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 Sauve-moi...

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Maegaldar Anertoar

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MessageSujet: Re: Sauve-moi...   Jeu 8 Nov 2007 - 21:50

[Et oui je venais de me faire la réflexion que Legolas avait bien accompagné la Compagnie Grise et Aragorn et donc que ce n'est pas un inconnu pour mon perso Wink Mais le voilà que le voile se lève^^. Il se sentait serré de trop près Razz ]

Citation :
"Nobles Nés ne sont pas dérangés, mais si vous êtes des Edains, alors soyez assurés que votre lignée à plus de mérite que la mienne!

Le dunadan inclina légèrement la tête à cette mention avec un grand calme et sans relever la raillerie. Mais ses yeux brillants montraient la valeur qu'il attachait à ce compliment. Pour un homme qui respectait et admirait les Eldars, entendre qualifier sa lignée de plus haute par un être de ce peuple était un bien grand signe de reconnaissance.

Citation :
"On m'appelle le Moredhel, et je crois ne pas me tromper en affirmant que vous êtes de la famille des marcheurs..."


[i]Il eut à nouveau un bref signe de tête, un salut cette fois-ci. Il ne releva pas le ton quelque peu ironique de l'elfe, qu'il ne sentait pas pour autant moqueur, mais eut un demi-sourire sans joie en fixant le Moredhel. Oui il était ainsi mais aussi bien plus... Son regard inébranlable fixé franchement dans les yeux de l'elfe ne bougea pas, le temps que ce-dernier puisse bien saisir cette idée. Il ne relevait pas la raillerie qu'il ne pressentait pas de mauvaise intention mais voulait mettre les choses au clair, avec franchise, droiture.

Mais soudain son regard se brouilla, une expression de pleine surprise se peignit sur ses traits.

Citation :
"On me nommait Legolas"
Maegaldar se tourna aussitôt, instinctivement vers l'ancien Prince de Mirkwood, saisi. Voilà d'où lui venait cette impression de déjà vu. Legolas... Compagnon fidèle d'Estel dans son retour en Gondor, ne lui était pas inconnu. Maintenant que le voile du nom était levé il reconnaissait ses traits, ou du moins ce qu'il restait de cette vitalité passée. Quels changements étaient survenus depuis lors... Tant l'emploi du passé, son attitude détachée, que son état actuel le poussait à songer qu'il y avait eu un grand bouleversement dans sa vie d'antan qui ne devait plus qu'être qu'un souvenir doré, ou sombre.

Mais passée la surprise le dunadan se recomposa une attitude neutre, refoulant par un effort de volonté ses émotions soudaines au fond de lui. Son attention retourna dans une apparence de tranquillité vers le Moredhel, levant un sourcil devant son rire soudain.


Citation :
"Hé bien, on dirait que les Valars me font porteur de nouvelles, aujourd'hui!
Mais soit..."
Ainsi Legolas aussi l'avait questionné en ces termes... Pas étonnant vu le bateau qui gisait à côté, l'elfe avait du longtemps erré pour quelque raison... Cela expliquait son allure. Le dunadan commençait à subodorer une peine derrière les manières de l'elfe. Un tel détachement... Comment l'expliquer si ce n'est par une peine ou une blessure qui rend la vie insipide? Qui pousse même jusqu'à prendre la Mer seul et isolé... Lui même avait connu tel sentiment.

Il but véritablement les nouvelles que lui apportait le Moredhel. Aucune ne le surprit véritablement, mis à part concernant Imladris, au sujet de laquelle il n'avait entendu nulle rumeur. Mais il y eut autre chose pour avive son intérêt.
D'abord la réaction de froideur extrème, de raideur soudaine, chez l'ancien elfe de Mirkwood, à la mention du Royaume de Thranduil. Le dunadan enregistra soigneusement cette information, tentant de compléter ses hypothèses sur ce que pouvait avoir subi Legolas.
Puis ce fut la réaction du conteur lorsqu'il en arriva à la Lothlorien. Ainsi lui aussi avait ses raisons de rancoeur envers un autre des royaumes elfiques. Intéressante et pour le moins peu commune était cette rencontre. Le regard désabusé de l'elfe brun renforçait cette impression. Tous deux semblaient avoir soit été rejetés de leur contrée, soit avoir choisi volontairement de s'en écarter. Et il était rare de rencontrer de tels elfes...

Toutefois lorsque Legolas s'appréta à prendre la parole, pour la première fois de son entier gré, Maegaldar l'observa attentivement tentant de faire coller ce qu'il voyait à l'image qu'il avait gardé de l'elfe de jadis avec celui qui parlait aujourd'hui.

La caractère hautain du ton ne le froissa pas, trop de détachement s'exprimer en même temps pour qu'il put le prendre pour du mépris. Sa question était visiblement de politesse mais le dunadan l'accepta. Puisque l'elfe semblait faire des efforts en termes de sociabilité, lui aussi pouvait rendre la pareille, mais avec franchise comme à son habitude.


"Vous le pouvez oui, ou du moins veux-je bien répondre en partie.
Je viens en Gondor après un long exil volontaire...
Il utilisa ce mot à dessin, observant sans le montrer ostensiblement la réaction de ses deux interlocuteurs.
"J'ai décidé que j'avais par trop repoussé mes devoirs envers mon Roi aussi suis-je ici aujourd'hui.
J'ai ouïe dire qu'il y a plusieurs années il avait été capturé pendant une longue période des hommes du Pays de Duns. Je n'ai malheureusement entendu que bien peu de choses à ce propos..."


Il interrogea subtilement du regard l'un et l'autre, ne posant pas de question mais la faisant sentir. Lorsqu'il avait fait mention de la captivité du Roi son visage s'était fermé, bien que ce puisse être confondu avec un masque d'impassibilité dont son visage était souvent revêtu. Cependant un observateur aux yeux perçants ne pouvait manquer remarquer le raidissement de ses machoires et la raideur qui s'était répandu dans sa posture...



[Et une petite tartine Razz]
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Vardë Moredhel

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MessageSujet: Re: Sauve-moi...   Ven 9 Nov 2007 - 23:56

[J'ai pensé faire tilter Vardë maintenant, mais je crains que sa réaction ne soit trop violente. Pour ce qu'il le connait, 'Nouchet déteste le Prince Legolas. S'il le découvre sous un autre jour, il sera surpris, dérouté, mais pas en colère.]


Dès que la discussion sortit des mains du jeune Nandorin, il se tût, presque religieusement. La subite socialisation de Legolas ne le surprit pas, il était lui-même trop changeant que pour remarquer que quelqu'un ne réagissait pas comme d'habitude.
S'éffaçant presque, en reculant de quelques pas, il laissa le Dúnadan et le Prince se faire face, et écoutait sans tiquer, comme un enfant qui s'esquiverait en sentant que les adultes voulaient bavarder entre eux.


Citation :
"Vous le pouvez oui, ou du moins veux-je bien répondre en partie.
Je viens en Gondor après un long exil volontaire...
J'ai décidé que j'avais par trop repoussé mes devoirs envers mon Roi aussi suis-je ici aujourd'hui.
J'ai ouïe dire qu'il y a plusieurs années il avait été capturé pendant une longue période des hommes du Pays de Duns. Je n'ai malheureusement entendu que bien peu de choses à ce propos..."

Le jeune Elfe n'émit aucun son, et se contentait de garder son regard bleu plongé dans le visage de l'Humain, avec un masque d'impassibilité.
Au mot "exil", il ne bougea pas un muscle. Après tout, la vie de cet homme n'avait encore aucun écho pour lui, et un mot est toujours chose innocente... Ou pas?
Pourtant, l'information sur Aragorn sembla clairement l'intéresser. Une de ses oreilles se redressa en même temps qu'un sourcils, avec un léger sourire curieux et impatient, d'une maladresse telle que seuls les adolescents savent l'afficher.
Il ne parla toujours pas, par politesse, en fait, considérant que ce n'était pas à la jeune pousse qu'il était de s'incruster dans la conversation, mais toute son attitude exprimaient son impatience et son envie de précision.

Non, vardë n'avait rien entendu à ce sujet... Et c'est bien pour ça qu'il l'intriguait.
Peut-être par simple passion pour le monde, peut-être par amour pour le commèrage, mais plus réellement par pure curiosité, le jeune paria avait une tendresse toute particulière pour les ragots et les on-dits, et c'était tant mieux s'ils se révélaient faux.


[C'est court, mais Vardy n'avait rien à dire...]

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Legolas

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MessageSujet: Re: Sauve-moi...   Sam 10 Nov 2007 - 15:09

[Tu as raison... Je n'aimerais pas que Leg' se fasse un ennemi de Vardy, quand même, ça serait dommage, ils commençaient à bien s'entendre]

Legolas n'avait pu s'empêcher de noter le changement de réaction de la part de Maegaldar dès qu'il avait prononcé son nom. Mais il n'en avait rien laissé paraître, il scrutait simplement avec plus d'attention cet homme, qu'il n'avait certes jamais rencontré auparavant, mais qui lui évoquait quelque chose de familier. Pas comme un visage oublié... Ce à quoi il s'accrochait c'était que si ce nouveau venu le connaissait, il avait l'espoir de lui-même recouvrer l'image d'antan, qui avait été ternie par ce sinueux voyage dont il ne gardait presqu'aucun souvenir.

Il ne savait pas si sa mémoire avait simplement effacé ces longues années de tourmente sur les mers afin de préserver l'âme de l'elfe la plus intacte possible ou s'il avait été vraiment inconscient sur ce bateau. Aujourd'hui encore, il ne souhaitait guère se rappeler cette période.
Par contre, les yeux du Dunedain venait de lui renvoyer un paysage flou de son passé. Son nom entraînait un echo et de la curiosité. Il avait cru être oublié des siens et des hommes...

Legolas continua de l'observer, tandis qu'il répondait avec gentillesse à sa question. Le mot "exil" le fit légèrement tiquer, pas forcément pour les raisons escomptées. Il fut simplement traversé par cette pensée : l'exil était de mode depuis la guère de l'anneau !

Et ce n'était d'ailleurs pas étonnant. Tous ces destins bousculés à jamais, cette reconstruction qui avait entraîné dans son sillage des hommes et des femmes sur des chemins étrangers, les elfes qui s'évanouissaient peu à peu dans les brouillards des Terres Immortelles, enfin les conflits, Galdarith, puis le mal qui se terrait toujours quelque part. Il y avait de quoi y avoir des vies brisées, des êtres déracinés.

Ses yeux, qu'il tournait toujours vers Maegaldar, se teintèrent d'une curiosité un peu plus grande. La reconnaissance d'abord et maintenant, un petit élan de sympathie pour celui qui avait eu son lot de souffrance. Bien qu'il ait dit que son exil fut choisi, à l'inverse du Premier Né qui avait certes poussé le destin mais qui ne l'avait point prévu si sombre. Souvent, pris par le desespoir, lors de ses premiers jours en mer, les seuls dont il se souvenait, il avait souhaité ne jamais avoir connu Elestel.

Legolas eut ensuite un petit signe de tête, afin de marquer son soutien à son interlocuteur, qui évoquait son devoir envers Aragorn. Un homme qui servait un Roi aussi juste était d'un coup lavé de tous soupçons. L'Elfe lui faisait à présent entièrement confiance. Peut-être était-ce idiot, mais il ne pouvait croire que son ancien ami s'entourent de personnes peu fiables.

Enfin, il vint confirmer ses dires, sur la captivité du Roi au pays de Duns. Il était l'une des rares personnes à avoir été au courant de cette histoire, et à avoir cherché à retrouver Aragorn... Bien qu'il ait échoué et qu'il ait dû tourner tous ses efforts contre Galdarith qui avait déclenché une guerre dévastatrice. Il avait su prendre les choses en main à l'époque, raliant les elfes, confortant les hommes. Que tout ceci était loin. Son coeur battait alors d'un feu que personne n'aurait su arrêter.
Il confia :

-
En effet, votre seigneur a été tenu captif par des brigands. Deux longues années... Le royaume, lors de cette tragédie, n'a pu réunir les moyens de le sauver malheureusement. J'ai moi-même échoué dans cette tâche. Je ne sais comment il a su revenir, je n'ai pas été là pour l'accueillir. J'ai juste appris qu'il s'en était sorti avec son habileté coûtumière.

Sur le moment, il ne s'en était même pas voulu de partir sans même saluer son grand ami qui se trouvait enfin libre. Il n'avait confié que quelques mots à Arwen et s'était absorbé dans les préparatifs de son départ.
Il ne parla pas dans le détail de la rançon, ni de sa complète implication dans les tentatives de sauvetage
[je brode, je m'adapte à l'histoire de Gorny, supposant que Leggy participait à la guerre et au sauvetage, ce qui serait logique]. Il capta cependant l'expression de l'homme du Nord lorsqu'il avait évoqué cette captivité.
Legolas fut content de ne point s'être trompé, cet inconnu avait bel et bien le mérite d'être fidèle au Roi.

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Maegaldar Anertoar

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MessageSujet: Re: Sauve-moi...   Sam 10 Nov 2007 - 19:07

Le dunadan remarqua avec un léger étonnement la mise en retrait du Moredhel. Même s'il garda pour lui même sa surprise il ne put se demander pourquoi un Eldar éprouvait ce besoin. Certes Legolas était un Prince parmi son peuple, mais même s'il avait connaissance de cela, ce n'expliquait pas pourquoi il ressentait le besoin de se retirer en quelque sorte d'une conversation avec un mortel qui bien que faisant partie des héritiers de Nùmenor ne faisait pas pour autant partie de la famille royale...
Cependant en l'observant du coin de l'oeil il remarqua plusieurs petits signes qui le poussèrent à penser qu'il n'avait sans doute pas atteint l'âge auquel un elfe était considéré comme mûr et adulte. La coutûme de Nùmenor plaçait cet âge à 25 ans pour une espérance de vie approchant de deux siècles mais celle des elfes était infinie, ce qui devait considérablement repousser cet âge.

Respectant cette démarche, le dunadan fit face à Legolas. Il prit toutefois garde à ne pas exclure le Moredhel de la conversation par respect, ne l'ignorant pas.

Ce faisant il sentit l'expression du Prince de Mirkwood se faire moins distante, plus intéressée. Il ne manqua pas le signe de tête fait à la mention d'Aragorn. L'elfe et le Roi des hommes étaient de proches amis lors du périple de la Compagnie Grise et il était bon pour le dunàdan de voir ce signe de tête encourageant. Il sentit une onde chaleureuse le traverser, allégeant soudain son sentiment de culpabilité qui le rongeait en renforçant sa volonté.

Et ce ne fut pas sans utilité car lorsque Legolas lui délivra la vérité sur la captivité d'Estel le dunadan sentit son sang se glacer. Son regard se troubla à nouveau, baissant un bref instant. Il aurait du être là en ces jours difficiles pour son Roi. Sa place aurait du être à ses côtés, non dans de lointains pays à chasser sans pitié de vieux démons de son âme que seul le temps avait diminués. Qu'aurait-il pu bien arriver si Aragorn avait succombé? Les hommes se seraient désunis, la lignée d'Elendil aurait eu de grandes chances de s'éteindre dans la nouvelle tourmente qui n'aurait manqué de se déclarer, et la Terre du Milieu aurait perdu un homme de la plus haute valeur, qui était cher au coeur de Maegaldar.

Il lutta de tout son coeur contre cette culpabilité mais la vérité révélée l'avait ravivée, vive et cinglante. Jusque là il n'avait eu aucune certitude. Son informateur, un dunàdan qu'il avait connu durant le périple de la Compagnie Grise, n'était pas lui même sûr de la véracité de cette rumeur. La vérité prononcée de vive voix sur un sujet aussi fragile pour le coeur est une terrible arme. Et Maegaldar avait toute les peines du monde à repousser son assaut.

Rassemblant toute sa dignité il se redressa, carra les épaules, et raffermit son expression. Par Ossë il n'allait pas se laisser envahir par le ressentiment en telle situation, pas devant deux eldars dont l'un de surcroit était Prince, au moins par lignage.

Il réussit à ramener sa résolution en premier plan. Ce qui était fait ne pouvait plus être changé, il avait longtemps ruminé cette pensée pour qu'elle lui soit aussi familière que son épée. Tout ce qu'il pouvait faire c'était tenter de rattraper par le présent ses erreurs du passé se retenant de les commettre une seconde fois.

Alors enfin son corps put se détendre pour retrouver la séreinité et le calme extérieur dont il avait l'habitude. Il trouva la force de river à nouveau son regard dans celui de son interlocuteur. Il ne prononça d'abord nul mot. Il savait que son instant de faiblesse n'était pas passé inaperçu et voulait également montrer le force que recelait de son âme.
C'était un regard franc, direct, sans faux-semblant. L'elfe était un ami de son Roi, il n'en doutait pas quelque soit son état actuel, et en tant que tel il le représentait en un sens aux yeux du rôdeur. Aussi voulut-il faire passer dans cet échange muet toute sa droiture et sa dignité.

Il finit par prendre la parole jetant un coup d'oeil vers l'Est, en direction de Minas Tirith, la voix profonde.


"C'eut été une grande perte si les dunlendings avaient réussi à lui ôter la vie. Je ne crois pas qu'il n'y ait mortel plus valeureux que lui, digne fils des légendes d'Elendil et des plus glorieux Rois de notre peuple.

Je vous remercie de votre confiance seigneur, car si peu nombreuses sont les personnes au courant de la réelle tournure des évènements, c'est un honneur de vous avoir entendu nous le révéler. "
Il avait bien remarqué l'intérêt qu'avait montré le visage du Moredhel à la mention de cette information et avait déduit en conséquence que cette nouvelle ne lui était pas connue, l'intégrant ainsi dans sa formulation.
Il inclina la tête avec ces mots en signe de reconnaissance.


"Mais puis-je à mon tour m'interroger sur la raison de votre présence Prince des elfes? Non que je veuille vous indisposer mais je ne puis laisser un être de votre valeur, de surcroit ami de mon Roi, sans vous proposer mon assistance, si en quoi que ce soit elle puisse vous être utile. Car de votre valeur je ne doute point. Si ma route n'a suivi la votre qu'un temps bien éphémère, ce fut assez pour que je puisse en juger la grandeur."

Son regard était respectueux et à nouveau controlé. Il n'y avait nulle trâce de pitié dans ses yeux devant la difficile situation matérielle de Legolas, ni condescendance.
Non, il pensait ce qu'il disait. Sa première pulsion de venir en aide à des Eldars en difficulté avait cédé la place à un désir sincère de proposer son assistance au Prince de Mirkwood, s'il pouvait l'aider.
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Vardë Moredhel

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MessageSujet: Re: Sauve-moi...   Dim 11 Nov 2007 - 23:27

[Leggy, désolée pour msn, j'avais complètement oublié que la connexion internet de mon pc se bloque à 11h... Foutu contrôle parental!]

Vardë écouta les nouvelles informations d'un air tranquille, et les intégra bien vite. Le Gondor, il n'y était pas souvent allé, et n'en connaissait pour ainsi dire presque rien... Donc, chaque nouvelle qui en venait n'en était que plus précieuse à ses oreilles.

Citation :
"Je vous remercie de votre confiance seigneur, car si peu nombreuses sont les personnes au courant de la réelle tournure des évènements, c'est un honneur de vous avoir entendu nous le révéler."

Le jeune paria esquisça un petit sourire, ni vraiment poli, ni vraiment agacé, et se désintéressa subitement de la discussion.
Il avait une sainte horreur des échanges de politesse, et n'avait pas vraiment envie de se lancer dans de longs palabres diplomatiques qui ressemblaient à un jeu dont il ne comprenait pas les règles.

Sans vraiment se formaliser, il se détourna à moitié et se mit à tracer des lignes dans le sable avec la pointe du pied, manifestement sans objectif précis.
Son dessin une fois fini, il avait une vague allure d'arbre, avec des petits "v" autour qui représentaient des oiseaux, et un plateforme ou se tenait un petit bonhomme qui faisait "bonjour" de la main.
Avec un air dubitatif et un petit sourire appitoyé, il observa son oeuvre, et l'effaça du plat de la semelle et chuchotant pour lui-même.


"Linya, Vardë... Aqua avaestel..."
"Pathétique, Vardë... Vraiment sans espoir..."

Empêchant ses pensées de retourner vagabonder sur les sentiers dangereux de la mélancolie, il plongea quelques secondes son regard bleu nuit dans la mer.
Cette étendue d'eau à perte de vue lui donnait le vertige, et à la fois l'attirait irrésistiblement. Etait-ce le cas de tous les Elfes? Il n'en savait rien, et préférait en fait ne pas le savoir...

Quelque chose flottait au loin... Le courrant et les vagues jouaient avec un objet encore indéfini, qui se rapprochait petit à petit de la plage.
Jetant un coup d'oeil à ses compagnons, qui n'avaient rien vu, il se dressa sur la pointe de pieds pour mieux voir. C'était blanc, léger, très fin...


"Oooh..."

L'objet en question était un châle, en soie fine, d'un blanc imaculé.
Le jeune Elfe, se tournant vers les deux adultes, indiquait du doigt sa trouvaille, encore à une dizaine de mètres de la plage, d'un air intrigué.


[Na, Maegaldar! Vardë restera ignorant! Lol.]

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MessageSujet: Re: Sauve-moi...   Mar 13 Nov 2007 - 0:42

[Bien, comme je le disais à Vardy, je vais retarder un peu le topic en m'absentant jusqu'à Lundi prochain ! Vous avez donc tout votre temps pour la réponse...]

Sa loyauté envers le Roi transparaissait à présent dans chacune de ses paroles et Legolas fut tout à coup ravi d'avoir croisé sa route. Sa journée de "resurrection" lui apportait son lot de rencontres spéciales. Comme quoi, il ne pouvait pas affirmer à présent que tout ceci était vain. Des personnalités qui donnaient envie de s'attrader sur ces terres existaient encore...

Un sentiment de légèreté s'abattit sur le coeur de l'Elfe. Il se sentit pour la première fois depuis son réveil véritablement vivant. L'air était doux, chaque parole avait un sens, le sel lui chatouillait les narines et il recouvrait peu à peu ses forces.

Il acquiesça donc avec une vigueur assez marquée lorsque l'homme évoqua la tragédie qu'aurait connu le royaume si Aragorn avait trouvé sa fin durant sa captivité. Il se souvenait qu'à l'époque, il avait longtemps craint un tel dénouement, se maudissant mille fois de ne pouvoir faire quelque chose de plus, de ne pouvoir accomplir de miracle.
La situation alors était tellement préoccupante... Mais il n'avait jamais oublié son ami, retenu de force.

Les remerciements qu'il reçut de Maegaldar firent naître un sourire sur les fines lèvres du Premier-Né dont les yeux brillèrent un instant, d'enfin retrouver un véritable appetit de relation sociale. Bien qu'il n'avait jamais été très dispendieux en paroles, il appréciait échanger quelques mots, même si l'idée d'une retraite solitaire ne lui avait jamais fait peur.

Il inclina une nouvelle fois la tête, signifiant qu'il acceptait de répondre à la question qu'on lui posait. Surtout que la proposition du Dunadan l'honorait :


- Le fil tortueux d'un long voyage m'a ramené sur ce rivage et je souhaite gagner Minas Tirith...

Il n'en dit pas plus. Certes, il appréciait son interlocuteur mais il n'était pas près à évoquer le chagrin qui se repaissait de son âme déjà trop rognée par endroits.

- Je ne quers aucune aide, à présent qu'on me l'a apportée - il jeta un oeil à Vardë qui dessinait dans le sable - mais j'accepte de partager votre route si elle se trouve en accord avec la mienne et ce avec grand...

Citation :
"Oooh..."

Legolas tourna son visage aux pommettes saillantes vers l'objet que désignait le jeune elfe. Il s'agissait d'un châle aussi blanc que l'écume. Le coeur du fils de Thranduil se serra, une pensée fugitive le traversant. Il songea à elle et au châle semblable qu'elle aimait à porter. Etait-ce le sien ? Etait-ce un signe qu'elle lui envoyait pas delà la mort ?
Il se raisonna rapidement. Son être entier la réclamait avec tellement de force qu'il ne pouvait s'empêcher de la voir s'incarner dans tout ce qui l'entourait. Sa mine redevint sombre et figée et il ne put décrocher une parole de plus.

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Maegaldar Anertoar

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MessageSujet: Re: Sauve-moi...   Mer 14 Nov 2007 - 21:45

[Désolé Vardy^^ Mais je ne pouvais pas faire autrement ce bon vieux Maegald' n'est pas au courant de ce petit fait (bon j'avoue que j'avais pas fait attention Razz) et du coup il ne pouvait pas volontairement mesurer ses propos. Mais jolie pirouette^^.]

Le dunadan observait mi interrogateur Legolas regagner à vue d'oeil de la vivacité. Il était beaucoup moins détaché de la scène que lorsqu'il l'avait vu au premier instant. Ses yeux se mouvaient plus vites et de façon plus...présente. Ils semblaient beaucoup moins contempler des paysages invisbles, si ce n'est pour lui, mais au contraire gouter aux scintillements du monde réel.

Citation :

" Le fil tortueux d'un long voyage m'a ramené sur ce rivage et je souhaite gagner Minas Tirith..."

La surprise de cette bonne fortune arracha un haussement de sourcil au rôdeur. Il avait la même destination en tête. Pour de mêmes ou différentes raisons, il n'en savait rien mais c'était assez étonnant de faire une telle rencontre pour ne pas de surcroit s'attendre à ce que leurs projets soient les mêmes. Et pourtant ils souhaitaient bien tout deux joindre Minas Tirith, la grande cité du Gondor. Et visiblement il s'était déjà fait un compagnon du Moredhel.
Quant au mystère qu'il préféra garder sur son périple, cela n'étonna pas le dunadan. C'était tout à fait normal de ne pas évoquer de telles choses, surtout face à un inconnu. Le contraire eut été étonnant.


Citation :
" Je ne quers aucune aide, à présent qu'on me l'a apportée - il jeta un oeil à Vardë qui dessinait dans le sable - mais j'accepte de partager votre route si elle se trouve en accord avec la mienne et ce avec grand..."

Le dunadan fut honoré de l'acceptation de l'elfe. Il s'apprétait à incliner la tête, les yeux brillants, lorsqu'il perçut l'exclamation du Moredhel qui s'était désintéressé totalement de la conversation un peu plus tôt. Il tourna la tête en même temps que Legolas s'arrêtait.

Il plissa les yeux, forçant sa vue. Un châle blanc... Etrangement immaculé et flottant clairement sur l'eau paisible... Il était étonné. Quelqu'un l'aurait-il, ou l'aurait-elle, perdue en mer? Il était étrange de le voir ainsi flotter, étalé de toute sa largeur, scintillant de si belle façon sous le soleil brillant.

Il sentit soudain une tension à ses côtés, et, tournant la tête vers l'elfe, s'aperçut du profond changement qui était intervenu en lui. Disparue l'ouverture qui avait fait une brève percée sur son visage. Le dunadan ne pouvait plus voir qu'un voile triste, immobile, terrassé par des souvenirs...

Il se recula d'un pas, s'accroupissant tout en fluidité pour glisser sa main dans une poignée de sable chaud qu'il laissa doucement filer, sans perdre le châle des yeux. Il laissa glisser jusqu'au dernier grain, gravement. Nul ne pouvait savoir la signification de ses actes, mais il était clair qu'ils en avaient une. Ses yeux mi-clos et ses lèvres murmurant des paroles inaudibles en était la preuve. Tout comme sa main gauche qui avait saisi le manche sculptée d'une dague, qu'il maintenait plaqué contre son torse...

Il se releva bientôt toujours aussi lentement, lachant sa prise sur l'arme, jetant un coup d'oeil au Moredhel pour tenter de capter son regard. Il ne prononça nulle parole et resta grave par respect envers la peine du prince de Mirkwood... en partie.


Dernière édition par le Dim 16 Déc 2007 - 14:59, édité 1 fois
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Vardë Moredhel

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MessageSujet: Re: Sauve-moi...   Dim 18 Nov 2007 - 18:46

La réaction de Legolas refroidit un peu Vardë. Surpris, il observait son ainé, et son expression passa de la surprise à un bague dédain, sans toucher une seule fois à la compassion.
Il ne comprenait pas, et ça le dérangeait, c'était tout.
Et puis, son malaise ne s'était toujours pas ammélioré, et rendait son humeur un peu chagrine.

Meagaldar ne lui fut d'aucun secours. Occupé à un étrange rituel dont le jeune Elfe n'arrivait pas à saisir le sens, il ne faisait qu'accrooitre son sentiment d'exclusion.
Il avait raté un chapitre, ou quoi?

Quand l'Humain accrocha son regard, le Moredhel lui répondit d'un petit sourire, qui se voulait -peut-être- rassurant, mais surtout désolé.
Il ne savait vraiment pas quoi faire d'autre.

Après un long moment de silence gêné, ou seuls leurs yeux se touchèrent, Vardë baissa la tête, comme un enfant pris en faute, et s'approcha un peu du Dunadan pour trouver refuge à ses côtés.
L'impression que lui faisait Legolas était glaçante, et le chaleur de l'Humain le calme un peu.

En faisant un petit geste vers le Prince, il s'exprima d'une petite voix.


"Qu'est-ce qu'il se passe?"

Son timbre grave de Teleri tremblait un peu. Il n'était pas inquiet: il avait peur, vraiment peur.
Et de plus en plus...

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MessageSujet: Re: Sauve-moi...   Jeu 22 Nov 2007 - 17:49

Sa voix retentissait dans les profondeurs de son être et faisait jouer les fibres de son âme. A ce moment, coupé du monde, il n'entendit plus que son aimée lui murmurant de douces paroles en Sindarin. Comme le jour de leur rencontre, la voix d'Elestel semblait hésitante. Il la voyait presque, ses grands yeux le dévisageant et son attitude toute en retenue.

"Nedhalle nosthani hwîn" (Ce n'est que faiblesse à l'intérieur de toi)

Certes le ton était enveloppant...


"Mas nae maethor muin guren ?" (Où s'est enfui le guerrier cher à mon coeur ?)

... Mais la réalité demeurait si tranchante. Il secoua doucement la tête... Elle n'était pas là, elle était partie il y a bien longtemps. D'autres murmures se fondirent à ceux d'Elestel, puis les paroles de Maegaldar se firent nettement plus audibles.

Legolas parvint à sortir de cette sorte de transe et il finit par détacher son regard bleu du châle immaculé. La question du Moredhel retentit clairement, bien que murmurée, comme si l'espace et le temps n'obéissaient plus au mêmes lois durant quelques longues secondes.

Il s'arracha enfin tout à fait de cet état et n'osa pas porter immédiatement son regard sur ses deux compagnons, de peur qu'ils puissent lire quelque chose d'encore plus effrayant dans ses iris.
Le temps de se recomposer une mine de circonstance, mi-avenante, mi-neutre, il réfléchit avec détermination à son but présent. Ce n'était pas en se laissant aspirer par ses rêves qu'il allait pouvoir atteindre Minas Tirith. Devenait-il complètement fou ?
C'était une des probabilités, en considérant ses longues années d'errance. Si elles ne l'avaient pas tué, elles avaient réussi à déstabiliser son équilibre tout elfique. Le sentiment de crainte que nourrissait le plus jeune et qui demeurait palpable était donc assez fondé.

Il finit par prendre un peu d'air marin afin de se redonner quelques forces et sourit tristement à la mer... Oui, la question était bien là : Que se passait-il alors que trois destins si différents se réunissaient soudain ? Ou plutôt, que se passerait-il ? Legolas n'en avait pas la moindre idée. Il demeura dans son mutisme mais son nouveau changement de physionomie indiqua que la crise était passée...

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MessageSujet: Re: Sauve-moi...   Sam 24 Nov 2007 - 21:12

Accueillant l'arrivée du jeune elfe en se tournant un peu vers lui, Maegaldar l'écouta sereinement un dernier éclat de mélancolie habitant le fond de sa pupille. Il sentait que ce-dernier avait besoin de ne pas être exclu dans un tel moment, qui devait sans doute aucun paraître étrange... Il se doutait que sa propre réaction avait de quoi faire douter, et avec la fermeture qui s'était opéré chez Legolas le Moredhel avait du se sentir soudainement à l'écart.
Il remarqua ainsi immédiatement la peur qui transparaissait discrètement dans sa voix et dans le fond de ses yeux, qu'il sonda brièvement.

Il prit une profonde inspiration mélancolique en observant le chale dériver. Un petit mouvement d'épaule lui échappa avant qu'il ne se retourne sans bruit vers le Moredhel.


"Un symbôle, des pensées? Je ne puis le savoir. Ce qui se passe à l'intérieur de son âme n'appartient qu'à son détenteur et je ne puis le deviner. En vérité je ne le désire pas, car si cette vérité doit restée cachée il n'y a nulle raison pour moi de chercher à forcer ce mystère.

Sa voix était douce et profonde. Il était persuadé, bien qu'il parla à voix basse, que Legolas entendait ce qui se disait. Aussi ajouta-t-il quelques mots à la fois à l'intention du jeune elfe que du prince elfique.

"N'éprouvez nulle crainte, car le danger ne menace pas. Les tristes et pesants souvenirs ont la dent dure et semblent bien souvent éternels, mais le monde est ainsi fait que chaque chose finit par guérir tant bien que mal si elle ne disparait pas. Non telle qu'elle existait avant, mais avec une nouvelle identité plus complète que la précédente.
Je crois que celui qui échappe à un drâme en reste éternellement marqué. Mais si la vie lui a permis d'y échapper, c'est qu'il mérite de poursuivre la voie de son existence, même s'il doit se battre pour ça. Je doute que la guérison des blessures du passé puisse être totale. Mais je crois qu'on peut finir par les accepter.
C'est le seul moyen de poursuivre sa vie, ce poursuivre réellement une vie et non de se contenter de survivre."


Il s'arrêta soudain, lui même surpris d'en avoir dit autant, et se détourna vers la mer. Deux battements de paupières suffirent à masquer son trouble, mais il en avait dit beaucoup plus que ce qu'il escomptait faire, simplement en parlant en ces termes.
Rencontrer de tels êtres, des Eldars, dans l'état d'esprit qui l'habitait en ces temps et après la vie qu'il avait mené récemment le poussait inconsciemmentà relâcher ses barrières mentales, ses protections. Mais il gardait un dur réflexe de ne pas trop se dévoiler, à qui que ce soit. Il ne voulait pas faire par trop confiance à ces elfes qu'il ne connaissait que trop peu. Quoi que Legolas eut pu être par le passé il semblait porter à présent un bien lourd fardeau... Il ne savait pas quelle route avait suivi l'elfe de Mirkwood depuis les temps de la guerre contre Sauron, même si les signes qu'il avait perçu plus tôt le poussait à lui faire confiance.
La prudence restait de mise... Il en avait l'habitude.
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MessageSujet: Re: Sauve-moi...   Dim 25 Nov 2007 - 20:23

Vardë, écoutant l'Humain, laissait glisser son regard inquietde Maegaldar à Legolas, ses mains nerveusement nouées dans le dos.
Mais, subitement, quelque chose changea en lui. Aussi brutalement que la nuit peut se faire quand on souffle une bougie, l'adolescent perdu se mua en un adulte dur et froid, et sans plus trop se soucier -du moins en apparence- de ce que racontait son interlocuteur, il s'éloigna de quelques pas.

Quand celui-ci eut fini sa longue diatribe, l'Elfe laissa s'échapper un soupir profond, et plongea son regard vers la mer et le châle.


"Chaque chose a donc ainsi un fin logique et naturelle chez les Hommes. La joie s'oublie, le chagrin se perd, la vie, un jour, ou une nuit quelconque, s'envole.
En soi, ce doit être un bon apprentissage: puisque tout finit par disparaitre, il est si facile de laisser les choses s'en aller. On en gardera un bon souvenir, comme du reste, ou un mauvais, c'est au choix. Souvenir qui lui-même ne durera que le temps d'un enfance, ou à peine plus. Puis l'obscurité retombera sur ce morceau de l'histoire.
Et on poursuit sa vie pour ne pas survivre, pour ne pas mourir, parce que de toute façon, on en a si peu. Et parce qu'on croit qu'on la mérite, si on est là.

Nombre de Premiers-Nés vous ont un jour envié votre don, Rôdeur, autant nombre d'Humain ont aspiré à la vie immortelle.
Mais après les découvertes, après l'ennui insondable des jours sans rien, où même la routine n'est plus qu'un fardeau, il ne nous reste plus que les souvenirs. Et qu'ils soient doux ou durs, on a pas le choix: ils sont là, plus forts que jamais, et il ne quittent jamais les coeurs, même ceux des plus hardis.

Quand on est jeune, on croit en beaucoup de choses. Le monde est grand, beau, et nous ouvre des portes vers milles splendeurs. Même quand on croit avoir tout vu, on découvre encore autre chose. Et petit à petit, on perd un peu de cette volonté de se battre pour vivre au profit de l'enfoncement progressif dans un univers de songes. Certains mettent des millénaires pour atteindre le seuil maudit de l'ennui, d'autre trouvent déjà tout monotone après seulement quelques décennies."


Tournant un visage tendu vers Maegaldar, il plongea ses yeux dans ceux de l'Humain, profond comme un puits de désespoir. Et il se décomposa à nouveau.

"J'ai beau savoir, ça ne m'empêche pas d'avoir peur. Je ne comprends pas... Les Valars ont-ils du plaisir à tirer en longueur des vies innutiles et pleines de larmes?"

Sa voix, redevenue juvénile, exprimait un telle naïveté que ç'aurait pu être drôle.
Sauf que Vardë pleurait, comme l'enfant qu'il était.

Il se rendait bien compte que ce qu'il faisait était d'une imprudence crasse. Mais il s'en fichait. C'était sorti tout seul, et ça faisait finalement du bien.
Laissant ses épaules se soulever au rythme irrégulier de ses sanglots, il baissa la tête, et se laissa tomber, bêtement, à genoux.
S'ils lui voulaient du mal, ils l'achèveraient sûrement maintenant. Et il aurait au moins la satisfaction de mourir en regrettant le passé.

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MessageSujet: Re: Sauve-moi...   Lun 26 Nov 2007 - 22:52

Legolas ne disait mot mais chaque son lui parvenait, toujours avec une clarté inacoutumée. Il finit par comprendre que ses sens n'étaient plus du tout engourdis, restitués grâce au choc qu'avait provoqué le châle blanc. Il regardait toujours la Mer, le vent battant ses longues mèches blondes sur ses épaules, suivant presque le rythme ralenti de son coeur.

Il laissa ces deux âmes s'épancher quand la sienne avait tant de mal à s'ouvrir avec une telle fluidité. Ce n'était que soubressauts désagréables et déclencheurs de frayeurs chez ceux qu'il côtoyait. Il devait réapprendre à se canaliser, à garder de l'emprise sur lui-même et ce en toute occasion comme par le passé.

Le passé justement semblait le thème récurrent de la conversation, ou plutôt de la fausse conversation qui se tenait entre l'homme et l'elfe. Car était-ce vraiment un échange ? Il semblait plutôt que la situation avait appelé en leurs âmes des sentiments puissants et des réflexions profondes dont la clef demeurait pourtant cachée.
En quels horreurs consistaient les souvenirs que Maegaldar tentait de surpasser et d'oublier, afin de vivre correctement ? Quel était le chagrin qui gardait en tenaille le destin de Vardë qui pouvait se montrer si fragile et parfois si détaché ?

Ces deux voix trouvaient leur echo dans la tête de Legolas. D'un côté, il voulait croire en ce que disait le rôdeur, que le chagrin passerait, qu'il s'atténuerait pour finir par presque disparaître, s'estomper comme les marques que l'on fait sur le sable, après le passage de la mer. Seulement, il savait que le Moredhel parlait avec bon sens. La vie d'Elfe était longue, interminable si la peine et la douleur la frappait avec sévérité. Il avait compris qu'il porterait le fardeau de son rêve inachevé jusqu'à ce que les Valars le reprenne.

Et les pleurs, si forts, de ce premier-né meurtrissaient un peu plus ce coeur déjà ébranlé qu'était celui de Legolas. Son regard ampli de douceur et de désarroi se posa sur Vardë et il fit quelques pas pour se rapprocher de lui mais ne le toucha pas. Il trouvait cela inapproprié et n'était pas versé dans les élans sentimentaux.

Tous trois étaient des écorchés. Il finit par dire, autant pour lui-même que pour les ses interlocuteurs :


- Personne ne peut réellement percer la volonté des Valars... Mais si quelques décennies nous apportent l'ennui voire la douleur, peut-être que quelques autres seront porteuses d'espoir et de renouveau. C'est la seule possibilité qu'il nous est offerte, l'attente.
A savoir si comme les hommes, nous devons agir et abandonner le passé ou errer, abandonné à notre triste immortalité...


Il soupira légèrement et reprit lentement, sa voix un peu cassée - il n'avait plus l'habitude de parler si longtemps d'un coup :

- Ce qui demeure certain, c'est que le chagrin ne nous ôte pas toujours la vie. Peut-être est-ce légendaire... Ou peut-être ma peine n'a-t-elle pas été assez forte. - Il secoua la tête, comme si cette affirmation avait été donnée à voix basse - Ne restent que les fantômes qui nous hantent. La peur fait partie de notre triste lot, je le crains.

Mû finalement par son coeur, il tendit sa main au Moredhel, silencieusement, lui offrant son aide afin qu'il se relève, tout comme cet "enfant" l'avait fait pour lui, quelques heures plus tôt.

[On se tire une balle tout de suite ou on attend un peu ? Mr. Green ]

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Maegaldar Anertoar

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MessageSujet: Re: Sauve-moi...   Mer 28 Nov 2007 - 20:00

[Maintenant !]

L'air du large s'amplifia soudain entourant les trois êtres d'un halo tourbillonant. Tous trois relevèrent la tête d'un même mouvement bien que mus par trois expressions différentes. Une falaise apparut soudain à leurs yeux. Une haute et vertigineuse falaise qui se terminait sur des rochers plus d'une centaine de mètres plus bas. Sans un mot, les trois errants réunis par hasard en ce jour bien triste se dirigèrent d'un pas égale vers le précipice. Ils échangèrent un regard chargé de significations, puis... ce fut la fin. *
Trois corps plongèrent en même temps dans l'abîme, telles trois étoiles filant à la rencontre du sol.

Bien des années plus tard cette scène devait être contée de maintes et maintes manières, sous le titre nouveau de : "Suicide collectif de trois étoiles d'Arda".



[Ca vous convient? Mr.Red Bon bon je précise quand même pour ceux qui ne l'auraient pas compris que c'est juste pour plaisanter, trop tentant Razz. Je me mets au vrai RP maintenant^^. La compagnie des estropiés sentimentaux doit relever la tête !]


Le dunadan ne s'était pas interrompu malgré les pas du Moredhel sur la plage, sentant que quelque part il restait une attention dirigée vers ses paroles. Et il en eut la confirmation lorsque ce dernier lui répondit tristement.
Citation :


"Chaque chose a donc ainsi un fin logique et naturelle chez les Hommes. La joie s'oublie, le chagrin se perd, la vie, un jour, ou une nuit quelconque, s'envole.
En soi, ce doit être un bon apprentissage: puisque tout finit par disparaitre, il est si facile de laisser les choses s'en aller."

Un triste sourire désillusionné se mit à planer sur ses lèvres. Si seulement cela était aussi simple. Si seulement l’oubli lui avait été permis... Y avait-il un seul jour où il n'avait pas regretté la perte dont avait été touchée son coeur, depuis qu'il avait quitté sa vie d'errance aveugle? Pas un seul… Excepté peut-être en de très rares cas de danger et d'épuisement extrême durant lesquels tout son être était concentré sur sa survie. Non il n'oubliait pas, tout ce qu’il avait fait était de parvenir à accepter son fardeau comme une chose immuable.
Cependant il sentait aussi la vérité dans les paroles de l'elfe, et en avait suffisamment vu pour acquiescer mentalement. La vie était courte pour un mortel et il était sans doute plus facile pour lui de se tourner vers l’avant avant que cet instant éphémère n'ait totalement défilé sous ses yeux.

Il écouta silencieusement le jeune elfe exprimer la douleur de son peuple. L'âpreté de l'immortalité dont tant d'hommes rêvaient.


Citation :
"J'ai beau savoir, ça ne m'empêche pas d'avoir peur. Je ne comprends pas... Les Valars ont-ils du plaisir à tirer en longueur des vies inutiles et pleines de larmes?"

Ses yeux s'emplirent de mélancolie et ce fut un visage triste et ému par la peine du Moredhel qui se posa sur les larmes qui sillonnaient son visage encadré de cheveux bruns.

Une pulsion le poussait à réconforter l'elfe meurtrit par une vie dont on pouvait aisément deviné qu'elle n'avait pas été constellée d'instants joyeux. Il s'accroupit silencieusement à côté de l'elfe à genoux et contempla l'horizon en fredonnant tout bas un conte elfique qui lui avait été enseigné à Imladris. C’était un réflexe. Ce conte l’avait toujours apaisé, empli de sonorités belles et claires, chantantes et douces. Certes il ne possédait pas le sindarin comme une langue maternelle, mais sa voix n’avait pas oublié les fluctuations de l’accent des elfes d’Imladris qu’il avait appris avec délectation.

Sentant du coin de l’œil Legolas approcher, il l’observa surpris. Si les yeux de ce-dernier conservaient la trace des souvenirs qui avaient du le torturer, son visage s’était recomposé. La douceur qui s’était emparé de ses traits en voyant le Moredhel en telle tristesse donnait à son visage une expression de vie que Maegaldar n’avait encore jamais vu. Il semblait moins fermé qu’au premier instant, ou plutôt moins distant.

Il l’écouta, buvant véritablement chacune de ses paroles malgré la voie un peu rauque de l’Eldar.

Au geste de soutien de la main, le dunadan se remit à contempler la mer. Quel beau groupe ils formaient là. Tous trois meurtris visiblement par le passé en train de tenter de se réconforter mutuellement sans se connaître vraiment et tout en ramenant leur peine au devant de ses pensées et de ses paroles. Et tout cela après une rencontre fortuite, totalement par hasard. A moins que ce ne soit la volonté des Valars… Mais lui-même doutait de leur implication.

Son regard se fit lointain…un court instant. Il suffisait. Il devait reprendre les rênes de sa souffrance. Cela faisait des années qu’elle l’avait frappé. Il l’avait accepté après de longues errances. Alors il valait mieux repousser cette complaisance du regret pour se concentrer sur le moment présent. Il ne lui servait à rien de revivre des moments disparus à jamais. Quelle qu’en soit le difficulté…

Il inspira profondément avant de prendre gravement la parole.


« Nulle douleur ne s’efface jamais… Pas même chez nous autres mortels. Seule la vie peut nous permettre de l’adoucir. Mais sans doute êtes-vous aussi dans le vrai, il est probablement plus facile pour nous de trouver un nouvel attrait dans la vie permettant d’accepter ces blessures en nous tournant vers ce qu’elle peut encore nous offrir avant qu’elle ne nous quitte.
Cependant si une blessure s’impose, obligeant son porteur à vivre le restant de ses jours en sa compagnie, je ne vois nul autre moyen que de l’accepter comme faisant dorénavant partie de son existence passée. Il m’a fallu bien des années à moi, éphémère mortel pour y parvenir. Mais je suis intimement persuadé que c’est possible même pour des êtres doués d’une vie éternelle. »


Il laissa échapper un triste soupir avant de se relever, dardant son regard déterminé dans ceux des deux autres. Une fois qu’il eut capté leur attention il reprit.

« Nous ne nous connaissons à vrai dire pas. Mais je ne peux empêcher une estime de naître en mon cœur. Aussi tout mortel que je suis, je vous dirais ceci : quelle qu’ait été votre vie, qu’elle qu’ait été votre douleur, quels que soient le nombre d’années qui vous attendent, profitez de la douceur des rayons de ce soleil à chaque crépuscule et de la caresse de la rosée à chaque aube que vous croisez. Retrouvez la saveur de tout instant qu’il soit ou non semblable à tant d’autres. Peut-être ne puis-je comprendre votre douleur, sans doute l’immortalité m’est aussi étrangère que la mort, mais sans cela jamais je ne serais sorti de l’obscurité qui obscurcissait chacune de mes pensées, chacun de mes gestes, alors peut-être cela pourrait constituer une voie de sortie vers le goût de vivre.»

Il tendit lentement sa main vers les deux autres, empreignant son geste de toute l’importance qui se lisait dans son regard. Il n’avait pas pour habitude d’offrir sa confiance si aisément, mais la situation était telle, d’une intensité si forte, qu’il se sentait poussé vers cette alternative de tout son être.
Cette main proposée simplement était l’offre non plus d’une aide, mais d’une amitié, d’un soutien commun. Et si par le passé il avait oublié dans sa peine un serment des plus importants, la luminosité qui régnait dans ses yeux brillants était le signe qu’il était profondément déterminé à ne pas refaire la même erreur.

Il n’agissait pas à la légère, et attendait des deux autres qu’ils agissent en conséquence, sans en douter toutefois le moindre instant. C’était une offre, il ne l’imposerait pas. Il n’en avait de toute façon pas le pouvoir et ne le souhaitait pas.
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Vardë Moredhel

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MessageSujet: Re: Sauve-moi...   Sam 1 Déc 2007 - 17:17

[Et moi, j'arrive avec mes gros sabots, et je décide que ce moment de pure mélancolie a trop duré^^. J'hésitais comment réagir, et j'ai joué à pile ou face. Face, d'où, prépare tes répliques, Leggy^^.
J’avais déjà écrit le souvenir, je trouvais bien à propos de l’intégrer, même s’il est assez long.]

Laissant librement les larmes coller sur ses joues, Vardë n'en commençait pas moins à sentir un peu idiot. Après tout, il ne connaissait absolument pas ses interlocuteurs, et, s'ils ne semblaient ni méchants, ni dangereux, il était quand même en train de donner une sale image de lui-même. Et ce n'était absolument pas le but recherché...

Il sentit le regard des deux autres se poser sur lui et essaya, en vain, de se recomposer. Tête baissée, il les écouta philosopher, et peut-être même essayer de le consoler.
Deux mains étaient tendues vers lui, et la chaleur qui se dégageait de l'Humain le rassurait. Même Legolas, à présent qu'il était plus serein, lui sembla réconfortant.
Lentement, hésitant comme un animal farouche, il tendit son propre bras, et laissa glisser de sa manche une longue main blanche, couverte de cors et de cals comme de vallons et montagnes creusés au cours des années de vagabondage.
Et, s'essayant à un vague sourire qui perça à travers son visage ravagé de larmes, il se releva.

Tandis qu'il s'essuyait les yeux du revers de sa manche, une sentence lui revint spontanément en tête.
Le visage aux sourcils froncés de son père qui soupirait d'un air lassé: " Quoi? Ne me dis pas que tu vas encore recommencer ta petite scène! Oh, Vardë, je t'en prie, tais-toi et sois un homme, veux-tu!"
Et une petite connexion qui n'avait pas encore réussi à se faire dans son esprit se renoua en un instant.
Il savait...


--------------------------------------------------------------------------------------


Un siècle plus tôt, Forêt Noire

Les deux hommes étaient assis à un bureau, sur lequel une légère raie de lumière avait élu domicile. Les parchemins étalés devant eux, dans un chaos le plus total, étaient annotés de partout d'une écriture nerveuse.
De dos, on aurait finalement presque pu les prendre pour des frères. Très grands, élancés, ils laissaient leurs cheveux, blonds des blés pour l'un et d'un noir de corbeau pour l'autre, couler librement dans leur dos. Mais là s'arrêtait toute comparaison possible.
L'Elfe blond, jeune, souriant, charismatique et d'une grâce rare, donnait une impression intense de calme et de noblesse. Et l'autre, nerveux et pressé, avec sa voix qui dérapait parfois désagréablement dans les aigus quand il était en colère, avait un visage maigre, presque émacié, et de ce qui pouvait facilement se qualifier de beauté cruelle. Son regard de loup, bleu de glaces, inspiraient le respect et la crainte plus que la réelle sympathie.

« Vous avez bien compris, mon Prince ? Ou faudra-t-il vous le réexpliquer ? »

Sans se formaliser le moins du monde du ton narquois utilisé, le jeune Elfe sourit, ironique.

« Ca ira très bien, Meneltur, merci de ta sollicitude. Continuons, s’il-te-plait. Je n’ai pas vraiment tout la journée devant moi. »

On ne s’accommodait pas vite de l’air supérieur et de l’habituel dédain moqueur qu’affichait en toutes circonstances l’intendant de la famille royale de la Forêt Noire, et, une fois que le Prince avait fait la prouesse de cesse de s’en énerver, il avait sans aucun doute gagné l’estime de l’irascible Meneltur. Voir même plus que ça. Derrière ses taquineries habituelles se cachaient envers le fils de Thranduil une certaine tendresse, un certain amour, que sa fierté se refusait à montrer ouvertement, mais qui était toujours bien présente. Ce garçon, qu’il avait finalement tenu dans ses bras quand il n’était qu’un tout petit Elfe, il le vouait à un grand avenir : débrouillard, charismatique, intelligent… Un futur très grand Roi, ça, c’était une certitude.
Avec un sourire amusé et conciliant, l’Elfe invita d’un geste le Prince à se repencher avec lui sur les comptes.

Caché dans un recoin de la pièce, le gamin les regardait avec des yeux furieux.
Mais qu’il s’en aille ! Bon sang, par les Valars, qu’il s’en aille ! Depuis la première fois qu’il l’avait rencontré, voici presque un an, Vardë haïssait de tout son cœur ce bellâtre blond qui accaparait avec autant de facilité l’attention de son père. Ravalant une larme de rage, l’enfant sortit doucement de sa cachette, et entreprit aussi discrètement que possible de quitter la pièce. Il n’avait pas fait deux pas qu’une voix autoritaire le rappela à l’ordre.

« Je te préviens, sale môme. Ose encore faire un pas de plus vers cette porte et tu vas voir ce qu’il va t’en cuire. »

Se laissant retomber sur ses fesses, avec un hoquet de surprise qui était sorti tout seul, le petit essaya une vague défense.

« Ada ! Je m’ennuie, et j’ai envie d’aller dehors ! »

« Pour que je passe encore ma nuit de repos à te courir derrière ? Pas question, jeune homme ! Et puis, les couloirs ne sont pas un terrain de jeu, et tu y embêtes tout le monde.
Excusez-moi, mon Prince. »

Les deux Elfes échangèrent un sourire blasé. Ce n’était pas la première fois de la journée que le petit garçon les dérangeait, et ce ne serait sûrement pas la dernière. Le fils de Thranduil avait beau ne pas toujours être d’accord avec les méthodes d’éducation de l’intendant, il devait bien lui concéder une chose : ce môme était tout simplement insupportable.

« Ca va, il est encore sage, non ? »

La phrase, qui se voulait réconfortante, du jeune Elfe fit grimacer son interlocuteur, qui marmonna quelques instants tout seul avant de se décider à parler de façon intelligible.

« On est là que depuis dix jours… »

« Mais à mon avis, il se souvient encore de la correction qu’Altan lui a donnée l’an dernier. »

L’intendant ne réagit pas, mais jeta un coup d’œil en biais au Prince qui lui souriait gentiment. Non, il n’avait pas oublié le garde qui s’était énervé autant sur son gamin que sur « ce grand dadais incapable d’assumer sa paternité ».

Le gémissement râleur qui s’éleva derrière son dos arracha à Meneltur un soupir énervé, et il serra les dents pour ne pas réagir violemment.
Mais quelle idée aussi d’avoir accepté une deuxième fois que son fils cadet passe avec lui son temps de travail à Mirkwood ! D’accord, c’était la seule solution pour sauver encore une fois son couple, mais parfois, franchement, en entendant geindre Vardë derrière lui tout le temps, il se demandait s’il ne ferait pas mieux de planter là Helherië et ses gosses et de retourner à une vie plus paisible.

« Vardë, tais-toi. »

C’était devenu un réflexe… Qui n’eut pour effet que de mettre en colère l’enfant, d’ailleurs. Sautant sur ses pieds, il fit quelques pas hasardeux vers son père, sans but précis à part se défouler, puis, retenu par sa conscience, se détourna et alla jeter de tout son poids et toute sa force son épaule contre le mur voisin, puis s’écroula en pleurant.

Le Prince soupira à son tour, essayant de déchiffrer une ligne de l’écriture trop serré de l’intendant.
Et ce fut la goutte qui fit exploser Meneltur.
Se redressant subitement de toute sa taille, si violemment que sa chaise partit se balader à quelques mètres de là, il darda un regard furibond sur le petit garçon.

« Par tous les Valars, maintenant ça suffit ! J’en ai assez de tes incessantes jérémiades ! Et si ça peut te rassurer, je ne suis pas plus content que toi de t’avoir dans mes pattes. Ecoute-moi bien, tête de mule : si tu veux rentrer chez ta mère ou chez ta sœur –peu m’importe-, va-s’y, je ne te retiendrai pas. Mais ne compte pas sur moi pour venir te sauver si tu fais une mauvaise rencontre en chemin ! »

Une petite voix entrecoupée de sanglots lui répondit.

« Je veux pas rentrer, je voulais pas partir ! J’aime pas ici. Il fait noir, il n’y a que des couloirs et je suis toujours tout seul. Et puis toi, tu t’en fiches de moi. »

« Mais c’est qu’il se permettrais en plus d’être impertinent ! »

Au fur et à mesure que le ton montait entre père et fils, Vardë s’enhardissait. Il se leva en massant son épaule meurtrie, et fit une grimace.

« De quoi je me mêle ! Toi, t’es grossier avec tout le monde, non ? »

Le Prince se crispa et ferma les yeux en entendant le bruit de la paire de taloches récoltées par l’audace de l’enfant. Puis, doucement, il se leva et alla poser une main sur le bras de Meneltur.

« Allez, viens, continuons, je t’en prie. »

Du coin de l’œil, il vit le gamin, tremblant, retourner se réfugier sous l’armoire en attrapant au passage un petit cheval en bois qui trainait négligemment dans les parages.
Et l’intendant, docilement, se calma, puis se dégagea.

« Excusez-moi, je reviens dans un instant. »

Avec un sourire entendu, il quitta la pièce. Le fils de Thranduil le laissa faire, connaissant comme tout le monde les besoins de l’être vivant normalement constitué et l’excellente bière locale.

Dès que Meneltur eut disparu derrière la porte, le jeune Prince s’approcha du grand meuble qui trônait dans un coin et s’abaissant, frappa dessus.

« Mara aurë ? Il y a quelqu’un ? »

Un reniflement agacé lui répondit. Puis, recommencèrent les petits marmonnements et entrechoquements de bouts de bois caractéristiques des jeux d’enfants.

« Vardë ? J’apprécierais que tu fasses au moins l’effort de me répondre… »

« J’ai rien à vous dire, d’abord ! »

« Ca, je pouvais m’en douter… Tu ne t’es pas fait mal en te cognant contre le mur, au moins ? »

« Nan ! »

Un soupir agacé déchira le silence.

« Ecoute, Vardë Menelturiond, je sais que tu ne m’aimes pas beaucoup, ni mon peuple d’ailleurs, mais tu ne crois pas que ce serait plus agréable si tu acceptais d’enterrer la hache de guerre à notre égard ? Repartir sur de meilleures bases avec moi, les gardes, et tous ceux que tu fréquentes quotidiennement ici, c’est possible, tu sais. On peut très bien comprendre qu’à ton âge, quitter sa maison et sa maman si longtemps, ce n’est pas facile. Grandis un peu, maintenant, et tu verras comme la Forêt est un lieu magnifique. »

« J’ai jamais dit que c’était moche, ou que j’étais triste pour ma maman ! «

« Mais c’est quoi, ton problème, alors ? »

« Vous. »

Estomaqué, le Prince s’assit par terre pour essayer de voir le visage du gamin. L’enfant, couché sous l’armoire, avait l’air serein, et faisait doucement galoper son cheval en bois.

« Moi ? Mais, par les Valars, qu’est-ce que je t’ai fais ? »

Vardë, avec un sourire narquois, apparut et se leva, dominant de sa petite taille son ainé.

« A votre avis ? »

L’adulte se releva, et essaya de décrypter le visage poupin de garçonnet. Mais n’en eut pas vraiment le temps.
Meneltur entra en trombe, et eut un mouvement de surprise en voyant son fils et son prince qui se toisaient mutuellement. Une poignée de secondes, il hésita, comme subitement mu par l’instinct paternel, à proposer gentiment à l’enfant de rester sage, mais se contenta finalement d’un regard noir. Avec sollicitude, il posa une main sur l’épaule de l’Elfe blond, et retourna avec lui à son travail.

Apparemment calmé, et sage comme une image, Vardë les suivit, mais aucun des deux ne lui accorda la moindre attention, déjà plongés dans un agréable mélange de comptes et de bavardages divers. Délicatement, le gamin se glissa à côté du Prince, et observa innocemment les parchemins. Ses lèvres avaient à peine remués, mais le jeune Elfe l’avait entendu.

« Vous voyez ? Je vous hais, Prince… »

--------------------------------------------------------------------------------------


Legolas… Prince Legolas de la Forêt Noire…
Donc, cette épave en face de lui était le bellâtre blond qu’il connaissait depuis si longtemps…
Donc, ce résidu d’Eldar était son pire ennemi…

Un instant, il faillit rire. Voilà comment les rôles pouvaient se retourner, mon cher Prince… Qui était en position de force, maintenant, hein ? Une puissante impression de victoire l’emplit, et ses yeux se dardèrent sur le naufragé avec une lueur mauvaise, qui paraissait presque ridicule entre ses dernières larmes.

Pris de dégoût, il retira, trop vivement pour que ça paraisse normal, sa main de celle du Prince. Oubliant à nouveau l’Humain, il recula de quelques pas, et quand il parla, c’était d’un ton faussement soumis, plein de morgue qu’il cracha au visage de Legolas sans gêne.


« Vous parlez bien, mon seigneur, et je doute point que vous ne soyez pas loin de la vérité. Je n’ai pas l’honneur de savoir quelle fut votre peine, pourtant, à vous voir, je doute peu de sa dureté, Legolas de la Forêt Noire. Et ce n’est pas voir à travers vous combien le destin peut se retourner que je suis rassuré ! »

L’adolescent fulminait, mais lentement, son regard planté dans celui du naufragé, se calma. Puis, avec un vague sourire, il réajusta son sac en bandoulière sur son épaule et eut un haussement de sourcils amusé.

« Mais soit, je ferai avec… »

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MessageSujet: Re: Sauve-moi...   Mar 4 Déc 2007 - 19:16

Il semblait que l'heure "émotion partagée, grandes eaux et refaire le monde en 1001 leçons" soit terminée. Sur les bonnes paroles pleines de sagesse de Maegaldar, qui laissèrent Legolas légèrement pensif, le jeune elfe trancha dans le vif. Sa réplique avait quelque chose de désagréable, surtout accompagné de ce regard qui fit un drôle d'effet au blond platine... Comme s'il lui avait été déjà donné de le croiser, froid et mordant.

Le Premier Né replia lentement sa main qui avait tenu un bref instant celle de Vardë et la regarda brièvement, l'air d'y chercher une explication plausible. Il se reporta ensuite sur son interlocuteur dont l'expression avait repris une teinte un peu plus neutre. Seulement, la rétine choquée de Legolas ne pouvait chasser l'image précédente. Sans compter les paroles qui étaient plutôt lourdes de sens. Legolas avait certes perdu quelques réflexes mais il avait encore sa capacité de jugement. Et tout lui indiquait que cet interlocuteur, déjà changeant à la base mais jamais agressif, nourrissait à présent un sentiment plutôt sombre à son égard.

Il ne savait comment réagir, ni quelle question poser. Son esprit cherchait, encore et encore, d'où provenait cette sensation de déjà vu qui le plongeait dans un malaise qui devait être palpable. Et puis cette sorte de déférence forcée sur le "mon seigneur" le gênait. Jusqu'alors, le Moredhel n'avait marqué aucune distinction vis à vis de lui, même après l'arrivée de l'humain, ce qui convenait d'ailleurs parfaitement au Prince. Il allait sans dire qu'il préférait qu'on oubliât cette étiquette. Pourtant, Vardë venait de la rappeler et avec animosité. Se pouvait-il...

"Forêt Noire" le frappa enfin. Jamais il n'avait dit qu'il provenait de ce royaume et Maegaldar n'y avait pas fait référence non plus. Le visage de Legolas se décomposa un court instant. Il se sentait plus coupable de ne point avoir reconnu quelqu'un, encore à des milles de se douter de la rancoeur que portait envers lui son cadet, que d'une hypothétique faute commise.

Il le fixa et planta là un très neutre :


- Nous sommes nous rencontrés par le passé ? J'avoue ne pas bien comprendre...

Pas bien comprendre tout en fait ! Avait-il mal agi ? Les visages se succédaient et s'embrouillaient, Legolas ne savait plus à quoi se raccrocher. Et avant de s'enfoncer un peu plus dans la culpabilité, il préférait y voir clair. Quelqu'un qu'on surnommait "le Moredhel", celà ne lui évoquait rien du tout. Il restait cette expression farouche qui ne tarderait pas à rappeler quelques bribes de souvenirs égarés...

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MessageSujet: Re: Sauve-moi...   Mer 5 Déc 2007 - 18:56

Alors que le Moredhel acceptait la main tendue pour se relever, le dunadan se tendit inconsciemment et recula d'un pas, rasant le sable de ses bottes. L'attitude du Moredhel s'était faite soudainement étrange, lointaine et... crispée. Des souvenirs désagréables?

Et voilà que soudain une lueur traversa les yeux encore humides de l'elfe et que son visage se transforma. Le bizarre amusement auquel succéda cet air mauvais n'était pas pour rassurer le dunadan, loin de là. Il retira la main qu'il avait proposé, le visage de marbre. Sa main replié vint se ranger à couteau du fourreau de sa dague, toute la vigilance de son bras réveillée.
Il ne connaissait réellement aucun des deux elfes et avaient été absent bien longtemps des affaires de ces terres. Aussi sa vigilance était-elle à son comble, à l'instar de sa méfiance. Les hommes qui avaient croisé son chemin durant ses années d'errance résolvaient systématiquement ce genre d'expression par une mort. Le dunadan n'était pas revenu depuis suffisamment longtemps pour s'empêcher de s'attendre à une telle réaction. Peut-être d'ailleurs ce réflexe ne s'effacerait-il jamais de son âme. Mais toujours était-il qu'il voulait être prêt à dégainer en un instant si quelque chose tournait mal.

Lorsqu'il prit la parole la voix du Moredhel compléta son visage. Le dégout était palpable, il semblait cracher sur l'ancien Prince, plus qu'il ne parlait. Cependant l'oeil attentif du rôdeur ne pouvait déceler nulle trâce de la tension du corps qui précède la violence. Seulement l'agitation, l'énervement, mais pas la violence...

Aussi lorsque finalement il se détendit peu à peu laissant même un sourire sombrement amusé s'afficher sur son visage, le dunadan laissa-t-il échapper un soupir inaudible.

Il resta en retrait, s'effaçant le plus possible de leur échange pour qu'ils l'oublient, en essayant de comprendre ce qu'il se passait. Ce qu'apparemment cherchait également à faire Legolas...
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MessageSujet: Re: Sauve-moi...   Mer 5 Déc 2007 - 21:22

En fait, probablement que toute personne normalement constituée devrait prendre le temps de savourer tranquillement sa petite victoire -d'autant plus si on a l'éternité pour se prendre le bec-, et afficher encore au moins pendant la fin de la discussion un air d'autosatisfaction.
Mais non. Vardë n'était ni normalement constitué, ni autosatisfait par des choses aussi basses qu'humilier quelqu'un d'autre. Ou peut-être, plus simplement, ne voyait-il pas assez d'intérêt dans son prochain, qui que ce soit, que pour éprouver une quelconque joie à le voir écrasé dans la boue. Qui sait?

Tout était que le jeune Elfe, finalement, éprouvait la même impression que quand il avait tué un Orque: du dégoût de l'autre, du dégoût de soi, et surtout une grande lassitude.
Il sentait clairement, le corps au aguets, la surprise de Legolas et la tension de Maegaldar.


Citation :
- Nous sommes nous rencontrés par le passé ? J'avoue ne pas bien comprendre...

Un vague 'ben tiens' mourrut sur les lèvres de l'adolescent, et il haussa les épaules d'un air désabusé. Ce qu'il restait de son sourire s'évanouit, et il laissa ses yeux partir dans le vague.

"Nous sommes deux, alors. Moi non plus, je n'ai jamais compris vraiment pourquoi, ni comment. Sauf que je n'osais pas poser la question..."

Il cligna lentement des yeux, et releva son visage vers celui du Prince, puis ouvrit les bras avec un petit sourire forcé, laissant ses manches déchirées pendre lamentablement et dévoiler ses poignets.

"Mais comme quoi... Parmi notre peuple, nous sommes l'un et l'autre d'excellente naissance, fils d'hommes reconnus comme admirables. Et voilà où nous en sommes.
Il est loin, hein, le beau temps de l'insouciance, s'il a finalement un jour existé. Souris, sois sage, tais-toi et dis bonjour à la dame. Et surtout, surtout, laisse ton père tranquille.
Vous voyez, j'ai compris. Ca a mis son temps, dû faire un bon petit bout de chemin dans ma tête de mule butée, mais j'ai compris.
On doit tous marcher sur la route avec un passé qui nous poursuit comme un fantôme, une douleur, une frustration, et en fait, on y tient parfois comme un prisonnier tient à ses chaînes qui le blessent mais signifient qu'il est toujours là. Mais personne ne supporte qu'on les lui rappelle.
C'est peut-être parce que je préférais oublier mes peines que le jour où je suis parti, j'ai laissé derrière moi mon nom et celui de mes parents. L'oubli était une erreur, car les rappels font d'autant plus mal, mais au moins, ce sont ses rappels qui me hurlent aux oreilles que je vis encore."


Doucement, Vardë fit un petit signe de la tête, comme s'il acquiesçait dans le vide.

"Vous ne me connaissez plus, c'est normal. J'ai grandis, j'ai changé, alors que vous êtes, à peu de chose près, resté pareil à mes souvenirs, même s'ils ont été lents à refaire surface.
Et je me souviens que plusieurs fois, vous m'avez demandé d'oublier ma rancoeur à votre égard. J'avais toujours refusé, ... jusqu'à aujourd'hui. Je ne vois aucun intérêt à me batailler vainement avec un frère de lot pour des bêtises d'enfant."

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MessageSujet: Re: Sauve-moi...   Sam 8 Déc 2007 - 19:50

Alors que Maegaldar se tenait à l'écart, essayant certainement de démêler cette drôle de situation, l'esprit de l'Elfe bouillonnait. Chaque mot que lançait Vardë venait déterrer une image qui allait avec... Bientôt, le puzzle fut quasiment complet et le jeune premier né qui se trouvait devant lui apparut sous un nouveau jour.

Oh oui, il était bien loin ce temps là. Celui où il était encore Prince de la Forêt Noire, où son animosité pour son père ne se faisait pas tout à fait sentir. Il n'avait pas encore parcouru le monde, subi la guerre de l'Anneau. Il prenait alors son rôle de second du royaume très à coeur, conscient qu'il se devait de marcher dans les pas de Thranduil.

Le visage de cet enfant toujours furibond contre lui, qui avait avoué franchement un jour le haïr, se dessina clairement. Et si Legolas n'avait pas été aussi tendu, il aurait presque souri. Ce garnement qui ne se tenait jamais tranquille. Voilà le souvenir qu'il en avait. Il s'était d'ailleurs dit à cette époque que jamais il n'aurait d'enfant ! Ils étaient tous les deux plus jeunes et tous les deux impatients finalement.

Certes, le Prince n'allait pas jusqu'à s'en vouloir. Il s'agissait d'une époque révolue et surtout, il n'avait jamais essayé de comprendre ce sentiment irrationnel nourri par ce marmot. Il n'avait pas vu les blessures et il avait ignoré les signes. Aujourd'hui, que faire, il n'allait pas s'excuser, celà aurait été grotesque.

Il soutint donc le regard de son cadet, sans encore prononcer une seule parole, écoutant bien ce qu'il avait à lui dire, jusqu'au bout. Son attitude était mâture, il n'essayait même pas de profiter de son avantage, ce qui rassura légèrement Legolas. Car il appréciait ce personnage... Il avait encore du mal à faire le lien direct avec le petit elfe qu'il avait connu.

"Laisse ton père tranquille"... C'était la phrase qui avait opéré le déclenchement. Et maintenant, les cheveux noirs de son interlocuteur ne pouvaient que rappeler Meneltur.

Il acquiesça à son tour, une fois que le silence se fit et dit très lentement, en réponse à la dernière affirmation :


- J'en suis heureux Vardë le Moredhel.


Il avait tenu à évoquer son prénom afin de marquer qu'il avait très bien cerné qui il était. Cependant, il n'était pas allé jusqu'à lui faire l'affront d'y adjoindre son nom... Il tenait visiblement à l'oublier.
Legolas garda un visage lisse. Il n'était pas en colère mais il n'avait plus vraiment envie de sourire. Il fallait que la contrariété passe.

Comme le disait avec justesse le jeune elfe, il ne servait à rien de ressortir de vieilles querelles enfantines. Seulement, Legolas ne pouvait pas oublier l'expression du visage de Vardë lorsqu'il l'avait reconnu. La blessure était toujours là, quelque part...
Il savait donc qu'un jour, il en paierait peut-être la conséquence.

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MessageSujet: Re: Sauve-moi...   Dim 9 Déc 2007 - 14:40

Décidément ce rebondissement était riche d'enseignement pour le dunadan qui pouvait en profiter pour élargir sa connaissance sur le Moredhel. Et même d'ailleurs sur l'elfe de Mirkwood qu'il n'avait connu que dans un cadre bien spécifique, une situation de guerre desespérée qui était propice à faire ressortir ce qu'il y a de meilleur chez les êtres de courage. Visiblement leur rencontre à tout deux s'était faite dans un cadre légèrement différent...
Son attitude tendue avait laissé la place à une attention avide. Il buvait chacune des paroles échangées avec un grand intérêt qu'il prenait toutefois soin de dissimuler.

Sa mise en retrait lui permettait également d'observer les deux visages de l'extérieur, cherchant les détails qui échappent lorsqu'on est directement confronté au regard de l'autre. Ainsi ni le dégout et la lassitude du Moredhel, ni le calme contrarié de Legolas ne lui échappèrent. Bien sûr au-delà de cela il ne comprenait pas grand chose à ce qui se passait, c'était inévitable. Seules des allusions étaient faites et c'était trop peu pour qu'il put clairement reconstituer les motifs de rancoeur de l'un et de l'autre. Mais il était patient et se satisfaisait amplement de ce qu'il apprenait ainsi. Car si la curiosité et le désir d'en savoir davantage sur eux, pour éviter les mauvaises surprises, étaient présents en lui, il considérait que leur vie leur appartenait aussi bien que leur passé.

Une fois la réponse de Legolas donnée il redressa la tête dans le silence qui était retombé et parcouru l'horizon du regard les sens dressés. Un vieux réflexe qu'il s'était gardé de perdre. Ils étaient peut-être en Gondor mais les deux elfes étant accaparés par leurs réflexions et il se sentait étrangement responsables de la sureté du lieu.

Rassuré par le calme environnant, il attendit la suite calmement, toujours muet.


[C'est court mais je n'ai pas grand chose à dire...]
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MessageSujet: Re: Sauve-moi...   Sam 15 Déc 2007 - 0:29

[Toujours ce fichu clavier qwerty, excusez l'absence d'accents et les erreurs de frappe.]

Le jeune Elfe laissa tranquillement le temps a Legolas de le cerner, laissant son regard se perdre dans le vague, derriere son aine.
Puis vint la reponse. Des que le Prince de Mirkwood ouvrit la bouche pour repondre, l'adolescent ferma a moitie les yeux pour se preparer a encaisser n'importe quoi... et fut finalement bien surpris.

Varde, il s'appelait Varde. En fait, dans cette situation, encore une fois, il ne pouvait que se rendre compte, avec une pointe d'amusement mais surtout de l'amertume, a quel point son prenom relevait parfois du ridicule. *

Fusse un sourire qui traversa le visage du paria, ou une moue ironique? Les Valars seuls le surent...

Presque gene, pourtant, Varde fit subitement mine de s'interesser profondement a un coquillage qui reposait a ses pieds pour eviter d'encourager son interlocuteur. Un vieux reflexe d'enfant, qui marchait a merveille sur son pere...

Puis, apres un long silence, l'adolescent releva un visage ou percait un timide sourire.


"Bon, et maintenant?"

Son ton candide avait presque de quoi faire rire, dans sa petite tentative de changer de sujet. Sans se soucier de cela, le Moredhel continua sur le meme petit air leger et indolent.

'On avait pas dit qu'on allait vers Minas Tirth?'

*Varde se rapporte evidemment a Varda, et signifie `noble`.

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MessageSujet: Re: Sauve-moi...   Mer 19 Déc 2007 - 20:43

[Vraiment désolée de tant tarder pour ce topic... Disons que les partiels m'ont bien occupé la tête et continuent d'ailleurs de le faire.
Toujours est-il que je ne suis pas vraiment chez moi durant les vacances de Noël, si bien que si vous créez un nouveau topic soit à Minas Tirith soit pour le chemin (bref), et bien vous pouvez m'oublier jusqu'aux alentours du premier de l'an ! Je vous rattraperai en route, de toute manière, on ne peut pas dire que Leggy soit une vrai piplette ! Mr.Red]

Sur ces quelques fausses notes, le voyage fut évoqué, ce qui permit à Legolas de se calmer tout à fait et de retrouver sa grâce toute elfique... Ou tout du moins ce qu'il en subsistait ! On ne fait pas du neuf avec du vieux me direz vous. Mais les mystères des Terres du Milieu sont impénétrables. Il était donc probable que l'Elfe se régénère à vitesse grand V et même retrouve son air sympathique d'autrefois.

Pour le moment, c'était toujours visage ultra lisse, ou plutôt expression ultra lisse car le visage en lui même n'avait guère bénéficié de la toxine botulique du coin !
Il acquiesça presque de manière sentencieuse à l'évocation de Minas Tirith et se décontracta la machoire en un :


- Très bien, allons-y alors si Maegaldar est toujours du voyage...

Ca ne sous-entendait pas que la conversation épineuse eût pu l'effayer, plutôt que les mortels étaient plus changeants que les premiers nés, voilà tout.
Cependant, il fallait avouer qu'un voyage en solitaire avec Vardë, avec tout ce que ça engageait dorénavant n'avait plus le charme d'il y a quelques heures. Non les elfes ne sont pas rancuniers, pensez-vous ! Ils sont bien au dessus de ces basses considérations...

Legolas rajusta son arc sur son épaule afin de se donner une contenance et il se dit avec jugeotte que si Vardë était plutôt lunatique, il n'avait pas l'air de vouloir remettre tout ceci sur le tapis de sitôt. Après tout, il semblait que le plus jeune fût plus sage que le Prince... Ce dernier n'avait tellement pas l'habitude qu'on lui reproche quoique ce soit. Surtout pas qu'on lui ressorte une vieille rancoeur qui datait de la naissance d'Arda !

Il décida de mettre toutes ces vaines considérations de côté et jeta un petit coup d'oeil au Dunedain, espérant soudain que lorsqu'ils s'étaient croisés par le passé, de près ou de loin, il n'ait pas eu le malheur de lui marcher sur le pied sans s'excuser ou quelque chose du genre ! Et puis, les elfes avaient le poids d'une plume donc hein...

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MessageSujet: Re: Sauve-moi...   Sam 22 Déc 2007 - 15:20

[Perso ça ne me dérange pas d'attendre jusqu'au mois de janvier si tu ne peux pas te connecter avant. Je serais pour qu'on continue dans le même rythme à trois. Wink ]

La tension s'était calmée, et elle semblait encore s'amincir. Vardë d'un côté arborait une moue plus ironique tandis que Legolas retrouvait un visage de ce qui se rapprochait du gracieux dans son état. Certes les paroles soulevées avaient laissées des trâces qu'il serait difficile d'effacer, ou d'absorber et accepter, mais au moins les deux êtres avaient eu l'intelligence et le recul pour comprendre qu'il ne serait d'aucune utilité de remettre sur le tapis leur ancienne rancune. Elle n'était plus actuelle.

Le réflexe de Vardë souleva un sourcil du dunadan, mi-amusé mi-étonné. Décidément ce jeune elfe avait des réflexes infantiles touchants. Il semblait si fragile à certains moments... Ca en était étrange face à la profondeur de ses expressions qui naissaient à d'autres instants.

La candeur avec laquelle il fit presque joyeusement sa proposition fit légèrement sourire le rôdeur, mais pas par moquerie. Ce son, cet air, formaient une sorte de lucarne lumineuse qui venait illuminer ses souvenirs noirs et sanglants. Un rayon de soleil dans la profonde nuit obscure et dangereuse de son âme, dans laquelle seule brillait une étoile : sa détermination à affronter son passé et à se tourner vers un avenir qu'il n'aurait pas du quitter. Mais si cette lueur le maintenait dans une vie plus digne elle ne l'empêchait pas de rester sombre en son coeur et son corps.


Citation :

'On avait pas dit qu'on allait vers Minas Tirth?'

Un léger tressaillement trahit sa surprise. Décidément quelle rencontre fortuite. Lui même avait décidé de se rendre à la Cité Blanche et voilà que ses deux compagnons de fortune nourrissaient la même volonté. De ce fait sa proposition d'aide allait se doubler de la satisfaction d'accomplir l'objectif qu'il s'était fixé.

Citation :
"Très bien, allons-y alors si Maegaldar est toujours du voyage..."

Cette fois-ci le sourire qui plissa le coin droit de ses lèvres avait une allure presque sardonique. Oh ce n'était pas étonnant qu'on s'interroge sur la valeur de ses propos. Après tout il n'était qu'un étranger et un mortel. Mais sa parole n'avait pas la légèreté d'une pétale de rose. Pas une seconde il n'avait songé à abandonner ce qu'il avait promis. Ils avaient beaucoup à découvrir els uns sur les autres...

Réarrangeant d'un mouvement vif et habituel son paquetage léger sur ses épaules il répondit nonchalamment.


"Je le suis. Ainsi que je vous l'ais offert, mon aide vous est acquise. D'autant plus que par un heureux hasard mes pas ont également pour destination la Cité Blanche.

Si vous désirez prendre quelques forces avant de nous mettre en route j'ai en ma possession quelques provisions appropriées. Dans le cas contraire, je suis prêt à partir.


Tout sont corps s'était soudainement animé. Ses muscles qui étaient restés calmes durant la discution s'animaient à la pensée de repartir. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas voyagé de concert avec quelqu'un d'autre et c'était avec une certaine excitation intérieure qu'il accueillait cette perspective.
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Vardë Moredhel

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MessageSujet: Re: Sauve-moi...   Mar 1 Jan 2008 - 20:10

[Je préfère prendre mon temps. On continue donc comme maintenant, vu que tout le monde est d'accord. De toute façon, je crois qu'aucun de nos perso's n'est pressé.]

Gardant sur son visage juvénile sa petite expression de légerté et de naïveté, Vardë dévisageait avec de grands yeux brillants ses deux camarades, l'air on-ne-peut-plus tranquille et innocent.
Pourtant, derrière son masque, il était encore aux aguets, et les jaugeait tout deux d'un regard mine de rien perçant. Ce n'est pas parce qu'on est encore un enfant qu'il ne faut pas être prudent, bien au contraire.

Avoir reconnu Legolas ne le rassurait d'ailleurs pas sur ce point. Le naufragé dépravé ne l'avait jamais vraiment inquiété, mais un Prince de Mirkwood, quoique pas au mieux de sa forme, représentait tout de suite un défi autrement plus dangereux.
Tout en se rappelant de façon rassurante qu'il avait tenté d'être concilliant, Vardë se dit qu'il faudrait tout de même un peu se méfier de cet ancien rival.
Maegaldar lui posait un problème autrement plus subtil: il ne savait rien de ce Rôdeur, à part quelques bribes qu'il avait volé par-ci par-là dans ses dires. certes, il n'avait pas l'air hostile, mais le paria ne doutait pas que si une rixe devait éclater, l'Humain prendrait le parti du Prince.
Lachant un soupir, si pas tranquille, au moins pas tendu, il se promit de se tenir coi dans un premier temps, quoi qu'il arrive. Il avait beau se savoir bon combattant, un adolescent, même elfique, n'était pas en mesure de tenir tête à deux adultes sur-entrainés.

Les dires des ainés en question ne firent finalement que le conforter dans ce qu'il pensait. Et lui firent en cela l'effet d'un grand froid.
Il avait l'habitude de se sentir marginalisé, en dehors, toujours seul sur cette voie qu'il avait assumée malgré lui, mais ça faisait quand même toujours mal. Pourquoi ne pouvait-il pas un jour trouver des gens qui l'accepteraient comme l'un des leurs sans le juger ou se méfier de lui?

Son visage se décomposa un peu, semblant prendre le masque d'une concentration normale avant un départ. Pourtant, au fond de lui, il sentait que la trop fragile digue de son coeur avait encore cédé, et se retenait pour ne pas s'énerver comme un enfant capricieux.
Fermé, un peu boudeur, et trop consciencieux pour être honnête, il règla la sangle de son sac, et vérifia son équipement. Puis d'un geste sec, il ramena le fourreau de son épée vers l'arrière, histoire qu'elle arrête de lui martyriser la cuisse ne fusse que dix minutes.


"Mes forces tiendront volontiers jusqu'au coucher du soleil, je suis prêt au départ. Mais s'il le faut, j'ai aussi quelques provisions de bouche sur moi, quoiqu'elles ne soient pas toutes de la premières fraicheur..."

Avec un sourire plus diplomate que sincère, il se tourna vers Legolas.

"Qu'en est-il pour vous?"

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Legolas

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MessageSujet: Re: Sauve-moi...   Sam 5 Jan 2008 - 3:25

[Merci à vous deux, notre rythme pépère me convient vraiment... Surtout que si mon activité reprend dès aujourd'hui, elle sera régulièrement interrompue, comme vous l'avez remarqué, par des week-end plus ou moins prolongés. Que voulez-vous, parfois, le temps n'est plus aux ordinateurs Wink]

Bah tiens, tournons-nous vers le handicapé de service, l'Elfe à piètre allure, aux habits en haillons et au regard torve... Heu... Oublions le regard torve.
Legolas ressentit la phrase de Vardë comme une ouverture au challenge et il sut que si la querelle s'était calmée en apparence, elle ne les quitterait jamais tout à fait maintenant qu'ils s'étaient reconnus. Oh, certes, il n'avait plus vraiment l'âge de lutter à la "je serai le plus résistant, je ne faiblirai pas face à mon meilleur ennemi" mais il n'était pas encore totalement lui-même non plus.

Alors, privilège des handicapés ou pas (voire des secoués du bocal), il releva le sourire diplomate, s'en composa un tout pareil et répondit lentement avec assurance :


- Il en sera de même pour moi, compagnons de route.

Oui, je vous rappelle quand même que c'est Legolas qui parle... Donc nous voilà avec le "compagnons de route".
Il acquiesça comme pour clôre le débat sur leurs états de fatigue respectifs et il ficha son regard bleu abyssal en direction de Minas Tirith. Sa vue perçante lui permettait d'apprécier et de couvrir pas mal de chemin. Dommage qu'elle ne lui serve à rien lorsqu'il s'agissait de démêler les fils du rideau qui masquait sa nouvelle destinée.

Enfin, concentrons-nous sur le plus proche, Elessar et le tombeau de celle qui lui fit souffrir mille tourments. Deux objectifs dans la même ville, c'était faisable.
Bien entendu, le futur était capricieux. Sa descente de bateau avait déjà mené sur sa route un môme qui l'avait haï et un ombrageux rôdeur (comme tout rôdeur qui se respecte me direz-vous) alors qu'en serait-il des quelques lieues qui le séparaient encore de Minas Tirith ?

Il tendit légèrement le bras et détourna les yeux de l'objectif pour interroger l'ombrageux en question :


- La cité blanche doit-elle répondre à une attente précise ou vos pas ont-ils fixés la destination à votre place ?

C'était à la fois pour réengager la conversation de manière cordiale et aussi pour approcher un certain dévoilement de ce personnage qui l'intriguait. Vardë également piquait sa curiosité mais il n'était pas encore prêt à lui poser une question, sachant combien ce terrain pouvait s'avérer glissant...

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Maegaldar Anertoar

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MessageSujet: Re: Sauve-moi...   Sam 5 Jan 2008 - 15:11

Mu par son désir de reprendre la route, le dunadan dardait ses yeux sur ses deux compagnons en attente de leurs réponses et réactions.
Décidément leurs deux visages étaient tout saufs francs. Oh certes cela partait probablement d'une bonne intention, pour maintenir l'illusion qu'ils enterraient leur discorde. Mais cette attitude sonnait trop faux pour le rôdeur. Malgré leurs efforts il voyait bien qu'elle restait plus vive qu'à l'état de cendres. Il allait falloir se méfier d'éventuels éclats si l'abcès se perçait à nouveau.
Ah ! Cela faisait trop longtemps qu'il avait perdu l'habitude de ces airs de diplomatie. Ces airs certes pas sournois mais si discordants, faux. Pourquoi dénigrer autant la franchise? Déjà qu'il n'avait jamais aimé ces attitudes... Alors après avoir tant vécu en solitaire. Qu'ils gardent une tension entre eux soit. Qu'ils gardent leurs sentiments pour eux soit. Qu'ils fassent semblant d'oublier leur discorde cela aussi il pouvait l'accepter. Mais ces sourires... Ah il n'aimait pas ces jeux-là !

Une bouffée d'agacement lui monta au visage. Mais aussitôt sa gorge se contracta et il bloqua ce sentiment. C'était là leur problèmes, et leurs méthodes pour y faire face. Méthodiquement il maitrisa ce sentiment et le fit reculer. Il avait décider de retrouver le monde de ses semblables, et sans aucun doute le monde mondain car s'il voulait retrouver le service du Roi il se retrouverait empétré dans une cour royale. Et qui dit Cour contredit honnêteté et franchise.

Aussi ne dit-il rien, quoique la carrure de sa machoire trahit une nouvelle fois son sentiment. Encore leur faudrait-il en deviner la raison.

A peine avait-il maitrisé son état que Legolas cessa de scruter l'horizon pour se tourner vers lui.
Ses paroles sonnèrent comme un rappel impérieux dans son coeur. Hochant la tête de façon pensive il enjoignit les deux elfes à se mettre en route d'un geste de la main, les interrogeant chacun brièvement du regard.

Une fois ses jambes mises en branle il prit une profonde respiration et lacha un long soupir. Enfin sa voix s'échappa basse et grave, quoique parfaitement audible pour ses deux compagnons.


"J'ai mis fin à cette errance sans but que vous décrivez il y a plusieurs saisons. Non, en vérité le hasard ne guide plus mes pas, il a tenu cette place bien trop longtemps pour que je le laisse me gouverner encore à sa guise.
Un léger silence seulement coupé par le frissonement du sable sous leurs pieds. Une nouvelle respiration avant que le rôdeur ne reprenne d'une voix plus claire.
"Je suppose que nous tous ici avons un but bien précis à atteindre à Minas Tirith. Qu'il soit avoué ou inavoué.
Mais en vérité quant à ce qui me concerne je pense vous avoir déjà délivré la réponse de cette interrogation.
Le Roi siège à la Cité Blanche. Je le rejoins. Et là-bas mon destin se jouera."


Inconsciemment Maegaldar avait accéléré le pas. Il s'en rendit brusquement compte et ralentit aussitôt. Son coeur le poussait toujours plus vite à mesure que sa destination se rapprochait. Et l'évocation de ce but à voix haute, en plus de la faire apparaître en pensée, avait grandi cette hâte.

Un vol de mouettes passa au-dessus de leurs têtes, coupant court à la discussion. A leurs joyeux cris succéda la voix du dunadan, interrogative.


"Et vous Nobles Nés y a-t-il parmi vos raisons de joindre la Cité Blanche des motivations qui se peuvent être révélées à des compagnons de route? Puisque vraisemblablement nous y pénétrerons ensemble."
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