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 MAEGALDAR

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Nessameldë



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MessageSujet: MAEGALDAR   Mer 14 Nov 2007 - 21:19

Allez, je m'y essaye... Je ne connais pas encore très bien ton personnage alors je tâtonne pour le moment, mais je ne doute pas qu'on trouvera des choses intéressantes à lui faire faire à ce bonhomme! Razz

Sujet: Bien loin est Maegaldar en ces jours. Pourtant, les contes du roi Elessar arrivent à atteindre ses oreilles dressées. Alors il se souvient du temps jadis où il a cotoyé de loin ou de plus près celui que l'on appellait Estel, puis Aragorn et qui est devenu maintenant Pierre Elfique aux yeux du monde.
Après des années d'errance et d'absence, voilà qu'il renaît un peu de lumière dans son coeur. Comment trouve-t-il la courage d'aller de l'avant et de retourner un peu vers les siens? Quels sont ses sentiments à cette idée? Qu'en attend-t-il?



Voilà qui devrait permettre à toute notre petite communauté de cerner un peu mieux ton Rôdeur de personnage! Wink Du moins j'espère! Razz

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Maegaldar Anertoar



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MessageSujet: Re: MAEGALDAR   Mer 14 Nov 2007 - 21:48

Merci bien à toi pour ce sujet, je vais m'y atteler tout de suite pour essayer de faire sortir quelque chose de bien Wink. J'ai besoin presque autant que vous de cerner ce personnage^^.
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Maegaldar Anertoar



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MessageSujet: Re: MAEGALDAR   Sam 17 Nov 2007 - 15:06

La colline agrémentée de nombreux arbustes touffus descendait doucement vers un hameau à l’architecture étrange. Des toits comme argileux, des murs inclinés couleur sable, des feux qui faisaient planer dans l’air de multiples nuages de fumée âcre. Il pouvait voir de là où il était des hommes circuler dans les chemins boueux qui joignaient les différentes masures. La plupart marchaient vite, ombres sombres dans la nuit tombante, pour éviter la pluie qui tombait.

Mais le vagabond lui ignorait totalement l’eau qui dégoulinait le long de sa cape. Il s’était accroupi à côté d’un ruisseau, dans un poste d’observation d’où il pouvait voir sans être vu l’activité en contrebas. L’eau du ruisseau était rouge, rouge d’un sang répandu peu de temps auparavant. Rouge d’un sang qui si peu de temps auparavant ornait l’épée du vagabond. La dernière trace de trois pauvres fous, trois hommes qui avaient tenter de l’impressionner guère de temps plus tôt afin de voler les maigres bien qu’il aurait pu posséder. Ces trois hommes étaient dépenaillés, pauvrement armés, rendus nécessiteux par on ne pouvait savoir quel malheur. Ils n’étaient même pas dangereux pour un homme rompu au combat. Mais aucun n’en avait réchappé. Ils n’avaient même pas pu fuir. L’un d’eux avait essayé mais ne s’était même pas enfoncé dans le bois avant de rencontrer la mort froide du métal.
En vérité ils avaient signé leur arrêt de mort à l’instant où ils l’avaient apostrophés, cherchant à l’intimider, leurs pauvres armes à peine aiguisées sorties d’une main mal à l’aise. Froidement, il les avait tous abattu avant de les traîner hors du chemin et de les jeter dans une crevasse fortuite qu’il avait trouvée presque par hasard.

Nul remords n’aurait pu se lire à cet instant sur son visage. Seule une expression froide d’indifférence sur ce qu’il avait fait. Cela faisait bien longtemps que la mort n’était plus pour lui un obstacle ni une raison de se torturer intérieurement.

Il se leva sans effort, rengainant sa lame, et se mit à descendre d’un pas agile et alerte la colline en direction du bourg.
Personne ne l’arrêta à l’entrée. Les portes seraient bientôt fermées mais pour le moment trop de gens rentraient de leurs occupations journalières, malgré l’heure avancée. Il ne lui fallut guère de temps pour dénicher une taverne, pas très reluisante certes, mais il n’en avait cure. C’aurait été un gaspillage que de se payer un établissement luxueux. L’argent qu’il avait gagné la fois précédente pour avoir escorté un marchand d’armes en aurait subi un dur coup. Et il préférait l’économiser ne raffolant pas de ce type d’occupation sublimement ennuyeuse.

Poussant la lourde porte d’un bois plus noir que l’Ephel Duath il s’engagea à l’intérieur dans une chaleur plus accueillante que le froid extérieur. Le tavernier qui passait à cet instant lui jeta un regard sombre, les sourcils froncés. La capuche rabattue en arrière, le visage qu’il montrait n’était guère engageant, ni très ouvert. Une barbe de plusieurs semaines lui mangeait le visage et ses traits n’étaient pas pour ainsi dire détendus. Sans s’en formaliser le vagabond lui adressa un léger signe de tête pour que l’aubergiste ne fasse pas d’ennui. Il avait l’habitude de telles réactions. L’homme passa son chemin, guère désireux de se frotter à un homme de bien sombre allure. Et puis après tout s’il payait son repas il n’avait cure de son apparence.

Traversant la salle joyeusement animée l’homme s’assit dos au mur, sur un banc où il pourrait être tranquille et qui ne gênerait pas ses mouvements s’il devait se lever brusquement. Il héla l’aubergiste en commandant brièvement un repas. Il ne maîtrisait pas la langue originale dans ses moindres tonalités mais en avait une bonne connaissance. Suffisante pour maintenir une conversation, ou du moins en comprendre le sens. Depuis qu’il errait dans ces contrées…

Son repas apporté, il commença à se restaurer, attentif aux allées et venues.

Soudain un mot agrippa ses oreilles. Tournant involontairement la tête dans sa direction il se mit à écouter attentivement. Trois hommes, visiblement des messagers, discutaient entre eux des dernières nouvelles dans un parler animé local.


« L’est toujours Roi j’vous dis. Vous savez pas tendre vos oreilles vous du nord. Il a pas disparu l’est à leur haute forteresse, en Gondor. »
« Mais que je te dis que j’avais entendu qu’il était plus Roi. »
« Foutaise ! L’était dans le nord, en Arnor qu’ils appellent ça. Cet Aragorn est aimé là bas, s’il était plus Roi j’l’aurais su tu peux m’croire. T’es resté trop longtemps loin de là bas minot les oreilles faut les tendre aux bons endroits.»

Le reste sembla s’envoler hors de la portée de l’attention de l’homme. Il était figé, la bouche entrouverte, paralysé soudain par une masse de souvenirs. Comme écrasé par le poids de ce nom qui reprenait soudain vie. Un nom, une vie même, qu’il avait enfoui sous sa tristesse irrationnelle et d’une violence inouïe. Maegaldar, l’homme à l’allure sombre, l’ancien dunadan fier et tenace disparu du monde des hommes de l’ouest depuis tant de temps, sentit soudain son existence s’étaler à ses pieds. Déjà ses yeux étaient perdus dans de lointaines forêts…




----De lointaines forêts… Mais familières, si familières. Une silhouette grande et imposante. Rassurante. La trace du gibier. Le vent qui bruisse doucement dans les feuilles. Les arbres qui chantent de concert. La douce satisfaction d’une traque menée à bout. L’envie anticipée de cette viande qui pourra calmer sa faim. La complicité tacite avec Maevar, son mentor, son ami. Le déplacement silencieux, tel un souffle d’air caressant le sol. La flèche qui jaillit, abattant la proie. La joyeuse discussion autour d’un feu de camp. L’amitié chaude et rassurante.----



----Le visage d’Halbarad se posant sur lui. Noble et fier, le jaugeant d’un regard perçant et réfléchi. La reconnaissance d’une force dans ses yeux. Le léger signe de tête. Le signe d’acceptation envers Maevar. La poigne dure et franche qui se serre sur son épaule accompagnée d’un léger sourire. La Compagnie Grise… Le début d’une longue aventure. De chevauchées longues et éreintantes qu’il accomplit droit et méprisant la fatigue, empli de fierté au milieu d’implacables dunedains à la main sûre et au cœur droit.----



----L’ancienne route de l’Ithilien. Il chevauche au milieu de ses frères d’armes, plus soudés que des frères de sang. Tous unifiés par leur Roi et fier de le servir. Le nouveau Roi des hommes, des dunedains, des héritiers de Nùmenor, le fils d’Elendil en droite lignée. Le noble et digne Aragorn qui chevauche infatigablement devant eux. L’homme qu’ils sont venus aider dans sa lourde tache. Celui aux côtés duquel ils ont bataillés des heures durant, prenant exemple de sa force. Pour se maintenir à ses côtés.
Suivent l’armée des hommes, gondoriens et rohirrims rassemblés, en longues lignes organisées. Tous déterminés à défier ce pouvoir ténébreux qui a depuis toujours empoisonné leur vie… Les cors qui sonnent, les hérauts qui annoncent le retour des seigneurs de l’Ouest. Ce frisson si délectable qui le pousse à se redresser plus encore sur son destrier, auréolé d’une immense force intérieure.----



----Une clairière, au cœur d’Imladris la belle demeure des elfes. Bien que belle soit un euphémisme pour décrire pareille beauté. Guère de mot ne peuvent décrire un tel lieu.
Des rochers gris taillés de façon simple tout en dégageant un aspect majestueux en forme de siège. Une assemblée de dunedains en habits d’apparats. Tous de la maisonnée d’Estel. Lui, Maegaldar, jeune dunadan, certes apparenté à cette lignée mais de bien loin, ce qui ajoute de la valeur à cet instant. Chaque parcelle de son âme est honoré d’être ici, de cette cérémonie.
Il ne quitte pas des yeux, agenouillé, Halbarad qui maintient son épée sous une fontaine d’eau plus claire que la cristal. Sa voix claire et chaude qui s’élève dans les airs.

« Protègeras-tu la lignée royale quelque soit l’opposition et le danger ? »

Lui s’exclamant d’une voix enrouée par l’évènement mais portée par toute la vigueur de sa jeunesse et la profondeur de ses paroles, tant elles se gravent en lui.
« Par le fond de mon âme, je le jure. »

« Répondras-tu toujours présent aux sollicitations de ton Roi, sans réserve et de toutes tes forces ? »
« Par le fond de mon âme, je le jure. »

« Seras-tu toujours présent lorsque ton Roi auras besoin de ton aide ? »
« De toutes mes forces je m’y astreindrais. »

« Défendras-tu ton Roi quelque soit le danger, quelques soient tes états d’âme, par delà la souffrance et la mort ? »
« De tout mon cœur, je le ferais. »

Alors Halbarad avait fait décrire un cercle étincelant à la lame qui fendit l’air dans un sifflement avant de l’incliner au dessus de la tête du jeune dunadan, faisant couler des gouttes de cette eau purifiante une à une sur son front.

Il avait sortit une broche finement ouvragée et l’avait accroché sur le devant de la tunique de Maegaldar. Puis, se redressant, il avait présenté le pommeau de l’épée au dunadan clamant haut et fort.


« Que tous ici attestent qu’à dater de ce jour Maegaldar fils de Megardaër fait partie intégrante de la Compagnie Grise. Que sa vie se déroule avec honneur et mérite maintes louanges, que son cœur appartienne à son Roi avant tout autre. Et que gloire pave son chemin ! »

Un cri s’éleva des dunedains assemblés, une symphonie bien douce aux oreilles de Maegaldar.

« Ainsi soit-il ! » s’écrièrent-ils

La visage d’Halbarad s’était éclairé d’un sourire et d’une chaleureuse étreinte.
« Bienvenue Frère. »----
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MessageSujet: Re: MAEGALDAR   Sam 17 Nov 2007 - 15:06


Une grande boule monta brusquement dans la gorge du vagabond. L’image de son souvenir se brisa brutalement le laissant seul face à la réalité. Elle éveilla une profonde douleur sourde venant du fond de son âme. Sa tête s’emplit d’un sentiment de honte indescriptible. Le rythme de son cœur s’était accéléré devant la prise de conscience soudaine de ce qu’il avait abandonné, de ce qu’il avait volontairement ignoré, pour partir seul dans un monde inconnu. Un serment. Il avait fait un serment. Où était donc passé l’homme droit de jadis ? Balayé dans des cendres à l’odeur de sang pensa-t-il amèrement.
Mais à présent que ces souvenirs étaient remontés à la surface il ne pouvait plus les ignorer. Il n’y arrivait pas. Se prenant la tête dans ses mains il tenta de repousser de toutes ses forces ces maudites pensées. Il ne voulait pas replonger dans cette existence là. Il en avait fini, il était différent à présent. L’ancien rôdeur était mort. Mort avec ceux qu’il aimait.

Ah vraiment ? Il n’était plus ? D’où lui venaient alors ces souvenirs emplis de fierté ? Pourquoi s’était-il senti aussi exalté pendant ce bref instant ? D’où venait ce sentiment de honte qu’il éprouvait à présent ? Etait-il vraiment l’homme sans identité, sans compassion, froid et mortel, qui arpentait maintes contrées depuis tant d’années sans que le destin de nul être ne lui fasse tourner la tête ?

Un craquement du plancher lui fit soudain relever la tête, interrompant le furieux flot de ses pensées déchainées. Un homme large d’épaule et assez corpulent lui faisait face. Il était grand, barbu et couvert de cicatrices. Ses yeux sombres s’encadraient dans un visage carré à la peau sombre. Un long cimeterre ostentatoire pendait dans son dos.
Il adressa un sourire carnassier à Maegaldar.
*Ovutaron…* Une ancienne connaissance. Un employeur…

L’homme s’assit sans douceur en face de lui, reniflant d’un grognement dédaigneux la nourriture de l’auberge. Il s’exclama de sa voix rocailleuse.

« Te voilà donc. Beau repaire. Tu tombes à pic bonhomme je vais avoir besoin d’un petit coup de main. J’te paierais bien comme d’habitude. Rien de trop difficile juste une insulte à faire payer e… » Maegaldar s'était levé brutalement, interrompant l’autre, surpris. Ses yeux brillaient violemment d’une force qu’ils n’avaient jamais connu depuis bien longtemps. Il ressentait soudain un profond dégoût face à ce qu’il était devenu. Un pauvre mercenaire sans foi ni loi. Mépris. Il ne méritait que du mépris. Ah c’était donc cela qu’il préférait à son serment de jadis ? A sa vie digne de jadis ? C’était donc ce genre d’homme qu’il préférait aider en échange de quelques pièces en lieu et place de son Roi ?

Il se pencha au-dessus de la table presque agressif, défoulant sa rancœur contre lui-même en la balançant sur son interlocuteur.

« Passe ton chemin Ovutaron, je ne suis pas ton homme. Cherche toi d’autres chacals. »

L’autre fronça profondément ses sourcils, se levant pesamment, sec.
« Je ne me souviens pas t’avoir dit que tu avais le choix. Tu as une dette envers moi et je te garantis que tu vas me la payer. »Son expression furieuse en aurait terrifié plus d’un. Mais dans l’état dans lequel il était, Maegaldar ne ressentait même pas l’ombre d’une crainte.
« Ta dette je l’ai payé de mon sang il y a longtemps. Une vie contre une vie. Fiche le camp de cette auberge. Je ne te suivrais pas. »
Se redressant de tout sa hauteur et carrant ses épaules, Ovutaron fit mine de porter la main à son cimeterre la mine haineuse.
« Depuis quand tu me donnes des ordres engeance de rat ! »

Mais avant qu’il ait pu dégager sa trop longue lame Maegaldar bondit en un éclairt par-dessus la table se jetant sur le coup de taureau de son adversaire en s’aidant du mur. Ce-dernier était puissant et lourd mais Maegaldar était lui aussi bien découplé et avait l’élan d’un saut vif avec lui. Ovutaron s’écroula en arrière de tout son long laissant échapper un gargouillement bruyant. Maegaldar se redressa, vivement, se remettant en garde, sa dague enduit d’un sang rougeâtre en main. Le cou de son ennemi était profondément ouvert, le sang coulant à flot.

Dans la taverne ce fut un soudain affolement tandis que tous les hommes et femmes s’écartaient en hurlant d’horreur. Rabattant sa cape d’un geste vif Maegaldar se fraya un chemin au pas de course à travers l’auberge renversant les hommes effrayés par la scène soudaine qui avait éclaté. Une rixe passe encore mais ceci avait de quoi les terrifier. Les combats à arme blanche aussi soudain qui se terminaient par une mort n’étaient pas monnaie courante.
En un cours instant il fut dehors et prit la direction de la sortie du village à grands pas. L’agitation n’allait pas tarder à attirer les gardes, que d’ailleurs plusieurs hommes apeurés appelaient. Il fallait qu’il sorte vite. Heureusement la nuit était tombée entièrement et sa silhouette sombre se confondait facilement dans les ruelles sans lumière. Il parvint à franchir les portes, grimpant par-dessus le mur de bois sans être vu, et prit refuge dans les collines boisées environnantes.
Le meurtre d’un homme tel qu’Uvotar n’allait pas enflammer la communauté de ce bourg. C’était davantage de la part des mercenaires et autres bandits en relations avec l’homme basané que le danger pourrait venir. Et ce danger là pouvait être bien plus important que le précédent.

Bah si danger il devait y avoir il l’affronterait à mesure que les évènements se présenteraient. Il était à son aise dans la nature et ne els craignaient pas. Aujourd’hui il était temps de prendre une route différente… Celle du sud. Du sud ouest. C’en était fini, il ne tournerait plus le dos à ce qu’il était. Il l’avait trop longtemps ignoré… La route serait longue mais il avait vu pire.

Il ne pouvait plus vivre de cette façon… Il ne le pouvait plus… Pas depuis que la passé lui était revenu en tête.



[Voilà bravo à ceux qui ont eu le courage de tout lire^^.
Pour Ness : Je n’ai pas répondu à toutes les questions posées dans le sujet pour rester dans une logique d’évolution. Pour l’instant on sait pourquoi il a soudain décidé de revenir vers le monde des hommes de l’ouest mais il est trop tôt pour répondre au reste. Ceci dit si tu veux je peux écrire une suite pour répondre aux autres questions. Wink ]
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MessageSujet: Re: MAEGALDAR   Dim 25 Nov 2007 - 0:36

Bouh j'ai vraiment vraiment honte! Ca fait presque 2 semaines je crois mais voilà la suite! Razz

Alors, tout d'abord ce que j'en ais pensé: "aaaah ça c'est du RP comme je les aime!" Razz On va me dire "Ness elle aime la longueur" (EXPLDR! Je me rend juste compte que ça peut être pris de maintes et maintes façons cette phrase, prenez dans le sens RP bande de sagouins! Mr. Green) bah je dis que tant que c'est intéressant on s'en fout, mais force est de constater que les RP les plus complets sont ceux qui font deux pages... CQFD! Razz

Excellent donc! Je suis conquise! Wink Le style est très agréable, il y a du rebondissements, des PNJs qui apportent quelque chose, bref du construit! Si tous les posts pouvaient toujours être comme ça, d'une je veux bien prendre ma retraite, et de deux, c'est Noël tous les jours! :smile

J'ai encore plein d'idées à développer sous le casque, mais à la relecture de ta quête, j'ai eu juste envir d'en savoir plus!

Sujet: Alors que Maegaldar reprend la route, de nouveaux souvenirs de son passé affluent. Il veut changer. Mais le pourra-t-il seulement? Il traîne dans sa besace de nombreux fantômes de ce passé dont il est si honteux. Cet homme justement qu'il vint d'occir... Quel passé trouble les liait de façon si peu avouable?

Bah oui tu ne nous en dis pas plus sur lui! Moi je veux savoir! Razz

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MessageSujet: Re: MAEGALDAR   Sam 1 Déc 2007 - 15:24

[Alors là je vais rougir... Merci beaucoup pour tous ces compliments ça fait plaisir de voir que ce que j'écris est apprécié Wink .

Alors tout de suite(1semaine pile poil après Razz ) la suite ! Avec un petit pavé bien entendu sur 2 pages à cause de forumactif. Non non ce n'est pas pour le plaisir d'appuyer deux fois sur répondre.]

Le soleil couchant étendait les ombres sur le sol tandis que Maegaldar progressait courbé jusqu’au sol dans les broussailles d’une forêt clairsemée. Il s’arrêtait de temps à autre, l’oreille penchée contre un rocher, avant de repartir. Son pas était léger et il choisissait soigneusement son chemin pour laisser le moins de trace possible. Il se savait suivi. Par qui il l’ignorait bien qu’il soit persuadé qu’il s’agisse d’hommes qu’avait du récemment engager Ovutaron, avant qu’il ne vienne le voir lui-même à l’auberge.

Il contourna soigneusement une colline escarpée, hérissée de multiples rochers. Un regard vers le ciel lui permit de jauger que le temps de devenir de proie à chasseur avait sonné. Le crépuscule rendait la forêt de plus en plus sombre. Il accéléra encore le pas, s’éloignant de la colline à travers la direction où la forêt s’annonçait la plus dense. Au bout d’une dizaine de minutes il fit brusquement demi-tour, et revint sur ses pas à vive allure sans laisser de trace. Arrivé à proximité de la colline et après avoir simulé de nombreuses fausses pistes il sortit de la trace qu’il avait précédemment tracé pour s’éloigner, se servant des rochers et arbres pour que nul ne puisse distinguer son changement de direction dans l’obscurité tombante. Une fois qu’il se fut suffisamment éloigné il contourna la colline et gravit la pente du côté opposé, prenant garde à ce que sa silhouette ne se découpe pas dans le ciel. Il attendit ainsi que la nuit soit totalement tombée avant de redescendre prudemment vers le côté opposé, en continuant de contourner le sommet. Il comptait arriver sur les arrières de ses poursuivants qui allaient être forcés de s’arrêter devant cette faible luminosité pour ne pas perdre sa trace.

Et sa ruse réussit. Se déplaçant sans bruit il distingua bientôt des bruits chuchotés en amont de sa piste. Un demi sourire des plus sombres se dessina sur son visage. Il se dirigea vers le camp qu’il devinait, tirant sa dague au cas où il rencontrerait une mauvaise surprise.

Il trouva rapidement un poste d’observation idéal, en hauteur, dissimulé derrière un buisson épais qui lui permettait de voir facilement sans être vu. Il observa attentivement le campement de ses ennemis, perçant l’obscurité du mieux possible. Ils étaient cinq. C’était beaucoup… Au vu de l’organisation plusieurs connaissaient la vie de soldat, mais il en distingua deux qui étaient apparemment étrangers à cette discipline. Des hommes sans foi ni loi, des brigands, des mercenaires. Ils savaient tuer et ne connaissaient pas la pitié, mais la rigueur d’un campement dans une région dangereuse leur était aussi étrangère que la neige dans ces régions.
Ils n’avaient pas allumé de feu. Aussi Maegaldar dut-il se rapprocher pour percevoir plus précisément les mouvements. L’obscurité était profonde et il réussit à s’approcher discrètement, sans être repéré par le guetteur qui veillait sur le campement. Un jeu d’enfant pour lui. L’homme de garde n’était visiblement pas à son aise dans ce milieu, tout son contraire.

Quelques minutes supplémentaires d’observatoire lui suffirent à lui donner une certitude. Ces hommes étaient biendes hommes de mains. Facile de deviner leur raison d’être là, il en connaissait plusieurs. Il avait tué leur employeur sans que celui-ci ne les ait payé et ces hommes voulaient cet argent. Les buveurs de l’auberge les moins effrayés s’étaient sans doute appropriés de la bourse de l’homme en prétendant que son meurtrier l’avait emportée. Prévisible, c’était très prévisible.

Et bien les mercenaires allaient être déçus. Une expression de calcul glaciale s’était installée sur son visage. Ils allaient les tuer. Tous. Un par un aucun ne survivrait. Ce serait trop dangereux.

… Ou ne serait-ce pas plutôt la voie la plus facile ? Celle qu’il suivait depuis longtemps déjà, trop longtemps. De massacre en massacre il ne s’en sortirait jamais. Son regard se brouilla. Mais immédiatement il prit une profonde respiration rageuse et chassa ses pensées en serrant le poing. Ils avaient voulu le chasser comme une bête sauvage et ils allaient le payer.
Il avait combattu avec eux ? Et alors ? Ils n’avaient alors été unis que par l’espérance d’une bourse remplie d’or à l’arrivée. Il n’avait aucun respect pour ces hommes.

---
Un village en feu. Des hommes en sang au pied de chaque porte. Quelques entrechoquements du fer contre le fer. Du sang partout. Sa lame en est teintée. Il a fait parti des attaquants et a bien rempli son rôle. Ils sont plusieurs à être tombés face à lui, surpris.
Autour de lui ses « compagnons ». Un beau ramassis de bandits de tous genres, assoifés de sang.
Un peu plus loin, à quelques rues de là, un seigneur de guerre et ses soldats. Il a payé pour leur aide et a promis un complément pour la fin de la bataille. Le seul motif qui peut pousser ces mécréants à se battre : l'argent. triste loi de ces terres.

Soudain le groupe de mercenaires se met à charger à travers la ville avec des cris inhumains. Ils ont aperçu une des dernières poches de résistance du village. Dans le coin d’une rue une dizaine d’hommes armés et cuirassés tiennent tête avec ahcarnement à quelques soldats du seigneur de guerre, défendant plusieurs familles qui se sont réfugiés dans une maison basse, derrière eux. Maegaldar s’arrête brusquement, hésitant. Tuer des hommes armés oui, mais de là à aller massacrer des familles innocentes… Ce serait trop immonde. L'argent n'en vaut pas la peine.
Mais les mercenaires qui courent en hurlant derrière lui le poussent en avant et il se retrouve soudain dans la mêlée. Alors ce n’est plus que symphonie de fer et de sang. Les défenseurs sont abattus un par un.
Plusieurs hommes se dirigent alors avec un rictus effroyable vers la maison où se trouvent les réfugiés. Maegaldar détourne la tête, et s’éloigne à grand pas… Ne pouvant que trop bien imaginer la scène qui va s'ensuivre. Les enfants tués, les femmes v...
---

Il sortit soudain de sa rêverie en voyant l’un des hommes se lever et s’éloigner du campement tranquillement, son arme au côté mais visiblement peu attentif. Le dunadan se redressa lentement. Il tremblait comme une feuille. Sa respiration s’était emballée et un haut le cœur le menaçait. Plaquant une main contre sa poitrine il se força à suivre sans bruit l’insouciant. Revenant à une activité qu’il connaissait mieux que personne, il redevint ombre dans l’obscurité. Plus calme il rengaina sa dague pour se saisir de son arc et d’une flèche. Un homme seul et isolé, c’était de l’inconscience et une occasion qu’on ne ratait pas. Ils devaient être tellement persuadés de l’effet de leur nombre qu’ils n’envisageaient pas sérieusement que leur proie puisse se retourner contre eux. Tant pis pour eux.

Il se plaça idéalement pour avoir une vue dégagée sur le malheureux. Ils étaient suffisamment loin du camp, s’il visait bien nul n’entendrait rien. Il s’approcha encore… Et encore… Ils n’étaient plus qu’à une dizaine de mètres. Sans bruit il tendit la corde, se réjouissant du bruit du vent dans les feuilles. L’homme leva la tête, pressentant un danger. Trop tard. La flèche siffla et se planta dans son cou. Un râle… Et c’était fini.

Maegaldar s’avança impassible pour cacher le cadavre mais s’immobilisa soudain en voyant son visage. Des cheveux blonds rayonnants, des traits auxquels avaient succombé nombre de femmes. Un corps musclés et bien découpé. Il le connaissait… Magrel. Un des hommes de la bande régulière de ce damné Ovutaron. Un homme à la fois acide et amical, mais toujours arrogant. Il avait apprécié sa valeur fut un temps…


----
Ils étaient sur le bord de la route, cachés dans le fossé. Le blond était tranquillement assis à côté de lui. Il n’était pas bavard et ça tombait bien, ils étaient deux dans ce cas. Son attitude était désinvolte, mais Maegaldar le savait redoutable au combat. Ils n’en étaient pas à leur première coopération.
Il sentit un frisson monter dans le sol. « Ils arrivent ». [i]Le blond acquiesça et émit un son d’oiseau, le signal.
« Rate pas ta flèche vieux, et je me ferais le premier qui sautera par ici. » Maegaldar eut un sourire carnassier.

Bientôt comme prévu un convoi de cavaliers approcha. Ils escortaient la litière d’un fils de chef de clan belliqueux de la région. Des hommes qui ne valaient guère mieux que des bandits. Comme eux. Quoique peut-être mieux qu’eux. Au moins ils avaient une allégance.

Le combat fut bref. Le sang, les morts, le massacre. Tous les hommes de l’embuscade connaissaient cette symphonie et elle leur était familière.

Maegaldar ne fut pas en dessous des autres. Froidement il abattit tous les adversaires qui se présentaient dans son champ de vision. Il faisait partie de la couverture à l’arc. Cela représentait moins de danger pour lui. Il n’était pas fou.

Une fois le dernier ennemi à terre ou en fuite, Ovutaron le chef de la bande se dirigea vers la litière où se trouvait peu de temps auparavant le prince… et son or. Son or… Alors qu’il se penchait au-dessus Maegaldar déclara d’une voix nonchalante mais puissante.


« Ovutaron, parts égales entre les cinq chefs si je me souviens bien. » Sa main caressait innocemment le bois de son arc. Il se tenait en retrait, Ovutaron bien en vue. Ce dernier avait parfaitement compris le message et grogna son assentiment. L’archer n’était pas un homme du genre à se laisser duper.

Le butin fut partagé en part équivalentes sous l’œil des hommes rassemblés. Puis Maegaldar se saisit de la sienne et fit signe aux quatre hommes qu’il avait emmené de s’éloigner. Ils partirent de leur côté sans un mot. Le blond partit d’un autre côté avec les siens. Quatre hommes…
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MessageSujet: Re: MAEGALDAR   Sam 1 Déc 2007 - 15:25

Maegaldar secoua violemment la tête. Bon sang il ne voulait pas sombrer dans ces considérations. Cette vie là était terminée ! Ses yeux se posèrent vers le cadavre. Terminée ?… Ce n’était pas ce qu’il semblait… Devait-il se mentir à soi même encore une fois ? Oui mais là il n’avait pas le choix, c’était lui ou eux. Et les quatre soudards de Magrel étaient toujours là, non loin. Il s’occuperait de sa moralité quand ils seraient morts. Pour le moment il allait survivre, et pour survivre dans ce monde il fallait être le plus impitoyable et le plus efficace.
En bref le meilleur assassin de toutes ces traînées humaines. Le dégoût revint.

Avec un rictus il se détourna violemment du corps et s’enfonça entre les arbres pour chasser ces maudites pensées. Plus tard. Plus tard. Il avait quatre proies pour le moment. Quatre proies à abattre avant le levé du jour.


Et l’aube apporta avec elle les cadavres ensanglantés de quatre hommes, éparpillés dans la forêt. Deux avaient étaient abattus de loin par une flèche meurtrière. Les deux autres étaient tombés après un duel à l’épée à deux endroits différents. De son côté Maegaldar était agenouillé au bord d’un ruisseau timide, une profonde plaie sur le torse. Il nettoyait tant bien que mal la plaie à vif en grognant de douleur. Cette plaie ne disparaîtrait jamais, c’était une évidence. Le coup d’épée n’avait pas été loin de lui faire perdre la vie.

L’eau rouge du ruisseau tourbillonant lui fit revenir une conversation en tête.

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« On survit, l’archer, on survit avant de vivre. »[i]C’était Ovutaron, ils marchaient le long d’un chemin étroit dans un pays vallonné et sec, avec pour toute végétation des buissons bas. Le son de sa voix puissante résonnait dans les alentours.

[color=blue] « Et pour qu’on survive il faut que d’autres meurent. Des hommes qui ne nous dérangent ni de près ni de loin mais que certains veulent voir morts. »
« Bah c’est notre destin. Certains doivent vivre d’autres mourir, c’est l’ordre des choses. Tu gagnes ton argent en tuant parce que c’est ce que tu sais faire le mieux. D’autres le gagnent en vendant à boire. Si tu veux mon avis, ces gars là doivent bien s’ennuyer. » Maegaldar avait acquiescé d’un grognement. De toute façon la vie ne lui était pas assez chère pour qu’il s’inquiète de mourir. Mais pour autant les cadavres qui jonchaient son passé… Avaient-ils servi à quelque chose de les tuer ?
« Sans nous sais-tu combien d’hommes, de femmes, d’enfants vivraient ? T’ais-tu déjà posé la question ? Et tous ces gens là n’étaient pas davantage fait pour mourir que nous autres qui avons survécu. »
Le géant secoua la tête.
« Si ça n’avait pas été nous ça en aurait été d’autres. Un bon conseil arrête de te poser des questions. Tu as des fantômes l’Archer. Je le sais. Et tu le sais. Alors laisse les s’exprimer sans te dresser contre eux. Tu ne sais pas toutes les choses méprisables qu’ont pu faire les êtres que tu dois tuer. Celui qui lutte contre sa nature ne vit pas la vie qu’il doit vivre. Nous autres nous vivons la notre. Cherches pas plus loin.
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« Tu gagnes ton argent en tuant parce que c’est ce que tu sais faire le mieux. »
« Celui qui lutte contre sa nature ne vit pas la vie qu’il doit vivre. Nous autres nous vivons la notre. »
« Tu as des fantômes l’Archer. Je le sais. Et tu le sais. Alors laisse les s’exprimer sans te dresser contre eux. »
Ces mots résonnaient dans son esprit, lui donnant la rage nécessaire pour nettoyer sa plaie malgré la douleur déchirante. Il serra presque rageusement un morceau d’étoffe propre contre la blessure. Oh il savait bien que la seule chose qu’il savait faire était tuer. Traquer, tuer. Et encore traquer tuer. Toute sa vie. Bien sûr jadis il avait eu l’excuse de la noble tâche. Il luttait contre l’Ombre. Mais aujourd’hui contre quoi luttait-il ? Contre des malheureux brutaux et trop bornés pour se rendre compte qu’il y avait mieux à faire de leur vie ? Comme moi-même, songea-t-il. Comme lui-même…
Et ses fantômes… Oh combien cruelle pour lui avaient été cette déclaration d’Ovutaron. Si ses fantômes le voyaient aujourd’hui combien élevé serait leur ressentiment ? Ils dénigreraient sans doute la loque humaine qu’il était devenu. Il s’était détourné d’une existence digne et louable pour celle-ci.
Et puis vint l’image de la Tour Blanche du Gondor… Comme à une étoile dans une nuit nuageuse il se raccrocha à cette image de toutes ses forces. Si son talent était ainsi, il pouvait le mettre au service du Gondor et de son Roi. Du royaume qu’Aragorn aurait sans doute réunifié à ce jour. Il pouvait essayer de retrouver cette existence digne si jamais on l’acceptait à son retour… Ce serait autre chose que de servir un homme toujours en quête d’un salaire alléchant.
Ovutaron… Pourquoi n’éprouvait-il aucun remord après l’avoir tué, mise à part la honte de sa vie précédente ? Il avait pourtant écumé nombre de terres en compagnie de ce brutal mercenaire. Ils avaient combattu six, non sept fois ensemble. Certes il y avait eu aussi de la tension à revendre, entre deux hommes rudes et méfiants. Mais comment aurait-il pu en être autrement ? Il avait pourtant été l’un de ses employeurs les plus actifs et les plus gratifiants en espèces sonnantes et trébuchantes.
Oui mais il représentait justement ce monde dans lequel Maegaldar avait vécu pendant près de 13ans. Un monde qu’il n’avait jamais aimé au fond de son cœur. Qu’il avait même toujours haï, autant qu’il haïssait secrètement le destin qui l’avait définitivement séparé de tous les êtres chers à son cœur. Jamais la colère de faire parti de ce monde n’avait quitté son cœur. Mais il l’avait exprimé un tuant encore et toujours, y mettant systématiquement une froide fureur. Et ce faisant il faisait honte à la mémoire de son mentor, de sa mère, et de son père. De son Roi De son peuple même… De tous ceux qui lui avaient fait confiance.
Ss mains tombèrent, sans force, dans l’eau, brouillant son reflet. Fort heureusement d’ailleurs, car il aurait alors vu un visage ravagé, mortifié, épuisé, et négligé. Bien loin de ce qu’il était jadis… Qu’était-il devenu ?... Quelle décadence… Si bas… Si bas était-il tombé. Son retour allait-il seulement être accepté ? Il ne pouvait nourrir à ce sujet aucune certitude.
Et cela formait autant de questions qui le torturaient… Le laissant sans force, blessant sa détermination. Il n’osait même plus prendre la direction du Sud. Totalement désorienté ses épaules se mirent à tressauter violemment sous l’impulsion de profonds sanglots. Aucune larme ne coulait sur ses joues, la douleur était bien plus profonde enfouie dans son cœur. Et même sa blessure qui hurlait de souffrance ne pouvait stopper ces sanglots. Une hémorragie trop longtemps contenu et masquée qui s’exprimait avec toute sa puissance sur son corps déjà sans force.

Il s’effondra le long du ruisseau.


Lorsque le jour du lendemain finit par venir, ce fut d’un pas cahoteux qu’il repartit. En direction du Gondor.
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MessageSujet: Re: MAEGALDAR   Lun 10 Déc 2007 - 19:55

[Aaaaarg!!!!! Je venais de poster un sujet bien long mais bug et je dois tout refaire!!! Red Rum Red Rum! :crash ]

Donc je disais... Mr. Green
Décidemment j'aime beaucoup ta façon de procéder! Ton style est très fluide, tu sais ménager le suspens vis-à-vis de ton lectorat, ton personnage a des strates ce qui donne réellement envie d'en savoir plus... J'ajoute qu'on ne verse pas dans le pathos, ce qui est aussi nettement appréciable! Razz

Bref, moi beaucoup aimer! :smile

Voilà de quoi se mettre sous la dent pour la suite à présent! Razz

Maegaldar reprend donc une nouvelle fois sa route en laissant derrière lui d'autres macchabés... Poussé par la faim, la fatigue et surtout la douleur de cette blessure qui ne semble pas décidée à guérir facilement, il fait escale dans un petit hameau légéremment à l'écart de la route.
Au milieu du village, sur ce qui doit faire office de place, une cage avec un homme enfermé à l'intérieur.
Après avoir pris renseignement auprès des habitants et peut-être du personnage lui-même, Maegaldar apprend que cet homme a été condamné par l'assemblée du village pour avoir tué son fils, dans un excès de folie disent certains. Mais toujours est-il qu'il sera soumis à la peine capitale le lendemain à midi.
Qu'inspire cette histoire à Maegaldar? Qu'éprouve-t-il à l'égard de ce condamné? Du dégoût, de la pitié, de la compassion pourquoi pas... Laissera-t-il s'exécuter la justice des hommes, une vie pour une vie? Si on suit cette règle-ci, pourquoi lui aussi ne serait-il pas condamné un jour à payer le prix du sang?
(Tu as remarqué que je laisse à ta libre appréciation les motifs pour lesquels cet homme aurait tué son fils, à toi de décider s'il a oui ou non (et ça peut-être très bien être non) de circonstances atténuantes...)


A toi! Razz

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MessageSujet: Re: MAEGALDAR   Dim 6 Jan 2008 - 19:33

[J'avais dit que j'essaierais de faire ça pour la deuxième semaine des vacances et en fait contre toute espérance j'ai tenu mon délai ! Et oui le dernier jour mais c'est toujours ça ! ]

Un pas, le tiraillement. Un autre pas, la douleur. Et puis un nouveau, ponctué encore d’un éclair de souffrance.
A chacune de ses enjambées l’homme courbé souffrait. A chacun de ses mouvements il sentait les plaies de sa blessure hurler, et était plongé dans un océan de douleur infinie. C’était à un tel point que son corps entier en tremblait.

Il n’avait pas pu garder un rythme bien soutenu depuis son dernier combat. Chaque jour inlassablement, il s’était relevé et était reparti, se nourrissant de viande séchée qu’il avait eu la prévoyance de se procurer à son départ et d’économiser, et de baies et racines lorsqu’il en trouvait. Il refusait de s’arrêter à un endroit pour récupérer. La souffrance et la faiblesse extrêmes dans lesquelles le laissaient toutes ces journées de marche harassantes l’empêchaient de penser. Et il ne devait pas penser. Pas encore. Il ne voulait surtout pas s’enfoncer dans les terribles et tortueux méandres de son âme.

Lorsque ce nouveau soir tomba sur ses yeux entrouverts il gagna laborieusement un coin invisible de la route. Là il s’étendit, prenant le temps de se nourrir méthodiquement. Ce fut l’occasion de remarquer qu’il lui fallait se réapprovisionner en nourriture. Il n’irait plus bien loin comme ça. Sans plus de cérémonie il s’enfonça dans le sommeil tourmenté que provoque l’épuisement lorsque l’esprit est torturé.

Au matin ce fut le chant des oiseaux qui le réveilla. Point de soleil aujourd’hui, de lourds nuages plombaient le ciel. Il fut vite prêt à se relever avec un grognement et à regagner la piste.
Il reprit son avancée chaotique guettant du mieux possible les signes d’un éventuel village non loin. Il se sentait un peu mieux que la veille. Légèrement. L’état de sa blessure s’améliorait, mais trop lentement. A moins qu’à force de vivre avec la douleur il perdait toute notion d’échelle de souffrance. Comme un rappel de ce qu’il avait fait…

Avant que le soleil fut au zénith il trouva une sente qui s’écartait de la piste principale. Une sente certes étroite mais qui portait des traces de passage. L’empruntant il se retrouva rapidement en vue d’un hameau assez important. Il avait de la chance… Beaucoup de chance. Il se redressa du mieux possible en serrant les dents et s’aventura à l’intérieur.

Les regards se soulevèrent à sa vue mais nul ne pipa mot. Des hommes et des femmes vaquaient à leurs occupations quotidiennes mais au-delà de cela régnait une activité étrange. Le hameau semblait en effervescence. Les visages étaient tantôt indignés, tantôt tendus, tantôt sombres. Le rôdeur s’en étonnait. Il planait une odeur de malaise dans ce village. Etrange… Ce pourrait même en devenir dangereux pour lui.

Tentant de passer le plus inaperçu qu’il lui était possible il réussit à trouver un commerce. Ce hameau était bâti comme beaucoup d’autres dans cette région et les commerces se trouvaient systématiquement dans le centre. Nouveau coup de chance il tomba dessus sans avoir à chercher, se contentant de suivre le chemin de boue par lequel il avait pénétré dans le village.

Prenant une profonde respiration pour contenir sa douleur, il apostropha le marchand. Grâce à sa connaissance du patois local il lui fut aisé de se procurer ce qu’il désirait : un large lot de provisions de voyage. Cependant sa mine et la grimace qui lui échappa lorsqu’il entreprit de ranger ses achats le trahirent. Le commerçant avait remarqué que son interlocuteur souffrait. Homme honnête et bienveillant il lui glissa quelques mots sans avoir l’air d’y attaché de l’importance.


« Notre petit hameau est prospère, vous pouvez revenir dès que vous voudrez vous regarnir en provision. Nous avons même un homme versé dans la connaissance des herbes et de la vie du corps. Il s’est installé dans la deuxième travée à gauche en allant vers la place. »

Maegaldar redressa la tête et inclina brièvement en remerciement. Un élan de reconnaissance passa dans ses yeux que le commerçant accueillit avec un léger sourire complice.

Le rôdeur reprit son chemin avec sa démarche hésitante qu’il essayait de dissimuler sans grande réussite. Déjà qu’il était étranger et qu’en tant que tel il ne passait pas inaperçu… Malgré tout il semblait y avoir de bonnes âmes dans ce petit village, aussi pouvait-il nourrir l’espoir que cette marque de faiblesse ne serait pas exploitée.
Il avait pris directement le chemin que lui avait indiqué le marchand. Une première travée s’ouvrit à sa gauche… Pas encore… Il fallait continuer. Sa mâchoire crispée lui devenait douloureuse tant il serrait les dents pour lutter contre ses blessures.
Cependant à mesure qu’il avançait une étrange agitation détourna une partie de ses préoccupations. Une foule, enfin ce qui s’y apparentait pour un village de cette importance, était regroupée sur les bords de la place centrale qu’il apercevait. Et cette foule non contente d’être anormalement rassemblée vociférait, s’indignait, criait, éructait. Intrigué le rôdeur continua son chemin, longeant le côté gauche du chemin.
Bientôt s’ouvrit le chemin recherché. Mais plutôt que de s’y engager il poussa encore un peu plus en avant, négligeant les étourdissements qui le menaçaient.

Les rumeurs se précisèrent rapidement. Reprenant le souffle qu’il avait court en s’appuyant contre une poutre verticale il tendit l’oreille.

Des bribes lui parvinrent…


« Q’on le pende je te dis ! »
« Pas la pendaison pour ce maudit le feu ! Que le feu le brûle ! »
« Il mérite que le Furieux le prenne dans sa colère et le meurtrisse à jamais ! »
« Monstre monstre… comment un homme peut faire ça ? »
« Père ? Père ?! C’était son fils ? »
« Mort… Le malheureux comment a-t-il pu faire ? »

Tel un essaim de frelon entêtant ces bribes assaillirent les oreilles et l’esprit embrumé de Maegaldar. Les dards le piquaient sans relâche, glaçant son esprit et paralysant ses membres livides à mesure qu’il comprenait ce qui se passait.
Et soudain, alors qu’il secouait la tête pour se libérer de cet insupportable assaut il aperçut l’Homme. Le Condamné. La cible de tout ce remue ménage. Pendu par les poignets à une haute poutre, il ne touchait le sol que de la pointe de ses pieds. Même à cette distance Maegaldar distinguait les nombreuses blessures qui tachetaient son visage tout de sang encroûté. Sa tête pendait, épuisée, sur sa poitrine. Sans force… Abattu.
Voilà donc cet homme… Ce meurtrier… L’homme qui avait assassiné son propre fils dans une crise de folie et qui allait être brûlé le lendemain lorsque le soleil aurait atteint son zénith. Du moins était-ce ce que le dunadan avait compris…

Trébuchant à chaque pas il commença à reculer, s’arrachant au pénible spectacle. Il s’interdit de laisser la moindre pensée se développer, se concentrant sur son trajet. Ne pas penser… Surtout ne pas penser. Marcher. Un pas. Le suivant. Tourner à se droite. Repérer la demeure du soignant. Ecarter le rideau. Franchir le… pas de la… porte… Telle une masse il s’effondra sur ses genoux, terrassé. Sa blessure était rouverte. Son corps saignait, son âme sombrait dans une folie, sombre combinaison d’épuisement et de torture cérébrale. Le haut et le bas tendaient à se brouiller dans son esprit.
Il fut tout juste capable d’apercevoir un homme imberbe mais d’un certain âge qui s’était levé à son entrée. Le regard fou du rôdeur s’attarda sur lui, avant qu’il ne tombe vers l’avant, se retenant avec peine sur ses mains. Le guérisseur s’était levé. Il le tira plus qu’il ne le conduisit à une couchette dans une pièce isolée.

Les yeux du rôdeur se fermèrent sur l’inconscience.






La pièce était modeste et nue. De petite taille elle avait pour tout ameublement la couchette de paille sur laquelle il était étendu, une bassine et un pichet remplis d’eau et une tasse fumante. Ses affaires étaient empilées dans un coin. Il portait seulement son pantalon de voyage.
Son corps semblait étrangement calme. Oh certes il sentait encore son tiraillement à la poitrine mais il était si faible par rapport à ces derniers jours… Un soudain rire lui monta à la gorge en même temps qu’une larme de soulagement coulait de son œil droit. L’océan de souffrance avait laissé entrevoir une brèche… Enfin… Il s’apercevait maintenant qu’il était allé au-delà de ses réserves. Un peu plus et il n’aurait jamais retrouvé le Sud.
Et à nouveau, cinglante, la question lui revint à l’esprit : méritait-il de retrouver sa place ? Un meurtrier, c’était tout ce qu’il était lui aussi. Qu’avait-il de plus noble que cet homme enchaîné ? Rien… Si ce n’est peut-être un peu plus de chance. Il aurait parfaitement pu se retrouver à sa place. Destiné au bûcher. Il ressentait tant de culpabilité qu’il éprouva de la pitié pour le père qui devait être doublement meurtri. Il était peut-être déjà mort… Qui savait combien il avait dormi ?

A cet instant le guérisseur ouvrit le rideau épais qui fermait la pièce et pénétra à l’intérieur. S’accroupissant à côté de son patient il demanda d’une voix fatiguée :

«Comment vous sentez-vous ?»
« Mieux. Bien mieux. Vous avez toute ma reconnaissance. »
« Bah j’ai simplement accompli mon office. Je vous demanderais simplement de me laisser 2 laguns par jour que vous devrez passer ici. »
Maegaldar hocha doucement la tête.
« Combien de temps ais-je été inconscient ? »
« Un peu plus d’un jour entier. La midi sera bientôt là.»

La midi… L’heure de l’exécution. La culpabilité. Brûlé. Il serait brûlé. Une mort horrible qu’il méritait tout autant.
Et soudain une idée jaillit de son esprit et s’imposa à lui. Il ne pouvait pas laisser cet homme mourir en de telles souffrances en se détournant simplement. Une telle attitude ajouterait un nouveau fardeau sur ses épaules. Il suffisait. Il ne laisserait pas faire.

Le guérisseur avait compris que quelque chose se passait à la lueur qui s’était allumée dans les yeux de son patient.


« Je ne puis rester plus longtemps. Je dois partir maintenant. »
« Vous avez besoin de repos. La mort vous a effleuré de trop prêt pour que vous repartiez de sitôt.»
« Je regrette, mais je ne peux pas m’attarder. Donnez moi un fortifiant et je saurais survivre.»
Un sourire désabusé flotta sur le visage du guérisseur.
« Je l’ai déjà prévu, il est dans la tasse à côté de vous. Un remède de ma conception. Il adoucira vos douleurs tout en ne vous plongeant pas dans le sommeil.»

Le rôdeur le remercia d’un signe de la tête. Mais ce faisant il remarqua une expression nouvelle et tristement réprobatrice sur le visage du guérisseur. L’interrogation de son regard poussa l’autre à s’expliquer.

« Alors vous aussi vous allez vous précipitez pour assister à cette morbide exécution. Jolie occupation vraiment. Il faudra un jour qu’on m’explique comment les hommes font pour prendre autant de plaisir à voir s’éteindre des vies.»

« Vous ne le croyez pas coupable n’est-ce pas ? » animé d’un subit intérêt le dunadan s’était redressé sur un coude.

« Coupable ou pas coupable ce que je sais c’est qu’il a suffisamment souffert de ses actes pour qu’en plus on ne meurtrisse sa chair. Je n’ai rien de plus à en dire. » *sans prendre de risque pour ma vie* compléta en pensée Maegaldar. Sa volonté venait de s’affirmer. Il pousserait son projet à bien.

« Vous avez sans doute raison… Oui vous avez raison.
Je ne compte pas contempler ce spectacle. Bien au contraire...


Sans plus s’étendre sur le sujet il se redressa sur sa couchette en position assise, et attendit que le vertige qui l’avait saisi passe. Sa douleur il l’ignorait. L’infusion il la vida à longues goulées. Une douce chaleur l’envahit et adoucit vite le tiraillement de sa plaie soigneusement bandée. Le guérisseur le regardait faire sans mot dire, une lueur d’espoir dans ses yeux.

Il aida Maegaldar à se relever, le soutenant pour ne pas qu’il retombe aussitôt. Patient, le rôdeur attendit que se dissipe le nouveau vertige. Puis saisissant son barda posé non loin il se vétit lentement et tira 4 laguns, des pièces en usage dans cette région, pour les passer dans la main du guérisseur. La poignée de main fut ferme et franche. Les yeux rivés les uns dans les autres. La compréhension qui passa entre les deux hommes fut brève mais d’une grande intensité.

Le rôdeur sortit alors de la demeure du guérisseur sans ciller. La douleur il la dédaignait. Elle était vive mais moins qu’avant. Ses jambes étaient endolories mais fonctionnaient correctement. C’était tout ce dont il avait besoin.

Parvenu à l’air libre il huma les senteurs. De l’huile, du bois. Le bûcher devait être en train de se monter. Aux cris le dunadan se rendit compte que le condamné devait même être en train de se faire traîner vers son lieu de mort. Sans se poser de questions il partit à grands pas vers l’extérieur du hameau. Il ne lui fallut qu’un instant pour distinguer un promontoire à proximité. Il s’y hissa lentement, les yeux à demi fermés. Tant pis, il s’occuperait de sa blessure plus tard si elle devait se rouvrir. Une fois de plus…

Le poste qu’il s’était trouvé était idéal. Il avait une vue plongeante sur le bûcher tout en gardant la lisière de la forêt à une dizaine de mètres derrière lui.

Son souffle était court, ses jambes tremblantes. Mais ses yeux eux scrutaient la place sans faillir. Le feu avait pris. L’homme épouvanté qui était attaché en haut de la pile hurlait. Probablement pour qu’on le détache. En pure perte.
Les flammes commençaient à lécher les plus hautes bûches, attaquant sournoisement les chevilles du meurtrier.
Maegaldar prit son arc en main. Il ne pouvait pas sauver l’homme. Ne le souhaitait peut-être même pas. Mais dans sa culpabilité, il allait au moins lui offrir une mort rapide. Il était à portée de flèche. Quand il banda son arc en laissant échapper un glapissement de souffrance personne ne le vit, trop absorbés par le spectacle. Personne ? Si. Une paire d’yeux suivait ses mouvements du pas de la porte de son atelier. Le guérisseur… Leurs deux regards se croisèrent. La reconnaissance. Il était reconnaissant. Ce fut une vague de réconfort pour Maegaldar qui l’irradia dans les moindres parcelles de son être.

Il visa soigneusement. Et alors que les flammes atteignaient les jambes du malheureux la flèche partit et mit fin à ses souffrances.



Le rôdeur disparut à travers les arbres. Les cris de la place ne l’atteignirent même pas. Indignation ? Soulagement ? Peu lui importait. Ce qu’il savait, ce qu’il savourait, c’était la temporaire sérénité de son cœur.
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MessageSujet: Re: MAEGALDAR   Lun 21 Jan 2008 - 12:33

Yep! Encore une fois Ness a adoré!!!
Ce que j'aime, toujours, c'est qu'on évite l'écueil du pathos... Aïe, aïe, aïe quand on tombe dans les grands discours pro-Droits de l'Homme! Non pas que je n'y adhère pas (DictatorNess, mais quand même! Mr. Green EXPLDR!) mais bon il ne faut pas faire venir Rousseau ou le dalaï-lama dans Tolkien non plus, ou alors je raccroche! Razz

Les personnages que tu fais intervenir en plus du tien ont presque un rôle à part je dirai, je pense au guérisseur notamment, je trouve ça assez sympa, ce ne sont pas juste des faire-valoir, bref ça les rend crédibles et ça donne toute son épaisseur à l'histoire.

Les descriptions sont également légères et agréables à la lecture, moi qui ait une sainte horreur des descriptions qui traînent en longueur et qui ne sont là que pour ajouter des lignes, tu peux considérer que c'est vraiment un compliment! Razz

Hey non, je m'excuse, pas de bémol encore pour ce coup-ci, j'aimerai bien en trouver mais j'ai beau gratter quand ya pas, ya pas! Mr. Green


J'espère ne pas faire fausse route avec ce nouveau sujet, mais c'est un idée qui me semble pourtant assez intéressant à exploiter. C'est plutôt court, mais je te laisse les longs discours! Razz


Au milieu d'années et d'années de sang et de mort, il y a pourtant un contrat et un seul que Maegaldar n'a pu exécuter. Lequel et pourquoi?


Là c'est totale imagination, pas trop de guide, mais tu ne me sembles pas en avoir trop besoin! Razz

J'espère que ça t'inspire! :smile

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MessageSujet: Re: MAEGALDAR   Ven 8 Aoû 2008 - 14:42

[ Et ça continue ! De longs mois après le dernier épisode je vous livre la première partie de la réponse à ce sujet. La seconde viendra surement dans une semaine à mon retour.
Et rassure toi Ness' le sujet ne m'a pas bloqué, au contraire. C'est plus un manque de temps et d'envie d'écrire qui m'ont ralenti. J'avais pourtant fait plusieurs début de temps en temps (notamment un "début" de plusieurs pages, 3 je crois, format word Very Happy) mais ils ne me plaisaient pas^^

Mais ça y est, cette fois-ci c'est la bonne. Alors trêve de parlotte, je vous livre la première partie !... un pavé comme toujours (j'en connais une qui va être contente!)]

Le vent soufflait. Froid. Perçant. Et puissant. Une quarantaine d’hommes en armes le subissaient sans broncher. Des hommes durs. Des mercenaires. Du genre qui ne se plaint pas de l’inconfort.
A travers la lisière du bois dans lequel ils se cachaient, leurs yeux ne perdaient rien d’un combat qui se poursuivait en contrebas. Dos à une falaise une grosse cinquantaine d’hommes se battaient pour leur vie. Acculés, ils n’avaient d’autres solutions que de tenter vainement de repousser cet ennemi qui faisait plus du double de leur nombre. Sans compter la cavalerie de réserve qui attendait tranquillement le moment propice à une charge fatale.

Sur le sol, plusieurs centaines de cadavres décoraient de façon moribonde l’herbe jadis jaunie. Ce n’était alors plus qu’un tapis aux reliefs rougeâtres, à l’odeur chaude et écoeurante de la mort, rythmé par les chocs des épées, les plaintes des blessés, et les clameurs des capitaines.


« C’est cette armée que nous sommes sensés charger ? » C’était l’un des hommes de la troupe des mercenaires qui avait parlé. Un vétéran vu son âge, ce qui traduisait un talent inhabituel. La durée de vie des mercenaires était bien plus courte que celle du commun des mortels.

Le chef répondit simplement, empli d’un calme grave.

« Tenez-vous prêts. »

*Entre eux et nous il n’y aura qu’une grosse centaine de mètres à descendre. L’herbe est sèche. Nous pourrons leur fondre vite dessus. Il n’y plus qu’à espérer que la capitaine attende que la cavalerie charge. Il ne faut pas qu’elle puisse nous prendre à revers.
Mais il a l’air de connaître son affaire. Je devrais pouvoir lui faire confiance.*

Maegaldar jeta un coup d’œil à leur chef. Il avait l’air tranquille, expérimenté, sachant ce qu’il attendait. Un homme sûr. Tout n’était pas perdu.

« Hé l’Archer regarde pour qui tu vas sortir ton épée aujourd’hui. » Duvor, un homme qu’il connaissait, lui donna un coup de coude en lui indiquant un point contre la falaise que les défenseurs tentaient désespérément de protéger. Il y avait là un chariot richement décoré et surplombé d’un étendard. Le carrosse de la fille du seigneur de guerre qui les avait engagé. Une princesse charmante et charmeuse d’après ce que l’on prétendait.
Et ce ne fut pas innocent si Duvor fit un clin d’œil langoureux un dunadan.

« C’est pas tous les jours qu’on se fait payer pour sauver la vie d’une si belle créature. »
« Une si belle créature que tu n’as jamais vu et que tu n’entreverras jamais même si tu devais survivre. »
« Bah il me suffit de l’imaginer. J’ai l’imagination débordante moi, c’est pour ça que ma vieille Astine est si efficace.
« Ouais ben vaudra mieux que tu l’oublies quand tu devras planter « Astine » dans ces foutus soldats de fortune. Ce serait idiot de la regarder juste à temps pour sentir de l’acier s’enfoncer dans ton corps. »
Un grand sourire carnassier vint éclairer le visage de Duvor.
« Tu dis ça mon vieux parce que tes yeux ne sont pas aussi agiles que les miens. Pourquoi crois-tu que la Terre m’a donné deux yeux aussi formidable ? J’en ai un pour tuer et l’autre pour pouvoir dans le même temps admirer les princesses en détresse. C’est pour ça que les femmes m’aiment. Et que toi tu n’en as jamais. »
« Tout le monde n’a pas ton charme ô beau sauvage. Tiens tu vas pouvoir parfaire ton maquillage. C’est le moment, le sang va venir nous lécher le visage à grands éclats joyeux. »

Et en effet à cet instant les cavaliers de réserve venaient de se déployer et de charger à bride abattue le rideau défensif des hommes de la princesse. Sans doute impatients, c’était la pire erreur qu’ils pouvaient faire. Un drapeau s’agita du côté du carrosse princier.

« C’est le moment les gars ! Si la princesse survit on vous doublera votre paye, alors allez la mériter ! Chargez ! »

Une clameur rageuse lui répondit et dans un même élan désordonné les mercenaires se jetèrent dans la pente, la dévalant à toutes jambes.

Même ainsi la partie pouvait sembler déséquilibrée pour les forces de la princesse. Mais cette troupe de mercenaires avait été recrutée avec soin, et ne comptait que des hommes d’armes qui avaient fait leur preuve. Et un second avantage, calculé lui aussi, vint se ranger de leur côté. La charge de la cavalerie avait été si bruyante, renforcée par les cris d’excitation des assaillants et les vociférassions volontairement exagérées des défenseurs, que la charge des mercenaires ne fut pas entendue.

Ils enfoncèrent l’arrière garde de leurs ennemis par surprise avec une efficacité qu’ils n’avaient même pas rêvés. Et heureusement. Car la charge des cavaliers avaient complètement enfoncé le rideau défensif des gardes princiers.

La bataille redoubla de furieuse intensité, tandis que les corbeaux commençaient à se rassembler en spectateur attentif…

‘’’’’’’’’’’’’’’
Parer le coup. Se fendre. Rouler sur le côté. Trancher une jambe. Dévier une lance. Punir l’auteur du coup. Se ménager une brèche vers le dernier bastion des défenseurs.

“ Duvor, Knag, Nevir, suivez-moi !”
Ne pas se retourner pour voir s’ils suivent. Une brèche à droite. S’y engouffrer. Abattre par derrière un adversaire.

‘’’’’’’’’’’’’’’

L’esprit de Maegaldar s’était restreint. Il ne réfléchissait pas. Il procédait par instinct. Et son instinct l’amenait vers le carrosse. Un carrosse qui n’en était pas vraiment un. Il était conçu pour pouvoir être défendu en cas d’attaque, et être utilisé dans des routes peu soignées. Il était prévu pour la guerre. Seul une dizaine d’hommes le défendaient. Les autres avaient été séparés. Et il était ainsi bien vulnérable, assailli par la plupart des cavaliers, dont certains avaient mis pied à terre.
Trente hommes tout au plus calcula rapidement Maegaldar. Un coup d’œil panoramique lui révéla que plusieurs trios de mercenaires avaient agi de même que lui-même et ses trois compagnons. La princesse était la clef pour obtenir une meilleure récompense. Il n’en fallait pas plus pour faire comprendre à une telle troupe que le point primordial du champ de bataille était le plus dangereux. Et pour qu’ils fassent en sorte de le sécuriser.
Les assaillants furent pris entre deux lignes. Mais ils étaient encore supérieurs en nombre. La bataille resta indécise. Un ballet irréel. Toute la science des armes du dunadan se déployait. Toute sa science de la guerre le maintenait en vie, ainsi que ses trois compagnons du jour.



‘’’’’’’’’’’’’
«En cercle ! »
”Duvor, Nevir enfoncez ce rang ! Knag on couvre leur dos !”
Plus que trois obstacles entre nous et le chariot. Ces deux-là veulent nous prendre à revers.
« Chargez ! Vers le chariot ! »
Se jeter sur les deux sournois. Ils sont surpris et reculent. Reculer aussi sec. Se retourner. Engager le dernier obstacle. Mort.

‘’’’’’’’’’’’’’’

A cet instant, alors qu’il n’y avait plus d’obstacle entre eux et le chariot, Maegaldar et Duvor jetèrent un bref coup d’œil à une ouverture du carrosse, entre deux rideaux. Deux yeux verts, brillants, les observaient. Des pupilles chaudes, qui vous tenaient sous un feu étrange. D’une incroyable intensité.

Duvor entrouvrit légèrement les lèvres. Ses yeux étaient écarquillés. Il était comme hypnotisé. Et ce lui fut fatal. Un des cavaliers qui n’avait pas été désarçonné donna un violent coup de lance vers Maegaldar. Ce dernier plus lucide, l’avait vu arriver et se jeta au sol, évitant de justesse le coup mortel. Mais Duvor n’eut pas cette chance. Ses côtes furent perforées et il se retrouva projeté à terre. A côté du dunadan. Ses lèvres formèrent un dernier mot…
« Belle… » Et ses yeux s’éteignirent.

Au-dessus de la combe les oiseaux toujours plus nombreux assistèrent à la fuite des assaillants, tandis que gardes de la princesse et mercenaires hurlaient leurs victoires aux cieux.
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MessageSujet: Re: MAEGALDAR   Ven 8 Aoû 2008 - 14:42

Le lendemain soir, dans la première enceinte de la forteresse du père de la princesse. Une auberge. Les mercenaires y ont été conviés en signe de gratitude exceptionnelle, après avoir reçu leur solde.


L’auberge était joyeusement éclairée par plusieurs feux brillants subtilement répartis. Sur une estrade des danseuses langoureuses se démenaient au son de la musique, dans un ballet féerique. Un spectacle qui ravissaient les mercenaires survivants du combat. C’était un spectacle inédit pour la plupart d’entre eux. Ils étaient peut-être coutumiers des bordels sombres, mais ce genre de filles n’était pas exhibé dans de tels lieux. Elles étaient réservées à plus noble compagnie par le seigneur des lieux. Mais en cette occasion, la troupe avait sauvé la vie de sa fille, et d’une manière totalement inespérée, presque héroïque. Aussi leur avait-il concédé ce privilège.
D’un autre côté il allait ainsi récupérer une partie de l’argent avec lequel il les avait payé. Bien peu allaient résisté à la tentation de s’offrir à prix d’or certains services, et ce n’était pas bien dangereux de miser là-dessus.
De plus les filles étaient protégées, discrètement, mais sûrement. Sans compter les gardes qui veillaient dans une maison voisine il y en avait un nombre non négligeable dans les lieux mêmes.

Maegaldar laissait les festivités se dérouler sans lui. Ne se mêlant pas à la foule qui bavait devant les danseuses au milieu de la salle ou buvait sans compter le long du comptoir, il sirotait une bière dans un coin sombre. Sa capuche était rejetée en arrière. Contrairement à certains de ses compagnons de ces journées sanglantes il avait nettoyé toute trace de sang du précédent combat. Beaucoup pensaient que les vagabonds étaient des gens particulièrement sales. Mais dans ces régions aux nombreux ruisseaux, c’était tout sauf vrai. Si Maegaldar ne montrait ni pitié ni considération envers la vie humaine, il n’en avait pas pour autant gardé une certaine éthique quant à son mode de vie. Que ce soit envers ses armes, ou son corps.

Il observait la salle avec une moue ironique. Oh ce n’était pas tant le commerce de la gente féminine qui attirait cette grimace. De cela il n’en avait malheureusement que trop l’habitude. Il s’agissait plutôt de la facilité avec laquelle le seigneur des lieux manipulait ces hommes. Aucun ne semblait se rendre compte qu’ils dépensaient sans compter, enivrés par l’excitation ou le vin, l’argent qu’ils venaient de gagner. Ils ne se rendaient pas compte qu’ils le rendaient. Et le pire, était qu’ils louaient leur bienfaiteur. Tant de naïveté par des hommes qui côtoyaient la mort trop souvent, et la donnaient sans réfléchir…
Ou peut-être étaient-ils tout simplement trop empressés de jouir de la vie, de cette occasion qui leur était donné, avant qu’elle ne s’éteigne. Après tout peut-être avaient-ils raison… Ils pouvaient mourir dans une heure, le lendemain, pendant la nuit… Un mercenaire n’a qu’une certitude : que la mort est toujours prête à le frapper.

Ainsi était-il occupée lorsqu’il vit une femme simplement vêtue, de la façon des serveuses du lieu mais de façon subtilement plus sobre, qui se dirigeait vers lui un plateau à la main. Elle passait inaperçu en gardant les yeux baissés, les cheveux mal coiffés, les habits trop grands, un foulard sombre sur le haut du visage… Tout cet ensemble semblait pourtant soigneusement calculé pour le dunadan. Et ce qui était étrange c’est que sur le plateau était posée un broc de bière alors qu’il n’avait rien demandé et qu’il était seul dans le coin d’où la serveuse s’approchait. Du coin des yeux il chercha d’autres signes anormaux dans la salle.
Là bas. Dans un coin non loin, mais loin de toute source de lumière. Deux hommes. La mine grave, vigilants, qui ne la lâchait pas des yeux.
Maegaldar reporta son attention sur elle. Il s’appuya contre le mur qui lui faisait office de dossier, dégageant discrètement sa dague.

L’étrange serveuse vint directement à sa table, y posa le plateau et alors seulement releva la tête pour le regarder. Deux yeux verts. Deux puits brillants. Un regard intense.
Maegaldar soutint le regard, sans bouger. De multiples pensées se bousculaient dans sa tête. Que faisait-elle là ?

L’instant dura. Aucun des deux ne faiblissait, aucun des deux n’était agressif, aucun des deux ne se sentait agressé.


« Je vous en prie.»

La femme sourit et le remercia d’un signe de tête. Elle s’assit avec grâce, retirant dans ce même mouvement le foulard qui dissimulait une partie de son visage.

*Bon sang Duvor, tu avais raison.*

Sa voix ruissela de sa gorge, douce, délicatement chantante. Mais parfaitement audible.

« Si j’en crois votre regard, vous savez qui je suis. Je sais ce que vous êtes, et un peu qui vous êtes. Je vous ai observé hier. »

Elle s’arrêta un temps. Maegaldar ne réagit pas. Avec un petit hochement appréciateur de la tête elle reprit.
« Ces hommes qui vous suivez dans la combe... Ils étaient sous vos ordres ? »
Il secoua lentement la tête, sans la lâcher des yeux.
« Il n’y avait qu’un chef, votre capitaine, qui nous a recruté. Ces hommes m’ont suivi d’instinct. »
Elle resta un long moment silencieuse. Impressionnée ? Appréciatrice.
Les secondes s’écoulaient et lentement le rôdeur se détendait. Sa dague était toujours dans sa main, mais il était moins sur le qui-vive. Oui elle était belle, et savait jouer de son regard, de ses lèvres. Sa réputation n’était pas imméritée.
La première elle détourna les yeux, les baissant sur la main du rôdeur qui était posée sur la table. La main gauche.

« Je suis venue de mon propre chef. Personne n’est au courant. »
Elle se voulait rassurante. Mais le regard de Maegaldar s’appuya. Elle se troubla.
« Personne… à part deux de mes gardes personnels les plus loyaux. »
Son regard revint, fragile cette fois-ci, dans celui du mercenaire.
« On vous appelle l’Archer. Vous avez une réputation de sobriété, d’efficacité, et on vous dit impitoyable. Mais pour vous avoir longuement observé, au combat et en dehors, vous me donnez l’impression d’être un homme en qui l’on peut faire confiance. Vous n’êtes pas comme toute cette bande d’assoiffés de sang ou d’argent. Il y a quelque chose qui vous différencie d’eux… Je le sens. Quelque chose qui vous fait ressortir, qui vous place au-dessus. » Elle était moins maître d’elle-même et laissa, inconsciemment ou volontairement, ses yeux dériver vers le visage du rôdeur.

Mais clignant plus brutalement des paupières elle revint à ses yeux. Parlant gravement.


« Savez-vous ce qu’est la loyauté ? »

Cette voix douce, ces paroles simples, plongeaient Maegaldar dans la confusion. Cette fois ce fut lui qui détourna les yeux. Loyauté… Loyauté… S’il savait ce qu’était la loyauté ? Oui. S’il n’y avait qu’une valeur qu’il connaissait c’était bien celle-là. Loyal…

Et son ton lorsqu’il répondit venait tellement du plus profond de lui-même, et ses yeux étaient animés d’une lueur tellement franche, que la princesse, perspicace de nature, n’eut aucun doute sur la véracité de sa déclaration.


« Je sais ce qu’est la loyauté, ma dame. Croyez-moi. »

Ce qui passa dans cette réponse émut profondément la jeune femme qui perdit contenance pour la première fois. Pourquoi à tel point ? Il n’aurait su le dire. Pas encore… Mais le rôdeur entrevit alors combien elle avait peur. Et il sentit soudain combien elle venait de l’investir d’un pouvoir rassurant. Si soudainement. Elle ne le connaissait pas, et pourtant c’était bien ce qu’elle venait de faire. Le dunadan était toujours stupéfait lorsqu’elle reprit, d’une voix presque chuchotante.
« Je vous crois… Oui je vous crois. J’ai besoin de votre aide. »
« Quelle genre d’aide ? »
Elle sortit rapidement une enveloppe cachetée de cire de sa poche et la tendit vivement vers Maegaldar, qui s’en saisit prudemment.
« C’est un laissez passer écrit de ma main pour qu’on vous laisse accéder jusqu’à ma chambre. Demain, au crépuscule, venez. Je vous expliquerais. Je ne puis le faire ici.

Ce document… Il pourrait m’être fatal. Je vous fais confiance. J’espère ne pas faire une erreur. »
Elle le fixa droit dans les yeux avec toutes ses émotions enfouies. « Mais je ne pense pas me tromper. »

A peine l’eut-elle gratifié d’un rapide sourire qu’elle repartit, remettant en hâte sa capuche… et oubliant sur la table le plateau et le broc. Mais avec un pas d’une élégance troublante. Charmeuse…


Maegaldar resta interdit. Il suivit des yeux la sortie de la princesse que personne n’avait visiblement reconnu grâce à son déguisement. La lettre, il la rangea dans sa bure, comme un automate. Il lui fallut un moment avant de reprendre ses esprits et détacher ses yeux de la petite porte dont elle s’était servie.

Et ce fut juste à temps pour apercevoir quatre hommes, deux mercenaires et deux hommes habillés simplement mais au maintien de soldat , qui discutaient à voix basse en l’observant.
Dès que son regard croisa les leurs ils se séparèrent. Les deux hommes en civil sortirent, tandis que les deux mercenaires s’approchaient de lui. Humant le danger, il se leva et commença à se diriger vers la porte. Il en était encore loin lorsque l’un des deux l’apostropha, imitant un appel joyeux, qui se fondit dans le bruit et la bonne humeur du lieu.
Maegaldar s’arrêta, leur faisant face. Il n’était pas en pleine lumière, mais il avait rejoint un endroit suffisamment éclairé pour voir les moindres gestes deux mercenaires distinctement.


« Vous avez perdu quelque chose ? »

Le plus grand des deux éclata d’un rire bref. Avant de répliquer aussi sec.
« M’est avis que c’est elle qui a perdu quelque chose. Mais t’as de la chance parce que ça m’intéresse. On échange. »
Il sortit d’une poche une bourse bien remplie. A en juger par la taille il y avait là facilement plus de la moitié de ce qu’ils avaient gagné pour secourir la princesse.
L’homme attendit que Maegaldar ait soupesé en connaisseur la bourse du regard avant de tendre la main. Il attendait visiblement que le rôdeur lui remette la lettre.
Mais ce dernier ne céda pas à la demande. Il répondit sèchement :


« J'y réfléchirais. »

« Je crois pas que t’ais compris. Tu me la donnes maintenant et je te donne la bourse. T’es très largement gagnant.
C’est pas une proposition. »


La situation se corsait. Cette soirée n’allait décidément pas être facile. Deux hommes rompus au combat ça faisait beaucoup. Surtout que s’il sortait une arme ici, les complications risquaient d’être grandes. Les gardes ne resteraient pas immobiles…
Il pouvait aussi faire ce qu’on lui demandait. Il y gagnerait sans aucun conteste, et puis il connaissait à peine cette femme. Il ne connaissait même pas son nom.
Oui mais… il s’agissait là d’une histoire de confiance. Il n’avait pas prêté serment mais ça y ressemblait en son for intérieur. Il ne la trahirait pas.

Il ne lui restait que la fuite.

Il fit un pas en arrière, hésitant, jouant la peur sur son visage qu’il secoua de tic nerveux. Les deux hommes sourirent, surs de leur fait. Et par là même ils se détendirent. Aussitôt Maegaldar bondit entre les tables vers la sortie qu’avait empruntée la princesse. Il gagna quelques mètres sur le départ, et ce fut suffisant pour franchir la porte en premier et se retrouver dehors.
Il se jeta dans le même élan en avant et se rua jusqu’à une ruelle sombre dans laquelle il s’engagea, se plaquant aussitôt contre un mur. Il dégaina son épée d’une main et sa dague de l’autre.
Le premier de ses poursuivants vint s’empaler sur la dague dans le noir, à peine eut-il emprunté la ruelle, sans même voir son meurtrier. Le second bondit en arrière en voyant son camarade s’écrouler, et prit la fuite.

La nuit tombait sur la cité-forteresse. Maegaldar sortit de la ruelle par l’extrémité opposé et s’en fut en quête d’une auberge plus calme. Un lit lui ferait du bien, tant physiquement que moralement. Il avait de quoi réfléchir…
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MessageSujet: Re: MAEGALDAR   Mar 21 Juil 2009 - 4:05

[La suite vient enfin, elle était quasiment prête depuis pas mal de temps mais je viens juste de terminer la scène. Je me suis par la même occasion aperçu que j'avais oublié la consigne d'origine j'étais persuadé dernièrement qu'il s'agissait non du contrat qu'il n'avait pu effectuer mais de la valeur qu'il avait conservé. Enfin je me souviens à présent de ce à quoi j'avais songé mais cela prendrait bien des lignes. Peut-être que je m'y mettrais un de ces jours... Mais si Ness' tu veux proposer un nouveau sujet ne te gène surtout pas Wink

Place à la lecture de ce qui ont eu le courage de suivre l'histoire et auront celui de poursuivre la lecture. En espérant qu'elle vous plaira.]


Les créneaux miroitaient d'une lueur orangée dans l'air du soir. Le soleil, à son déclin avait pris sa teinte rouge foncée dont l'intensité était propre à cette région. On racontait parmi les natifs que c'était du aux interminables déserts rocheux qui s'étendaient à l'est. Un chaos de roches ocres qui s'amoncelaient en formant d'étrange statues naturelles.

Maegaldar les observait pensivement. La forme crénelée en pointe semblait tailler les nuages menaçants qui parcellaient le ciel. Un véritable spectacle figé d'une luminosité irréelle qu'il aurait sans doute admiré à loisir s'il n'était pas si indécis. Le rendez-vous que lui avait fixé la princesse le plongeait dans un trouble profond... Non qu'il lui manqua l'envie de s'y rendre. Il était plutôt tenté de céder à sa curiosité. Mais il se méfiait. Une fois qu'il aurait pénétré à l'intérieur il serait on ne peut plus vulnérable. Sans compter qu'il serait dans un lieu étranger rempli de gardes, il ne pourrait certainement pas garder ses armes. C'était prendre beaucoup de risque pour l'étrange demande d'une jeune femme.

Méfiance... Attirance...

Il n'était pas venu jusque là pour rebrousser chemin. La grille d'entrée était toujours levée, gardée par quelques soldats en armes, aux couleurs du seigneur; Maegaldar baissa les yeux sur le laissez passer que lui avait remis la princesse. Visiblement écrit de sa main exercée, elle avait usé d'une encre indigo, à la fois claire et sérieuse. Un court mot qui assurait que le détenteur de cette pièce avait la faveur de la princesse et qu'il devait être conduit jusqu'à ses appartements personnels s'il se présentait. Une date était précisée dans un coin, sur le bas de la feuille. Il n'eut pas besoin de la reconnaître pour deviner qu'il s'agissait du jour même. Elle avait donc rédigé ce mot spécialement pour cette occasion... Pour lui.

Il était trop tard pour s'en retourner. Il lui avait tacitement donné sa parole en ne refusant pas le billet. En ne cédant ni aux deux hommes de la veille ni à la tentation de leur bourse.

Il s'avança à la rencontre des gardes.


« Halte ! Vous n'êtes pas de la maisonnée. Vous ne pouvez entrer. »

[i]Le visage fatigué du sergent des gardes s'était redressé, imité par sa pique qui barrait le passage du dunadan. Ses hommes s'étaient levés aussitôt, les armes au clair.
* Six gardes à la porte, et une méfiance claironnée. La situation doit être tendue ces temps-ci... L'embuscade ne devait pas être un événement isolé... Ça pourrait expliquer l'inquiétude de la princesse hier. *

Maegaldar présenta sa main droite, paume en l'air.

« J'ai un laissez passer de la princesse. »

Les gardes échangèrent un regard mi amusé, mi étonné. Seul le sergent garda son air impassible, tendant simplement la main désarmée.

Lentement, sans geste brusque qui aurait pu être mal interprété, il plongea la main sous son vêtement, ramenant la lettre. Mais au lieu de la remettre au garde il présenta simplement le document. Méfiance... Toujours.

L'homme eut un regard agacé mais lut simplement le texte, sans vouloir à tout prix imposer son autorité. Visiblement il connaissait bien l'écriture de la princesse et son sceau... Ce qui ne l'empêcha pas de toiser un long moment Maegaldar. Ils étaient deux à se méfier l'un l'autre. Mais le mot qu'il avait sous les yeux était véritable.
Aussi dut-il à se résoudre à baisser sa pique. Il appela du geste quelqu'un qui était hors de vue du mercenaire mais qui accourut dans son champ de vision. Un jeune homme aux armoiries locales, mais avec une subtile différence. Sans doute étaient-ce les armoiries de la princesse...


« Va prévenir la princesse que l'homme à qui elle avait remis un laissez passer personnel est arrivé. »
Le messager, puisque tel était son office, salua militairement et partit en courant.

« Makar, Gerd, escortez-le et prévenez la réserve; qu'ils vous relèvent. »

Un salut rigoureux plus tard et les deux gardes cités encadraient Maegaldar et le menaient à l'intérieur de la forteresse.

Ils approchaient à chaque pas. Sans qu'il ne put le contrôler, Maegaldar sentit les battements de son cœur accélérer. Il craignait cette entrevue. Mais pas autant qu'il l'attendait.


La porte était somptueusement décorée, de la plus belle couleur rouge. Deux soldats la gardait. De haute stature et solidement découpé, ils avaient tout du combattant d'élite.

*Sans doute les mêmes que ceux qui la surveillait à l'auberge hier. *
Les deux soldats de la porte le tinrent en respect, tandis que l'un des gardes personnel de la reine ouvrait la porte et disparaissait dans un corridor.

Quelques instants plus tard il revint, congédiant les hommes de la porte.


« La princesse Nir'Ingo vous a reconnu, vous pouvez entrer. Mais auparavant vous devez nous remettre vos armes par sécurité. » .

Aucune surprise jusque là, Maegaldar s'exécuta sans rien cacher. Après une fouille rigoureuse le garde du corps s'effaça.

« Si jamais vous lui vouliez du mal, sachez que vous ne sortirez pas vivant. Le balcon est surveillé par des archers et au moindre de ses cris nous interviendrons.
Entrez. »


Le dunadan acquiesça sobrement. Il respira profondément... et entra.
Un court corridor en angle.
Un épais rideau mauve.
Une ouverture dans le coin.
Il s'y glissa.
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MessageSujet: Re: MAEGALDAR   Mar 21 Juil 2009 - 4:06


La princesse était assise sur une chaise sculpté en de douces formes régulières et recouvertes de couleur chaude. Elle était vêtu d'une robe bleutée qui épousait soigneusement son corps. Tout dans cette pièce était étudié pour la mettre en valeur.

Maegaldar se sentait grossier dans ses vêtements, quoiqu'ils fussent propres, acquis dans la journée et de plutôt bonne facture. Quant à elle, ses cheveux étaient soigneusement retenus en arrière par un bandeau frontal couleur argent se mariant idéalement avec sa coiffure. Elle s'était apprêtée avec soin, ne négligeant nul détail pour paraître la plus séduisante possible. Elle voulait le troubler, quelles qu'en puissent être les raisons. Peut-être espérait-elle voir ainsi le fond de ses pensées... L'influencer... Le séduire?... Mais elle avait en tout cas réussit à provoquer un trouble dans son cœur, ce qui n'était plus arrivé depuis des années. Et ce n'était pas un maigre exploit. Elle venait d'animer un cœur enveloppé de pierre.

Elle sourit.


« Alors vous êtes venus... Merci. D'être là et... de ne leur avoir pas cédé. »
Maegaldar fronça les sourcils intrigué.
« Vous étiez là? »
« Non, je ne pouvais rester. Mais un de mes espions était présent. »
Elle eut un sourire des plus sincère.
« Je suis soulagée de vous avoir bien jugée. Et heureuse.
Venez donc vous asseoir. »

Elle indiqua d'un geste ample de la main une chaise, des plus confortables, qui était disposée avec soin à côté de la sienne. Inclinant la tête, le dunadan y prit place.

Les deux chaises étaient proches l'une de l'autre... Une fois assis il fut forcé de constater que leurs genoux se touchaient presque ce qui rendait facilement troublant un échange de regard. Le champ de bataille, le vis à vis dangereux, cela Maegaldar connaissait et maitrisait. Mais les artifices séducteurs d'une femme lui étaient un monde étranger et dans lequel il était vulnérable.

Légèrement mal à l'aise, il n'osa pas la regarder tout de suite. Lorsqu'il le fit il vit une pointe d'amusement dans ses yeux. Elle était ici dans son territoire et en sécurité. Aussi était-elle beaucoup plus détendue. Elle avait attendu son regard pour parler et le fit avec douceur.


« Nous ne nous sommes pas présentés hier soir. Je m'appelle Nwasala Nir'Ingo. Nwasala pour vous. Dois-je vous appeler l'Archer? »
Maegaldar sans s'en rendre compte était tombé sous le charme de son hôtesse et répondit sur le même ton.
« Non, ce surnom convient à une autre compagnie. Je me nomme Maegaldar, princesse. »
Elle sourit. « Nwasala. Princesse convient à une autre compagnie. » Il sourit à son tour.

Ils restèrent un moment ainsi, s'observant dans le silence apaisant de la pièce. Cette fois-ci ce fut le dunadan qui le rompit.

»Vous vouliez une aide Nwasala... Quelle aide un mercenaire pourrait-il mieux vous apporter que l'un de vos gardes? »
« La question serait plutôt de savoir quelle aide vous pourriez m'apporter... Je ne crois pas que vous soyez un mercenaire en votre âme. »Maegaldar eut pour réflexe de se fermer aussitôt. Inconsciemment il savait de telles réflexions dangereuses pour lui. Il ne voulait pas remuer trop profondément ses origines, ce qu'il était véritablement et surtout... ce qui l'avait amené à cet état.
Mais ce n'était ni le but ni l'envie de Nwasala de le sentir s'éloigner de l'atmosphère intimiste qu'elle voulait provoquer. Aussi voyant sa réaction elle enchaîna aussitôt, confortée toutefois dans ses idées.

« Mais cela est une autre histoire. Et en vérité ce seraient bien vos talents martiaux et votre vigilance que je souhaiterais m'attacher. »
Maegaldar resta impassible, concentré sur ce qu'elle disait. Il avait suffisamment de discipline et de lucidité pour dompter le trouble qu'elle lui inspirait. Il attendait qu'elle en dise plus, ce qu'elle ne tarda pas à faire.
Ses yeux verts émeraudes étaient rivés à ses pupilles grises. Toute l'intensité de son regard rassemblée. Et ce n'était pas peu. Elle ne lui demandait pas simplement son aide. Elle l'appelait à l'aide avec ses yeux, mêlant douceur fragilité charme et espoir... Une combinaison puissante.

« Je voudrais que vous me protégiez. Je dois partir à nouveau demain pour une destination que je ne puis éviter et je voudrais pouvoir compter sur vous Maegaldar, pour me garder en vie.
Je vous demande de me servir de garde du corps. »


L'intéressé en resta bouche bée. Les yeux agrandis de surprise. Elle avait tous les hommes de son père à disposition, ou du moins une bonne escorte qu'elle pourrait choisir si elle pouvait choisir de s'attacher un mercenaire, et elle venait le chercher lui pour la protéger. Il était véritablement interdit. Et tout le charme de Nwasala n'y était pas pour rien... Car outre le devoir de protection elle venait de lui demander, avec toute l'émotion dont elle était capable, qu'il reste à ses côtés pour ce voyage dont il était question. Et elle qui avait la réputation d'être habile à charmer les hommes avait réussi à lui faire envier cette perspective. Et la nouveauté d'une telle tentation au milieu de ces années de vie sauvage, violente, virile, le plongeait dans un trouble d'autant plus important.

Elle guettait sa réaction, anxieuse, suppliante... belle.
Mais lui évitait son regard... Cherchant à réorganiser clairement ses pensées. Il lui fallut un certain temps pour poser la question qui l'habitait le plus.

« Pourquoi faire appel à moi? N'avez-vous pas des hommes pour vous protéger qui ont juré allégeance au seigneur Nir'Ingo ou à vous? Vous sembliez avoir toute confiance dans les deux hommes qui vous accompagnaient hier soir. »

Elle eut un triste sourire, le regardant longuement. Son regard semblait exprimer une question muette : pourquoi croyez-vous que je vous veux à mes côtés? Mais face au sérieux de Maegaldar qui ne fléchissait pas, refusant de se laisser embarquer dans son jeu, elle répondit gravement.

« Ils ont toute ma confiance, et l'ont mérité. Mais c'est de vous dont j'ai besoin, Maegaldar. Vous connaissez le monde des mercenaires, et les assassins en sont souvent... Je vous pense plus à même de me protéger de ces hommes là que mes gardes attitrés.
Et puis... depuis quelques temps le cercle des hommes sûrs se rétrécit autour de moi. Les gardes en qui je peux avoir confiance sont de moins en moins nombreux... »


Maegaldar eut un large sourire ironique.
« Voilà donc pourquoi vous êtes allé me trouver ! Il est vrai que nul n'est plus fiable qu'un mercenaire lorsqu'il s'agit de fidélité. ».

Elle baissa les yeux, touchée par cette répartie. Lorsqu'elle reprit, ce fut avec beaucoup moins de contenance. Naturelle... mais voir une jeune femme comme elle qu'on devinait sans peine forte et maîtresse d'elle même aussi désemparée donna au dunadan une impression de fragilité touchante. Et l'hésitation qui transparaissait dans sa voix renforçait cette impression.
« Je vous l'ai déjà dit... Je ne vous considère pas comme un banal mercenaire... Je ne comptais pas agir ainsi. Mais... je vous ai vu vous battre. Je vous ai vu après la bataille, rendre un hommage rapide, presque insignifiant, mais bien présent, à cet homme qui vous avez suivi et qui est tombé. Puis pendant le reste du trajet, la façon dont vous avez géré la nuit... Votre attitude à l'auberge...
Je ne sais pas pourquoi mais je vous fais confiance. J'ai toujours été plutôt habile pour juger les gens, peut-être grâce à un esprit observateur que je crois avoir... Et visiblement je n'ai pas fait erreur. Car même si vous n'aviez voulu venir qu'en espérant certaines faveurs de ma part suite à notre conversation, je doute que vous ayez refusé une telle somme d'argent en échange du document que je vous avais remis, ni que vous ayez accepté de subir un tel danger.
Non, vous êtes différent de cette masse, de ces hommes qui se battent pour de l'argent. La plupart ne le sont sans doute pas par choix, mais je doute que beaucoup aient gardé des valeurs. En supposant qu'ils en aient jamais eu... Mais vous en avez encore. Peut-être pas des valeurs de miséricorde ou d'humanité, mais d'autres qui m'importent bien davantage.
Vous n'êtes ni de ce pays, ni d'une terre voisine. Vous venez de loin... Je le vois. Je ne sais pas pourquoi vous avez fait tout ce trajet mais ce n'est pas pour l'argent. Peut-être fuyez-vous votre terre natale... Sans doute le faîtes-vous... Mais cela ne me regarde pas!
Tout ce dont je suis persuadée c'est qu'en vous, dans cette situation, je peux placer ma confiance. Je n'ai plus que deux hommes à mes côtés, c'est peu. Trop peu pour me maintenir en vie.
Et la vie j'ai cru la perdre il y a deux jours, et encore plusieurs fois auparavant. Un homme veut se venger, et pour cela il lui faut ma mort. Il a perdu une armée, il va désormais se tourner vers des hommes de main.
Et ce monde vous le connaissez. Je vous pense connu et estimé, d'après ce que j'ai pu observer. Vous pouvez m'aider. Vous pouvez me maintenir en vie. Vous serez payés bien sûr, et bien. J'y veillerais personnellement.
Mais je vous le demande simplement, pour moi : acceptez. »


Elle s'était penchée en avant, posant une main sur le bord de sa jambe tout près de celle du dunadan. Par les Valars qu'elle était belle... Qu'elle était belle... Il pouvait presque entendre les battements puissants de son coeur qui s'emballait hors de tout contrôle. Le parfum qu'exhalait son hôte l'empêchait de penser clairement, d'autant plus maintenant qu'elle s'était rapprochée de lui. Il n'arrivait pas à détaché son regard, subjugué.

Il répondit d'une voix légèrement hachée et d'une chaleur dont il ne se serait pas cru capable.


« Vous arriverez saine et sauve à cette destination. Je resterais à vos côtés et protègerais votre vie de quiconque tenterait d'y toucher, Nwasala. Vous avez ma parole et mon épée. »

Elle sourit si radieusement qu'il ne put que lui rendre ce signe d'allégresse, le coeur léger. Elle posa spontanément sa main sur celle du dunadan... avant de la retirer doucement comme à regret.

« Je suis heureuse de vous avoir face à moi et avec moi, Maegaldar. Mer'vroen, l'un de mes hommes de confiance va vous montrer votre logement temporaire, vous exposera tous les détails dont vous souhaiterez avoir connaissance et vous équipera ainsi que vous le demanderez.

Nous nous reverrons demain avant le coucher du soleil. Bien avant j'espère. »


Ainsi prit-il congé pour cette fois de la princesse Nwasala Nir'Ingo, dont le sourire enjoleur avait touché le dunadan plus que n'avait su le faire tout autre événement depuis bien des années, et qui lui avait rappelé la valeur de la loyauté...
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