorn de son plein gré et qu'il ne souhaitait guère en être sauvé par une quelconque feinte.

Il se tut alors et redevint de glace, terne et effacé, ne s'éclairant que par quelques petites touches, au détour d'un sourire, d'un plissement de paupière ou d'un simple souffle. Par intermittence.

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Maegaldar Anertoar



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MessageSujet: Re: L'entrée monumentale de la Citadelle   Sam 16 Mai - 15:08

Ce fut une sorte de duel qui se déroula entre le Roi et le déserteur. Non point un rapport de force. Non point une tentative réciproque d'intimidation. Mais un échange pendant lequel chacun cherchait à se maitriser, à faire honneur à ce qu'il était sensé représenter, et à tenter de deviner les raisons de la réaction de l'autre.
Et si c'était une avalanche d'émotions qui s'abattait sur Aragorn, soutenir son regard intense était particulièrement difficile pour le dunadan au coeur jadis de pierre mais qui avait tendance a recouvrer son humanité et ainsi sa fragilité.

Néanmoins cet échange de regard fut comme une averse brutale et froide qui s'abat sur les montagnes et les nettoie de leur manteau poussiéreux. A la fois violent car il était on ne peut plus face à ses manquements, mais également encourageant, rassurant, porteur d'espoir et de joie. Car le regard qu'il contemplait était celui d'un être cher, muri par les ans et le règne, toujours aussi majestueux sinon plus. Et au fond des pupilles du Roi il distinguait cette joie contenue. Il sut alors de façon certaine que son choix était le bon non seulement pour lui mais également pour Aragorn. Il ne serait pas rejeté et méprisé. Au contraire, quelque soit la froideur dont le Roi ferait sans doute montre à cause des manquements de son vassal, il y aurait toujours au fond une joie ou un réconfort de le voir revenir.

Ce fut salvateur pour Maegaldar. Tant et si bien que si une décharge se répandit dans tout son corps à plusieurs reprises il sut rester digne et ne faillit pas une seule fois.


"Que le même vent du sud amène-t-à nous, les trois fils indignes. "

"Celui qui a abandonné son Roi pour... ...La vengeance. "

"Aussi, bien que tu lui restes redevable de tes manquements à son égard"

Remerciant en son for intérieur la nouvelle force qu'il tirait d'Aragorn lui même il affronta sans échappatoire ces reproches, car il les savait justifiés. Mais lorsque le Roi fit mention d'une éventuelle allégeance venant de lui envers le Prince Legolas, un éclair d'amusement traversa ses yeux. Un éclair seulement car il lui tenait à coeur d'effacer toute crainte dans l'esprit de son suzerain. Car s'il avait déserté sa place, il n'avait juré aucune autre allégeance que celle pour laquelle son coeur et sa parole s'était engagé.

Aussi fut-il reconnaissant de l'intervention, distraite mais néanmoins bienvenue, de Legolas. Tout autant qu'il lui fut reconnaissant de n'avoir pas tenté de diminuer les actes du dunadan.

Une fois que le Prince se fut exprimé, Maegaldar se décala d'un pas sur le côté et avança à la hauteur du prince elfique.


"Mon Roi, si je me présente aujourd'hui à vous ce n'est sous le poids de nulle allégeance ni de nulle obligation, excepté celle de ma conscience. Longues ont été les années écoulées mais je n'ai jamais reconnu une autre allégeance que celle qui me liait à vous et me lie encore aujourd'hui en mon coeur.

J'ai conscience que grands sont mes torts. J'ai faillit à mon serment je le crains. Mais au moins ne l'ais-je pas brisé.

En ce jour je suis venu de ma seule initiative me placer sous votre jugement. Je suis prêt à tout vous expliquer de mes errements car je n'ai pas de plus grand souhait que de vous servir de nouveau doublement, en paiement de ces années où j'ai fui.

Mais en échange je me dois de vous demander de me juger non en tant que compagnon du Prince Legolas, mais en tant que Maegaldar Anertoar."


Sa voix n'avait presque pas tremblé. Presque. Mais c'était le seul signe de l'émotion qui lui tordait le ventre. Depuis trop longtemps ses yeux avaient désappris à pleurer et trop d'épreuves avaient durci ses traits pour qu'il se décompose en de la tristesse, de la fragilité.

Toutefois l'humilité il ne l'avait pas oublié. Et lorsqu'il eut fini de parler il baissa la tête, l'inclinant en biais en toute humilité. Prêt à être jugé.

Les prochains mots allaient sans aucun doute déterminer son existence. Les battements de son coeur raisonnaient dans ses tympans. Et lui devait attendre que ces interminables secondes s'égrènent pour être fixé...

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Vardë Moredhel



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MessageSujet: Re: L'entrée monumentale de la Citadelle   Mer 3 Juin - 21:14

[Autant pour moi, ce sont les examens pour tout le monde... Si vous trouvez dans mon message une quelconque référence involontaire à la Russie communiste ou à la 2° Guerre Mondiale, prévenez-moi, c'est que je suis plus gravement atteinte que je ne le pensais.]

Ses iris couleur nuit rivés sur le dallage ciré comme pour un jour de glissage nationale, l'elfique adolescent tentait de faire abstraction de sa situation. Un exercice d'esprit loin d'être facile en pleine salle du trône, vous en conviendrez...
Surtout quand le Roi assis sur le trône en question vous adresse la parole.


Citation:
Elessar : " Bien sûr. Bien qu'il y ait longtemps que je ne cours plus à travers les bois, comment aurai-je pu oublier le célèbre Vardë ? L'Elfe qui parle aux forêt et qui fait parler les loups.
Je me souviens encore de notre rencontre Moredhel, nous avions mis en commun nos talents de guérisons pour soigner un tien compagnon dans la forêt de Fangorn.
Je suis heureux de t'accueillir en ces lieux moins vastes, dont la majesté humaine ne se veut qu'une immitation minérale de la beauté sylvestre. "


De nervosité, le Moredhel faillit se mordre la lèvre jusqu'au sang, mais il réussit à se contenir au prix d'un gros effort.
Rester calme, froid et calculateur au milieu d'un combat, il savait faire. Cela lui coûtait, mais il arrivait. Par contre, conserver une attitude détachée dans un milieu qui lui était aussi étranger qu'une réception d'invités étranges et étrangers au Gondor faisait partie des choses qu'il n'avait pas encore appris à faire en un siècle et quelques d'existence.

Timidement, l'elfe releva la tête vers le roi et esquisça une amorse de sourire tout en inclinant légèrement le menton pour indiquer sa gratitude de s'être souvenu de lui.
Bah, s'il n'en tenait qu'à lui, il aurait plutôt parlé de la gêne qu'occasionnait le fait que tous les regards se soient posés sur lui, mais bon...

Son regard se riva à nouveau sur les entrelacs de dessins composant les dalles de la grande salle. Son capuchon rabattu sur ses épales et sa cape longue cachaient presque intégralement ses bras et ses vêtements. Les longues mèches noires coulant le long de ses joues s'occupaient du visage.
Une ombre parmi les ombres, discrête, presque inexistante, postée juste quelques pas derrière le Prince de Vert-Bois le Grand.

Mais une ombre pourvue d'oreilles. L'échange Maegaldar-Aragorn commençant, le jeune elfe tendit les pointes de ses oreilles et toute sa curiosité émoustillée vers la conversation qui allait suivre.

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Aragorn II Elessar



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MessageSujet: Re: L'entrée monumentale de la Citadelle   Jeu 23 Juil - 16:43

Le temps fait toujours son oeuvre et les émotions qui dansent dans la poitrine d'un homme finissent toujours par s'épuiser tandis qu'il prend la mesure de la situation. Ce fut ce qui arrivait à Aragorn qui, une fois passés les affres de la surprise, se refit une prestance royale.
En approuvant d'un léger hochement de tête, il dit à Maegaldar qui avait parlé le dernier:


Elessar : " Il en sera donc fait ainsi, Maegaldar Anertoar. Puisque tu n'es point lié par serment au Prince Légolas, tu seras donc jugé en tant que Garde de la Citadelle, le titre que tu as renié et dans lequel tu sembles montrer désir de te voir restaurer. "

Inspirant fortement et ne laissant plus rien paraître d'autre qu'une attitude souveraine composée il ajouta:

Elessar: " Je ne vois d'ailleurs aucune raison de différer plus longtemps ce jugement. Ces quinze années de silence me sont suffisament abjectes pour ne pas souffrir de leur ajouter quelques jours de plus.
Je vais céans tenir lit de justice extraordinaire, comme la loi du Gondor m'y autorise. "


Il se tourna vers un huissier et lui dit d'une voix impérieuse.

Elessar : " Qu'on aille quérir Anduril et le sceau du Gondor. "

Il s'agissait là des artefacts indispensables à la procédure judiciaire de la justice royale.
Aragorn se tourna ensuite vers le garde à l'armure étincelante qui se trouvait en faction près du trône. Il lui dit :


Elessar : " Lorsqu'un homme attaché au roi doit être jugé, la loi exige qu'au moins un membre du corps auquel il est attaché soit présent. Toi, tu seras donc le témoin du corps des Gardes de la Citadelle. "

Puis il tourna ses yeux bleus vers Legolas et Vardé. Pendant quelques secondes une malicieuse lueur amusée y brilla avant de s'éteindre aussitôt. Il leur dit:

Elessar : " Pour être valide, la prodédure exige la présence de témoins impartiaux, préférablement étrangers et, dans la mesure du possible, ne dépendant pas de l'allégeance du roi. Je ne peux rien vous imposer car vous êtes des Elfes. Vous m'obligeriez en acceptant d'être les témoins du jugement de celui qui est votre compagnon.
Bien entendu sous réserve que Maegaldar accepte le jugement de son Roi dans cette forme. "


Puis se tournant à nouveau vers Maegaldar, il lui dit d'un ton sévère:

Elessar : " Maegaldar Anertoar, le corps des Dunedains de jadis a été dissout depuis ton départ. Dissous et refondu avec celui des gardes de la citadelle en un corps unique qui se nomme les Gardes de la Citadelle. Ce corps est aujourd'hui composé à égalité de Dunedains et d'hommes du Gondor pour symboliser à jamais la fusion de l'Arnor et du Gondor. Tu es donc jugé, le mot est douloureux, en tant que renégat à ce corps.
La procédure extraordinaire, pour rapide qu'elle soit, obéit à des règles strictes que je suis en devoir de t'énoncer:

- Le roi préside le tribunal et énonce l'acte d'accusation.
- Seuls siègent au tribunal le roi, les témoins étrangers, et les témoins de ton corps.
- Le roi te pose trois questions et tu es libre d'y répondre ou pas.
- Chaque témoin de ton corps te pose deux questions. Tu es libre d'y répondre ou pas.
- Chaque témoin étranger te pose une question. Tu es libre d'y répondre ou pas.
- Le roi décide de l'ordre des questions, il peut aussi renoncer à poser certaines des siennes au profit d'un témoin.
- Les débats durent aussi longtemps que durent les questions. Au terme du débat, le Roi invite les témoins à prononcer le jugement qui est chuchoté par chacun d'eux à l'oreille du Roi.
- Lors de ce jugement qui décide de ta culpabilité, la voix de chaque témoin de ton corps compte pour deux, celle de chaque étranger compte pour une et celle du Roi compte pour trois.
- Le Roi annonce le jugement de la manière suivante: si Anduril tombe des genoux, c'est coupable. Si Anduril est posé à terre, l'innocence est établie.
- Une fois la culpabilité ou l'innocence établie, le Roi énonce la sentence qu'il décide en fonction du jugement.
- Le jugement extraordinaire est sans appel, aucune grâce ne peut s'appliquer.
Je dois te dire pour conclure que la gravité du chef d'accusation te rend passible de la peine de mort. "


Désignant son trône du doigt il dit à Maegaldar:

Elessar: " Lorsque je m'asseyerai sur ce trône avec Anduril entre mes genoux, tu ne pourras plus revenir en arrière. Si tu cherches à te dérober pendant ton procès alors tu seras exécuté.
Tu as encore la possibilité de refuser la procédure et de partir de Minas Tirith sur l'heure. Mais dans ce cas, tu ne devras plus jamais reparaitre ici, sous peine de mort."


Inspirant fortement, Aragorn ajouta avec fermeté:

Elessar: " Alors, Maegaldar Anertoar, acceptes-tu la procédure extraordinaire ? "

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Legolas



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MessageSujet: Re: L'entrée monumentale de la Citadelle   Lun 10 Aoû - 14:01

[Je passe mon tour afin de laisser Maegaldar répondre et que ce soit plus cohérent.]

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MessageSujet: Re: L'entrée monumentale de la Citadelle   Dim 16 Aoû - 16:28

Le dunadan était resté digne et décidé tout au long de l'explication du Roi. La réponse qu'il croyait être imminente était certes repoussée mais Elessar acceptait d'entendre ses explications. C'était au moins un pas supplémentaire de fait.
Il répondit aux nouvelles et aux règles qui lui étaient exposées par de très légers signes de la tête, acquiesçant. Oubliant son trouble pour ne pas rater la moindre information.


Citation:
"...Je dois te dire pour conclure que la gravité du chef d'accusation te rend passible de la peine de mort. "


Maegaldar eut l'impression de brusquement se retrouver sous une cascade glacée. Il ne sut se retenir d'accentuer à l'instant même l'intensité de son regard, ni de plier légèrement les bras, les mains alertes, ni encore de lancer un regard froid à... son suzerain. L'acier des nains préservé sous terre à l'abri des regards est froid et mordant. Mais plus froid et plus mordants encore fut le regard qu'adressa Maegaldar.
Il était revenu, la peur au ventre, bravant son orgueil, ses démons et sa honte, et voilà qu'on lui annonçait que s'il était jugé coupable d'avoir abandonné son Roi, ce qu'il avait indéniablement fait, il serait exécuté. Exécuté... Il n'avait pas trahi ! Il avait déserté, une fois la fin de la guerre arrivée. Et avant cela il avait mis sa vie, son épée, sa fougue au service de cet homme au delà de ce que beaucoup auraient cru humainement possible.

Oh certes malgré son soudain revirement Maegaldar n'aurait jamais envisagé de s'en prendre à Aragorn. Mais il ne put s'empêcher d'étudier en son for intérieur ses chances de survie s'il était jugé coupable. Il ne s'était pas battu toutes ces années en restant en vie malgré la compagnie constante d'hommes tous plus dangereux les uns que les autres, pour mourir en ce jour, chez lui, sans réagi. Même Aragorn ne pouvait lui ordonner de se laissait executer. Nul être ne l'aurait pu.
Il était toujours aussi armé que lors de son entrée dans la cité. S'il devait mourir ici, ce ne serait pas sans agir. Il avait rapporté cela de sa lointaine et longue excursion. Ce désir sauvage de ne pas être abattu en se tenant coi. La fureur qui lui avait tordu le sang, le projetant dans la situation qu'il tentait de régler en ce jour était toujours en lui.

Bon sang ! Il s'était bien sûr attendu à un accueil froid. Bien plus froid en vérité que ce qu'il avait reçu. Mais il s'imaginait qu'alors la sentence l'aurait condamné à être banni, ou bien à se retrouver sous une montagne de pénibles services tous moins gratifiants les uns que les autres en paiement de sa dette. Mais cela ! Oui sa faute était immense et il n'espérait pas réellement le pardon. Mais il ne jugeait que sa faute mérita la mise à mort. Et pourtant longtemps il y avait pensé. Longtemps s'était-il fait dévorer ses entrailles par le remords et la honte de son manquement.

Les secondes s'égrenaient encore une fois lentement. S'il avait réussit à contrôler la réaction qui l'avait possédé à l'annonce d'Aragorn, il s'était fermé. La face dure, inexpressive, impitoyable. Celle de l'homme impitoyable, vivant et survivant seul contre tous. Il ne s'en rendit pas compte mais l'instinct de survie avait repris le dessus. Peut-être fut-ce ainsi qu'il montra pour la première fois par quels lieux il était passé devant Aragorn. Car ce-dernier était sans doute bien placé pour reconnaître et comprendre l'origine d'une pareille expression. Celle là il n'aurait jamais pu l'apercevoir chez le Maegaldar qu'il avait connu. Et c'était un indice inconscient qui pouvait soit faire réaliser au Roi le gouffre d'où avait du se sortir le dunadan, ou bien l'éloigner un peu plus refusant un homme qui osait avoir une telle réaction. Sa réaction pouvait fort bien diriger Maegaldar sur la route de l'échafaud, car ce n'était pas l'attitude qu'on aurait attendu d'un homme totalement repentant. Mais de cela il n'était pas conscient.
Et ces évènements avaient effacé en un souffle toute l'émotion qui l'avait envahi en retrouvant les terres gondoriennes, en foulant le sol de Minas Tirith, puis en retrouvant Aragorn. Ou plutôt le Roi Aragorn. Estel avait disparu, laissant la place au souverain.


"J'accepte."

La réponse avait jailli soudainement. Et brutalement aussi. Un mot seul, par là même sec. Posant ses mains l'une sur l'autre devant sa taille il montra qu'il était prêt à emboiter le pas à ses gardes. Il était prêt à les suivre d'un pas de félin. Silencieux. Conscient que beaucoup dépendrait de l'énoncé des fautes qui seraient jugées.

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Vardë Moredhel



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MessageSujet: Re: L'entrée monumentale de la Citadelle   Ven 23 Oct - 8:17

Curieux, mais plus à la façon de quelqu'un qui lirait le dernier canard du coin plutôt que d'une personne bien présente, Vardë écoutait ce qu'il se passait, la tête légèrement penchée de côté.
Bêtement, peut-être, il aimait bien les procès. Etre un Elfe n'empêche pas de ne pas être toujours plein de compassion, et il trouvait un certain amusement dans le fait de voir les gens se faire casser du sucre sur le dos. Et puis, c'était un peu comme si de voir d'autres se faire juger atténuait la sentence de son propre banissement. Il se sentait moins seul dans son impression de bêtise monumentale.

Mais, bon, là, la situation différait un peu. C'était, si pas d'un ami, au moins d'un compagnon qu'il s'agissait. Et le jeune homme n'arrivait pas à décider s'il préférait que Maegaldar soit un homme considéré comme intègre et honnête, ou qu'il ne soit qu'un vagabond ayant vraiment renié son seigneur. L'une ou l'autre solution les éloigneraient.

Lorsqu'Aragorn leur adressa la parole, à lui et Legolas, le Moredhel se raidit. La demande le mettait particulièrement mal à l'aise, mais il ne savait pas du tout si ce serait mal pris s'il refusait. Il aurait bien fait valoir sa jeunesse, mais cela faisait tout de même une vingtaine d'années qu'il était majeur pour un Elfe.
Visiblement gêné, l'adolescent, malgré le petit goût amer que cela lui procurait, fit ce qu'il faisait le mieux: se défiler en remettant la responsabilité à quelqu'un d'autre.

En baissant la tête d'un air humble, Vardë répondit dans un chuchotis presque inaudible.


"Je suivrai le choix de mon Prince."

Puis, Maegaldar accepta. Ah, la peste soit de ce rôdeur! Quel fichu téméraire! Un peu trop honnête, peut-être...
Tout adolescent qu'il était, le jeune Elfe avait très envie de le rabrouer comme un enfant. Par tous les Valars! Lui aussi avait un jour fait le choix de ne pas franchement arranger son sort, et il en avait appris qu'il valait mieux avoir une conscience salie qu'une vie brisée. Et, mine de rien, ce n'était même pas ce qu'il aurait souhaité à son pire ennemi.

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Aragorn II Elessar



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MessageSujet: Re: L'entrée monumentale de la Citadelle   Mar 3 Nov - 16:36

Lorsque Maegaldar fit connaître son approbation, le Roi ne bougea pas même un sourcil et quand les témoins acceptèrent de siéger [HJ:nous dirons que Legolas a accepté aussi pour gagner du temps Razz], Aragorn leur lança un sourire reconnaissant mais un peu crispé.

Il dit en désignant son trône et les trois fauteuils que l’on venait d’y installer à la hâte:


Elessar : " Fort bien, nous allons donc siéger. Par ici je vous prie. "

Avec solennité, il se dirigea vers son trône et désigna de la main les places de chacun : Légolas et Vardë à sa droite et le Garde de la Citadelle à sa droite.
Le garde des sceaux se tenait debout, à droite du Garde, tenant à la main le sceau royal qui entérinerait la décision du tribunal extraordinaire du Gondor. A gauche de Vardë se tenait un greffier avec sa plume et son écritoire, prêt à immortaliser l’instant dans le parchemin et à rédiger le rendu du tribunal.

Aragorn s’assit, toujours aussi majestueux et privé de toute émotion apparente. Un page lui apporta son épée qu’il saisit avec fermeté. Il la câlat entre ses genoux, la tenant par la garde, la pointe piquant le sol marbré.

Il regarda à droite et à gauche pour s’assurer que toute la cour était prête puis, brisant le silence de cathédrale qui s’était installé depuis quelques secondes il dit d’une voix puissante :


Elessar : " La cour du tribunal extraordinaire du Gondor siège désormais ! Greffier ?"

Le greffier se leva et dit d’une voix lente :

Greffier : " Siègent à la cour en qualité de témoins étrangers, le Prince Légolas des Elfes de la Forêt Noire et son affidé Vardë de la Lorien dit « le Moredhel ». Siège à la cour en qualité de témoin du corps l’officier Varamir de Dol Amroth, cousin d’Imrahil et membre du corps des Gardes de la Citadelle.

Dans le royaume du Gondor, en ce jour de … [HJ: j'ai pas la date whistle ]du quatrième âge de la Terre du milieu sous le règne du sage et puissant Aragorn Elessar du Gondor et de l'Arnor."


Quand le greffier eut fini d’égrener les noms des témoins, Aragorn reprit la parole :

Elessar : " Je vais énoncer l’acte d’accusation, que Maegaldar s’avance. "

Deux gardes avaient pris place aux côtés de Maegaldar pendant tous les préparatifs. Ils ne faisaient absolument rien d’autre que se tenir symboliquement près de lui, signifiant par là l’état de prévenu du rôdeur.
Lorsque Aragorn l’appela à se présenter, l’un des gardes tendit la main à l’endroit précis où la justice royal entendait que Maegaldar se tînt pendant son procés, invitant ce dernier à s’y rendre.



[HJ : Je laisse Maegaldar réagir, si Légolas ou Vardë ont envie de réagir aussi qu’ils n’hésitent pas mais je répondrais dès que Maegaldar aura posté.
Voici comment le procès va se dérouler : une fois énoncé l’acte d’accusation, qui est aussi un résumé de l’affaire, les questions commencent.
Le roi pose la première, Maegaldar répond. Une fois qu’il a terminé soit je repose une question, soit je passe la parole à un témoin (ce que je vais certainement faire) qui dès lors est invité à poser sa question. Maegaldar lui répond et le roi reprend la parole pour la donner au suivant etc. Ce jusqu’à épuisement des questions, à savoir : 3 pour le Roi, 1 par témoins étranger et 2 pour le garde de la citadelle (donc moi Mr.Red ). Je peux refiler une question à un joueur si ça le tente, dite le moi en HJ si c’est le cas.

Bien sûr ceux qui ne posent pas de question peuvent toujours poster s’ils ont envie d’indiquer leurs sentiments, mais par défaut on considèrera que celui qui doit poster est soit Maegaldar, soit celui qui pose la prochaine question, soit le Roi.
Je reprends donc toujours la parole après Maegaldar pour diriger les débats.

Une fois la séance des questions close, le roi invitera les témoins à lui chuchoter leur jugement à l’oreille l’un après l’autre.

Une fois terminé, le Roi rend le verdict. J’espère que cette organisation convient à tout le monde.
A toi Maegaldar, sur la sellette ! Mr. Green]

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Maegaldar Anertoar



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MessageSujet: Re: L'entrée monumentale de la Citadelle   Mer 4 Nov - 19:34

Le choix était fait, la décision prise, et les évènements étaient lancés. Le regret, l'hésitation ou l'appréhension auraient été aussi inutile les uns que les autres et le dunadan les bannit de ses pensées. Sa vie était en jeu? Et bien qu'il en soit ainsi. Face à une menace pareille il ne connaissait guère qu'une attitude : concentrer toutes les fibres de son être sur la situation présente.

Il suivit les mouvements de chacun avec une insistance presque génante, croisant volontairement le regard de chaque protagoniste du procès de sa survie pendant quelques longues secondes une fois qu'ils étaient en place. Les gardes qui vinrent l'encadrer n'échappèrent pas à la règle. Tout autant que la salle du trône où se déroulerait la cérémonie.

Des bannalités... Le greffier énonçait son rituel. Maegaldar en profita pour fixer à nouveau chacun de ceux qui allaient s'exprimer pour ou contre lui. Il devait se forcer à ne pas bouger, détestant sentir la présence des deux gardes de chaque côté, légèrement en retrait ainsi qu'ils étaient placés il ne pouvait les surveiller, même du coin de l'oeil, sans tourner ostensiblement la tête.

Puis vinrent les derniers mots d'Aragorn et le geste du garde de droite.

Aussi expressif qu'un rocher l'ancien membre de la Compagnie Grise s'avança en quelques pas mesurés jusqu'à la place indiquée. Tête droite et regard fier, il s'appliquait à ne pas être ni paraître impressionné. Et le nombre réduit des participants l'y aidait.

Il aurait besoin de ça pour ne tressaillir à aucune des accusations qui serait énoncée.

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