AccueilAccueil  PortailPortail  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 L'immensité des Champs de Pelennor...[Maglor]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité



MessageSujet: L'immensité des Champs de Pelennor...[Maglor]   Ven 4 Jan 2008 - 21:31

Caryan s’arrêta.
Elle venait de franchir la limite des Champs de Pelennor, autrefois délimitée par Rammas Echor. Si la jeune femme n’avait pas beaucoup de connaissances, elle avait appris de par son père des chants Rohirrim dont un où l’on faisait référence au mur. Son paternel, qui avait participé à la Bataille des Champs de Pelennor, la chantait. Autrefois. Un étrange sentiment s’insinua en elle, perfide. Des souvenirs plus que désagréables la prirent alors qu’elle imaginait une des plus grandes batailles que la Terre du Milieu ait connu se dérouler sous ses yeux. Caryan se sentit infime, inexistante devant cette grande plaine qui avait connu sang, râle, cris de guerre... Avec respect, elle pensa que ce champ ne représentait qu’une partie de ce grand royaume qu’était le Gondor...

En effet, elle avait toujours eu une certaine fascination envers ce pays. Bien sur, elle était rohirrim, fière de sa patrie et de ses origines, mais on lui avait raconté tant de choses –vraies ou fausses- sur ce pays que cela lui avait donné envie de le découvrir. De plus, on savait le règne du Roi Elessar tranquille et cela rassurait d’autant plus que ce n’était point arrivé depuis plusieurs années, voire plusieurs siècles. Ses yeux noirs regardèrent le champ qui s’étendait devant elle, provoquant une impression de liberté chez la jeune femme. Bien que ce ne soit qu’une grande étendue d’herbe aux yeux de tous, pour Caryan, c’était plus. A vrai dire, elle n’était jamais entré réellement en Gondor, ne s’attardant toujours qu’à ses frontières. Elle n’osait pas. Se sentait étrangère. Aussi resta-t-elle un long moment à l’arrêt, sentant sous elle Anar qui commençait à renâcler, impatient. Mais on ne peut passer sa vie à regarder de l‘herbe ! Aussi, Caryan se remit en route.

Ainsi, on pouvait voir chevaucher une demoiselle, un arc accroché rudimentairement à son dos. Et si on regardait de plus près (mais il fallait vraiment regarder), on pouvait apercevoir un petit aigle qui tournoyait au dessus de la cavalière. Un sourire aux lèvres, elle pensa pour la énième fois que les gens devaient se demander si l’aigle n’allait pas à un moment ou un autre fondre sur elle. C’était tout de même peu commun une jeune cavalière seule, un rapace tournoyant au dessus d’elle. Caryan donna des jambes, faisant s’élancer Anar à un galop régulier. Et pendant ce temps, la jeune femme chantait. Un chant de guerre.

« Death in the morning and at day's ending
lords took and lowly.
Long now they sleep
under grass in Gondor by the Great River.
Grey now as tears, gleaming silver,
red then it rolled, roaring water:
foam dyed with blood flamed at sunset;
as beacons mountains burned at evening;
red fell the dew in Rammas Ech… »


Caryan s’arrêta de chanter. Et stoppa de même Anar. Elle était sûre d’avoir entendu un bruit. Faisant tourner Anar sur lui-même, elle essaya de percevoir d’où pouvait venir le son. Mais ne trouva pas. C’était sûrement son imagination qui lui jouait encore des tours. Elle remit alors sa monture à un trot régulier, un peu plus méfiante que lorsqu’elle chantait. Ses sourcils étaient froncés. Elle n’était pas rassurée...
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: L'immensité des Champs de Pelennor...[Maglor]   Sam 5 Jan 2008 - 1:02

[Le topic se situe avant l'arrivée de Maglor à Minas Tirith]

Maglor s'arrêta comme Caryan devait le faire, quelques longues minutes plus tard. Depuis le Pelennor, ses yeux d'elfe portaient jusqu'à l'étincellante citée de la Tour du Soleil.

Il inspira profondément et l'air lui porta des senteurs d'herbe, de vent et, plus loin, de l'Anduin qui courraient autours de la plaine. Ah, le voilà de retour dans le Nord ! Et plus si loin de ce qui avait été Beleriand. Et Minas Tirith... une autre citadelle avait porté ce nom, autrefois.
Et été jetée bas par Sauron.

Nostalgie, nostalgie encore et toujours. Maglor soupira et s'apprêta à reprendre son chemin. Son but à portée des yeux, la nature vivifiante qui l'entourait auraient poussés ses pas à être longs et rapides, ses muscles à fournir un de ces efforts qui paraissent insurmontables pour les hommes, mais que les Noldor pouvaient accomplir si leur volonté était suffisante.

Mais plus grand encore était son désir de voyager seul et, lorsque les sabots du jeune Anar se firent entendre, Maglor glissa prestement derrière une des vestiges du Rammas. Là, il resta accroupis contre les pierres chaudes, le dos posé contre le mur et les doigts égarés dans les hautes herbes, attendant avec patience que le cavalier ne soit passé.

Une cavalière, se corrigea-t-il alors que sa voix venait s'échouer à ses oreilles. En ménestrel d'expérience, il en nota les défauts -manque de travail, de justesse souvent, et d'une partie de la délicatesse des voix elfiques-, mais aussi les émotions qui en sortaient et, alors qu'il écoutait, il murmura une partie de la chanson, plus grave et plus sombre.

Les paroles qu'il connaissait parlaient de sang et de peine, d'enfants du Sud perdus loin de chez eux pour la volonté du Dieu Sombre ; des grands Mumak qui plus jamais ne fouleraient les sèches terres de l'Harad... ah, chaque guerre avait son lot de pertes ! Gondor chantait encore sa victoire, mais qu'en était-il des abusés qui, combattant pour le "mauvais côté", pleuraient leur morts en craignant encore la punition de Sauron pour leur défaite ?

La cavalière cessa soudain de chanter et la voix de Maglor s'éteignit presque aussitôt. Elle approchait et passerait bientôt, humaine parmi d'autres humains ; et pourtant, elle chantait ! Et Macalaurë le Chanteur se sentait étrangement amer à cette pensée. La cavalière n'aurait-elle pas dû chanter l'amour, la paix et l'espoir, comme toutes les Dames pleines d'espoir ?
Curieux de voir le visage de Celle qui Chantait la Guerre, l'elfe se releva doucement, puis se hissa sur une partie du mur assez haute à son goût. Il reste assis là, prêt à disparaître de nouveau si la femme se faisait béliqueuse, ses yeux pleins d'étoiles fixés sur elle.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: L'immensité des Champs de Pelennor...[Maglor]   Dim 6 Jan 2008 - 22:36

Continuant à longer les ruines de l’ancien mur d’enceinte, Caryan ne pouvait s’empêcher de repenser à ces légers bruits qu’elle avait entendus. Ce n’était sûrement que son imagination et pourtant, c’est beaucoup plus tendu et méfiante qu’elle continuait sa route. A vrai dire, elle hésitait à s’avancer sur la grande plaine, à découvert. Les ruines lui procuraient une certaine sensation de sécurité. La cavalière continuait cependant à marmonner les paroles de chansons rohirrims. Cependant, le cœur n’y était plus. Mais comme personne ne l’entendait –n’était censé l’entendre- elle se moquait de la justesse de ses paroles ou du fait qu’elle chantait deux fois la même phrase.

Le rohirric était une langue qu’elle affectionnait plus que tout, malheureusement, on parlait de plus en plus le langage commun, même parmi son peuple. Alors, et malgré cette certitude d’être épié ou du moins suivi, la jeune femme reprit :

« Hwær cwóm helm? Hwaer cwóm byrne?
Hwær cwóm feax flówende?
Hwær cwóm hand on hearpestrenge?
Hwær cwóm scir fýr scinende?
Hwær cwóm lencten and hærfst?
Hwær cwóm héah corn weaxende?
Hwá gegaderath wuduréc of
wealdholte byrnende?
Oððe gesiehth of gársecge
ðá géar gewendende?»


[Source: http://www.elvish.org/gwaith/movie_soundtrack_ttt.htm]

C’était un des chants qu’elle affectionnait le plus. On disait que Theoden lui-même l’aurait prononcé lors de la bataille du gouffre de Helm, tristement célèbre pour le nomdre de morts qui en avaient résulté. Ce chant inspirait chez Caryan une profonde lassitude et tristesse, mais qui, bizarrement, l’apaisait. Elle aimait ainsi se perdre dans les nombreux chants rohirric de guerre. Chanter la paix ne l’intéressait pas. Elle n’y trouvait aucun plaisir. Et pourquoi chanterait-elle si elle ne croyait pas aux paroles de sa chanson?

Fredonnant cet air machinalement, elle ponctuait ces phrases par de petits: «Forth Eorlingas » qui lui arrachait un sourire. Oh ! Comme elle aurait été effrayée si, comme la Dame Eowyn, elle avait chevauchée parmi ce grand Roi. Jamais elle n’aurait eu l’audace. Caryan se savait assez forte d’esprit, mais elle savait qu’elle ne serait jamais restée qu’une vulgaire rohirrim parmi tant d’autres si elle n’avait pas fait ce qu’elle avait fait. Et pourtant c’est ce qu’elle était pour les autres : une simple femme. Mais Caryan savait dans son cœur que malgré tout, elle se considérait comme différente...

Finalement, alors qu’elle continuait à chantonner tout doucement, elle perçut un mouvement au niveau des oreilles d’Anar. Aurait-il repéré quelque chose ? Les yeux charbons de la jeune femme parcoururent l’étendue à sa droite. Personne en vue. Devant, non plus. Il n’y avait donc plus qu’une seule possibilité... Et en effet, une silhouette se tenait un peu plus loin sur les restes de Rammas Echor. Ne disposant pas d’une vue exceptionnelle, elle ne voyait pas s’il s’agissait d’un humain ou autre être vivant. En se rapprochant, elle sut que c’était au moins un humain. Il en avait la forme. Mais, alors qu’elle était de plus en plus près, elle sentit autre chose, qu’elle n’avait jamais connu avant. Caryan ne savait pas comment définir ce qu’elle ressentait mais elle savait que c’était quelque chose de différent. Et, lorsqu’elle fut devant la personne même qui dardait son regard sur elle, elle sut. Ou du moins, elle supposa. D’après le peu de ce que la jeune femme savait, cet homme là n’était sûrement pas un vulgaire homme. Peut-être était-ce un elfe ? Elle n’en avait jamais vu, mais il est vrai qu’il n’était pas franchement la représentation qu’elle se faisait des elfes. En tout cas, il avait l’air très, très grand. Et ses yeux...ses yeux bleutés la troublaient profondément. Ils auraient troublés n’importe quel homme. On aurait dit qu’il transportait avec lui toute la misère du monde. Et pourtant, pourtant elle ne pouvait croire qu’il ne s’agissait que d’un simple mendiant. Non. Il avait quelque chose en plus. Caryan fit arrêter sa monture devant lui, comme il la regardait et l’observa plus attentivement. De longues minutes passèrent, puis, avec sa franchise naturelle, la jeune rohirrim ne put s’empêcher de dire :

« Seriez-vous un elfe, Monsieur ? »

Ses yeux montraient sa curiosité quant à cet individu. A vrai dire, elle ne se sentait pas en danger, aussi adoptait-elle un comportement naturel. Il ne donnait pas l’impression d’une personne qui allait vous sauter dessus sans prévenir. De plus, il aurait pu le faire bien avant. Et pourtant, le regard de Caryan ne put s’empêcher de se poser sur une épée ceinte à son côté...
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: L'immensité des Champs de Pelennor...[Maglor]   Lun 7 Jan 2008 - 20:32

Installé sur son mur, Maglor attendit avec patience que la jeune femme s'approche. Patience mais méfiance ; son regard vif trouva bientôt l'arc et il savait que certains archers pouvaient tirer en un instant. Ses muscles se tendirent et il se prépara à faire retraite, à l'affut de la moindre tentative d'agression.

Mais Celle qui Chantait la Guerre ne semblait pas vouloir attaquer. Sa curiosité la mena assez près de lui. Maglor la fixa, détailla son visage somme toute commun.
Une humaine parmis d'autres, rien de plus, de rien de moins, et donc une ombre fugitive qui, du point de vue de l'elfe multi millénaire. S'il devait s'attacher à chaque créature mortelle ! Il sentait un peu comme un gamin qui ramasse un oiseau pour voir ses plumes de plus près.

"Si je l'étais, mon titre ne serait-il donc pas Seigneur Elfe ?"
remarqua Maglor. Sa voix, naturellement grave, portait là à la fois une pointe d'humour et de regrets qui donnait à cette fausse question un genre étrange.

"Seriez vous une femme humaine, Nyellohta ?"
demanda-t-il ensuite en inclinant légèrement son visage beau mais sale vers la gauche. Sa bouche restait neutre : nul sourire ne traduisait la curiosité ou la farce, mais nulle grimace ne trahissait l'hostilité. Néanmoins, le regard du Noldo était alerte et on le devinait prêt à bondir à tout instant, bien qu'il ne semble pas agressif.

"Là d'où je viens, les femmes ne portent d'épée que lorsqu'il n'y a plus de gloire à combattre ; qu'il ne reste de choix que la lame ou la mort. L'arc, elles ne le manient que rarement, et encore est-ce par jeu, car il fait les bras forts et gonflés. Là d'où je viens, les femmes ne chantent pas la gloire de la guerre, mais les larmes qu'elle leur apporte," expliqua l'elfe avec calme. "Vous chevauchez comme un mâle de votre espèce, portez l'arc et une bête de proie vous suit. Le monde du nord a-t-il changé depuis que j'en ai foulé les terres, ou n'êtes vous point une femme ?"

La voix trahissait à présent un léger étonnement, un peu désemparrée. La guerre allait-elle de nouveau aux portes de ces lieux, pour qu'on songe à faire des femmes des soldats ? Ou existait-il un peuple aux moeurs différentes, qui n'hésitait pas à envoyer les siennes sans escortes, au milieu de plaines vides, en laissant à ces demoiselles la charge de leur propre défense ?
Si cela était vrai, Maglor demandait à le voir ! Ce serait là un sujet de chanson bien plaisant...

~*~

Nyellohta : "Chanteuse de guerre" en Quenya
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: L'immensité des Champs de Pelennor...[Maglor]   Lun 7 Jan 2008 - 23:54

Caryan n’arrivait toujours pas à déterminer ce qu’était l’homme. Il émanait vraiment de lui quelque chose de particulier, d’étrange. Et pourtant… était-il pour autant un elfe ? C’aurait très bien pu être…D’accord, elle n’en avait aucune idée. Après tout, sa connaissance du monde s’arrêtait aux humains. Ce qu’elle savait des autres races –elfes, hobbits, nains- c’est ce qu’on lui en avait raconté ; elle b’avait jamais pu vérifier de ses propres yeux. Et puis, il était rare de croiser un elfe, ainsi, sur les chemins. Du moins, c’est ce qu’elle croyait. Après tout, voyait-on beaucoup de jeune femme comme elle, armée ?

Il la fixait. Son regard était intense et Caryan dut baisser les yeux, posant son regard sur les oreilles d’Anar. Même si elle ne pouvait supporter son regard, elle ne ‘abaisserait quand même pas à regarder le sol ! Question de fierté ! Quelle ne fut pas sa surprise quand à la réponse qu’il lui lança. Sa voix était aussi particulière que lui. Tout chez lui semblait particulier. Si la question avait été lancée sur le ton de la plaisanterie, Caryan aurait sûrement ri. Mais là…là, elle n’arrivait pas à déterminer s’il était sérieux ou non. Aussi garda-t-elle une expression coutumière chez elle ; un léger sourire, mais qui n’exprimait rien.

Elle se demanda pendant un moment si elle devait répondre à cette étrange question. Mais il reprit la parole, usant alors d’un mot inconnu pour elle et aux sonorités elles aussi étrangères à la jeune femme. Elle commençait à vraiment croire qu’elle avait un elfe devant lui. Et que venait-il de lui dire ? L’avait-il insulté ? Comment devait-elle réagir ?

La façon dont il inclina la tête lui fit étrangement pensé à un animal. Un animal curieux, mais néanmoins méfiant. Et pourtant, son visage impassible déstabilisait lui aussi la jeune femme. Tout chez lui n’était que bizarrerie aux yeux de cette jeune humaine. Elle ne savait pas comment réagir et cela l’énervait un peu. Essayant de rassembler ses idées, elle ne répondit donc pas aux deux questions de l’homme.

Mais son discours ensuite la laissa un moment perplexe. C’était une des premières fois où on lui disait clairement ce à quoi elle faisait penser. Elle se surprit un moment d’être fière de l’étonnement presque invisible de l’homme. Mais elle sentit aussi une profonde lassitude l’envahir. Et elle ne savait pas pourquoi. Ces paroles avaient remuées des choses enfouies en elle. Caryan resta silencieuse. On n’entendit plus qu’Anar qui, renâclant à être une nouvelle fois à l’arrêt n cessait de bouger. Puis la jeune humaine dit :

« Eh bien, Seigneur Elfe, en effet je crois être ce que vous appelez une femme humaine. »

La question à demi posée par l’Elfe venait d’être ainsi résolue. Bien que ce soit plus pour rassurer la jeune femme qu’autre chose. Un peu plus sûre d’elle, elle reprit :

« Là d’où je viens, les femmes apprennent le maniement des armes et combattent peur leur vie, mais abandonnent bien vite leur épée pour leurs enfants. Bien peu à ma connaissance pratiquent l’art de tirer à l’arc, car leurs bras sont avant tout un refuge maternel où il fait bon se consoler. Nulles non plus ne chantent la guerre et ses héros. Assurément, le monde change, Seigneur Elfe, mais le Rohan reste tel qu’il a toujours été. »

Elle s’arrêta un moment avant de reprendre.

« Ne soyez point étonné de me voir ainsi chevaucher, car je ne suis pas comme les autres femmes Rohirrims. Bien peu comprennent mon amour des chants guerriers et ma joie lorsque ma flèche atteint le but visé. A bien des points, je suis différente, mais je vous rassure, vous avez devant vous une fille presque femme, et non quelque sorcellerie venue d’on ne sait où... »
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: L'immensité des Champs de Pelennor...[Maglor]   Mer 9 Jan 2008 - 20:26

Maglor écouta Caryan dans un silence respectueux, le visage toujours incliné et le regard fixé sur elle, sa monture, détaillant tout ce qu'il y avait à détailler ; du cuir de la selle à celui des bottes, du crin du cheval aux cheveux de la femme. Il y avait beaucoup à savoir en observant ; ainsi, la bête était bien soignée et en bonne santé, aimablement proportionnée et ne renaclait pas, même à l'arrêt, signes d'un bon dressage. La jeune femme semblait avoir voyagé sur des miles et des miles, mais elle n'était pas couverte de saletée et restait relativement regardable.
Sachant que Maglor était un elfe pas très porté sur les humaines et déjà marié en prime, cela voulait tout dire.

Elle venait donc du Rohan, nota l'elfe distraitement. Le Rohan... bah, c'était jeune, ça ! Un peu plus et il se serait demandé où c'était. Ce royaume venait juste de naître lorsqu'il avait entamé sa redescente vers le Sud pour ne plus revenir au Nord, et peu de soldats Haradrims étaient revenus pour parler de ses cavaliers.
Autrement dit, Caryan aurait pu lui dire qu'il était normal que les femmes de ce pays se promènent à poil avec des mottes de beurre en équilibre sur la tête, Maglor aurait difficilement pu la contredire.

"Une fille ? Je vois une femme," remarqua doucement Macalaurë, toujours un peu curieux.

Cette humaine l'intéressait un peu, finalement. Le Noldo sauta alors de son mur avec une vivacité que sa taille ne dénonçait pas. Il resta toutefois assez loin de Caryan pour ne pas présenter de menace évidente. Même si, franchement, il avait assez d'allonge et de vivacité pour dégainer et lui trancher la gorge avant même qu'elle n'ai encoché une flêche, eut-elle eu l'envie de l'agresser.

"Où allez vous ? Je me rends à Minas Tirith."

La question subsidiaire était claire : si vous allez dans la même direction, peut être pourrions nous continuer à parler en marchant ?
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: L'immensité des Champs de Pelennor...[Maglor]   Jeu 10 Jan 2008 - 23:33

Caryan se sentait observé. Elle voyait le regard de l’homme passer au peigne fin elle, comme Anar. Elle se contentait de quelques regards, qui lui suffirent à se représenter assez le personnage pour pouvoir se le rappeler par la suite. Son apparence, bien qu’étrange, n’aidait en rien la jeune fille quant à ce qu’il pouvait être parmi les elfes. Elle était au moins sûr de cela. Il était un elfe. Et que savait-elle des Elfes ? Pas grand-chose. Ses seules connaissances pour cette race étaient qu’ils vivaient très longtemps et qu’ils étaient souvent dotés d’une grâce et d’une beauté, accordées par les Valar. Cela ne l’aidait pas beaucoup quant à la conduite à tenir en face d’un de ses représentants, qui, de son avis, ne devait pas être des plus communs. Après tout, il fallait bien regarder pour voir sous la crasse de celui-ci la noblesse d’un Elfe. Mais elle ne pouvait s’empêcher d’être émerveillée par son regard. La jeune femme n’avait rencontré pareilles pupilles bleues. Elles scintillaient comme des étoiles et semblaient vous inspirer sans fin. C’était ainsi que Caryan, elle les voyait.

Il ne fit aucun commentaire quant à son discours. La jeune Rohirrim espérait ne pas s’être montrée trop imprudente en lui répondant ainsi. Après tout, elle ne savait pas ce que pouvait être la colère d’un elfe et ne préférait pas franchement le savoir. Mais il ne semblait ni outré, ni amusé. A peine semblait-il intéressé par ce qu’elle lui racontait. Elle ne parvenait pas à lire les émotions sur son visage impénétrable. Et cela troublait et énervait la jeune femme. Elle détestait ne pas comprendre ni ne pas savoir. Cependant la remarque qu’il fit rendit rond comme des soucoupes les deux yeux noirs de la jeune femme. Alors, et à sa grande surprise elle-même, elle rit. C’était un rire un peu fort mais agréable à entendre. Pourquoi riait-elle ? Aucune idée, mais elle n’avait pas pu s’empêcher. Finalement, elle dit, ses deux yeux brillants :

« Cela dépend en effet de la définition que vous donneriez d’une femme, Monsieur l’Elfe ! »

Il avait parlé assez doucement, ce qui mettait de plus en plus en confiance la jeune femme, bien quelle restât méfiante, comme à son habitude. Elle se crispa légèrement, lorsqu’il sauta à bas du mur. Il était rapide et Caryan fut étonnée de voir le contraste entre cette rapidité et sa carrure. Ou plutôt sa taille. Bien que fin, il était presque un géant ! Du moins pour elle. Bien qu’elle soit plutôt grande parmi les Rohirrim, elle ressemblerait à une petite fille si elle se mettait debout à côté de lui. Alors qu’elle se demandait quels autres mystères et bizarreries l’entouraient, il lui posa une question. La jeune femme ne répondit pas de suite. A vrai dire, elle n’avait pas de destination précise. Et maintenant, elle avait envie d’en savoir plus sur lui. Aussi Caryan répondit-elle :

« A vrai dire, je n’ai pas de point de chute. Je compte rester un moment au Gondor. Minas Tirith est, parait-il, une cité que l’on doit voir au moins une fois. Y êtes vous déjà aller ? Voudriez vous que nous continuions notre discussion tout en marchant vers la Grande Cité ? »


Caryan hésita à continuer, bougeant sur sa selle, un peu mal à l’aise.

« Hum… Cela vous dérange-t-il si je vous accompagne du haut de ma monture ? »
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: L'immensité des Champs de Pelennor...[Maglor]   Mer 16 Jan 2008 - 0:23

Maglor cligna des yeux, se demandant un instant ce qu'elle entendait par là.

Une femme... une femme était une femme, c'est tout ! Encore que, certains humains avaient tendance à croire qu'une femme était une femme quand elle avait ses premiers sangs ; ou quand elle se faisait déflorer, ou encore quand elle devenait mère.
Mais Maglor ne se voyait pas demander à Caryan si par hasard elle devait régulièrement laver du sang de ses sous vêtements ou si elle était encore libre pour le mariage, ce dont il se fichait éperdument puisque déjà marié lui même, rappellons le.

Bref tout ça pour dire que Maglor préféra classer le sujet. Manquerait plus qu'il donne des idées à la gamine ! La pauvre aurait déjà une vie assez courte sans perdre de temps avec lui.

"Oh. Vous êtes donc en visite de... plaisance ?" demanda l'elfe, peu sûr du terme. Voilà un concept bien étrange, se promener en Gondor juste pour s'y promener !
D'aussi loin que puisse remonter sa mémoire, Macalaurë avait vu les hommes se déplacer pour commercer, guerroyer, déménager ou faire de la diplomatie, mais juste pour voir du paysage, ce n'était pas très courant. Mais d'un côté, Caryan avait déjà déclaré être une exception.

"Je suis allé là où se trouve Minas Tirith, sans doute, mais ce devait être avant sa construction,"
déclara l'elfe d'un air absent, toujours à se demander sur quel drôle d'oiseau il était tombé.
Il ne releva pas la dernière question, un peu perdu dans ses pensées.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: L'immensité des Champs de Pelennor...[Maglor]   Dim 20 Jan 2008 - 18:06

Caryan vit que ce qu’elle avait dit avait légèrement perturbé l’elfe. Il ne répondit pas. Dans l’esprit de la jeune femme, c’était clair. Pour elle, elle ne serait femme que lorsqu’elle aurait de premiers rapports avec un homme, normalement son mari. L’elfe, lui, n’avait peut-être pas la même définition ou pensait-il peut-être qu’une femme était...une femme. Caryan ne préféra pas s’étendre là-dessus. Ils étaient sûrement trop différents pour pouvoir se comprendre. Lui non plus n’insista pas. Elle lui en fut reconnaissante.

Lorsqu’il souleva la question de sa visite, Caryan eut d’abord envie de rire. Plaisance. C’était un étrange concept de parcourir les plaines pour se promener. Non, elle, elle ne se promenait. Mais que faisait-elle au juste ? Le savait-elle elle même ? La jeune humaine baissa un moment la tête pour regarder l’herbe. La réponse qu’elle aurait du donner à l’elfe ne sortirait pas, elle le savait, sans quelques effets de sa tristesse. Et elle ne voulait ni pleurer, ni trembler devant lui. La rohirrim se sentait déjà assez infime par rapport à lui pour ne pas lui paraître faible et pleurnicheuse. Pendant un moment, elle ne répondit rien, mais, très vite, elle dit, relevant ses yeux noirs pour rencontrer le regard troublant de l’elfe :

« Disons que je m’éloigne de mon pays natal, pour essayer de chasser des souvenirs trop douloureux... »

Elle avait dit l’essentiel, sans trop s’étendre sur le sujet, ce qu’elle ne voulait pas. Ils recommencèrent alors à marcher, lui à côté de sa monture, tandis qu’il lui dit une chose qui sembla bien étrange aux oreilles de la jeune femme.
Avant sa construction ! Mais quel âge devait avoir cet elfe ? Elle savait qu’ils vivaient longtemps, peut-être même indéfiniment, mais avoir devant elle un homme qui avait foulé ces terres il y a infiniment longtemps était autre chose. Caryan éprouva un peu plus de respect envers lui. A vrai dire, elle ne se rendait pas vraiment compte qu’elle avait un elfe en face de lui. Il semblait tellement...humain. A part... à part, bien sur, les oreilles ! Elle n’avait pas remarqué jusqu’à présent les oreilles pointues de l’elfe. Mais maintenant qu’un léger vent repoussait un peu les cheveux sales de l’homme, elle pouvait apercevoir les oreilles si étranges. Cependant, elle ne darda pas trop longtemps son regard sur cette partie de l’anatomie de l’elfe, ne voulant pas qu’il la surprenne en train de l’épier. Voulant continuer à parler, pour ne pas que le silence s’installe, elle reprit, fronçant les sourcils :

« Hum.. Je me souviens vous avoir entendu parler votre langue, lorsque vous m’interrogiez sur ma nature. Que disiez-vous ? »
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: L'immensité des Champs de Pelennor...[Maglor]   Mar 22 Jan 2008 - 23:46

Maglor n'était pas du genre à creuser dans le malheur des autres, aussi ne demanda-t-il pas de détails à Caryan. Si l'envie prenait à la jeune femme de se confier à lui, il écouterait, mais ne l'encouragerait ou ne la pousserait pas ; le choix lui appartenait totalement.

Une ombre de sourire amusé passa sur les lèvres de Maglor. Il était toujours presque drôle de voir la surprise des humains devant son âge, et n'avait pas manqué, du coin de l'oeil, d'observer la réaction de Caryan. L'elfe en aurait presque gloussé, mais il se retint fort diplomatiquement en regardant ailleurs ; loin devant, par exemple. Ce ne serait pas gentil non plus de dire à la demoiselle que Maglor était déjà en vie avant que la première Minas Tirith ne soit construite, prise par Sauron, puis détruite par Luthien, quand la race des hommes était encore jeune.
Ou même que Maglor lui même était plus vieux que l'humanité.

"Chante-la-guerre," répondit simplement Maglor, sa voix profonde et sa langue habile faisant rouler étrangement les trois mots, comme pour en faire un seul, long et mélodieux. "Avec Nyello, pour Chanteur, suivit de Otha, pour la Guerre. M'en voudriez-vous de vous avoir nommée sans votre autorisation ?"

Maglor sourit et se tourna vers la cavalière tout en marchant.

"Je suis Macalaurë i Linda ; mais je ne vous dirais pas ce que cela signifie. Je vous ai donné un nom sans connaître le votre, il serait injuste que vous ne rendiez pas la pareille."

En clair : Nommes moi dans ta langue, à ce nom je te répondrai...
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: L'immensité des Champs de Pelennor...[Maglor]   Jeu 24 Jan 2008 - 18:26

Ils marchaient toujours tous deux d’un pas tranquille. Caryan, après avoir observé l’elfe pas si finement qu’elle ne le croyait regardait au devant, vers l’endroit où devait se tenir la grande Minas Tirith. Mais ses pensées restaient toujours captivées par son étrange compagnon de route. Il n’était pas commun de rencontrer un elfe, et la jeune femme sentait pointer dangereusement sa fatale curiosité.... Ce qui n’était jamais une bonne chose !

D’un coup, elle avait envie de lui poser milles questions à propos de lui, de sa vie, mais aussi, ce qu’il savait, depuis quand vivait-il... Autant dire que la liste était extrêmement longue. Et bien qu’elle ne connaisse point encore bien cet elfe, elle sut que cela ne le mettrait pas forcément de bonne humeur. A vrai dire, elle lui trouvait un air toujours triste mais neutre. Elle avait même du mal à l’imaginer sourire. Cela devait sûrement égayer son visage mais quelque chose lui dit que ça ne devait pas arriver souvent. Sa question resta pendant un moment en suspens. Au bout d’un moment, Caryan entendit la voix agréable et profonde de son compagnon lui répondre. Un sourire vint fleurir sur les lèvres de la jeune femme. Chante-la-guerre. Ce nom lui plaisait. Bien qu’elle sache qu’elle n’était pas une grande chanteuse. La façon dont il prononçait ses trois mots la fit presque frissonner. Tout comme quand il l’avait dit dans sa langue. Caryan tourna à nouveau la tête sur sa gauche, regardant l’elfe et dit :

« Non, cela ne me gêne en rien. La curiosité me tenaillait juste quant à ce que pouvait signifiait ce mot. J’aime sa consonance et ce qu’il exprime... »

Elle se tut et l’écouta. Ainsi, lui aussi voulait être baptisé. Caryan réfléchit un moment. Ses mains vinrent s’emmêler dans la crinière d’Anar. Tout en trouvant un mot qui pourrait correspondre à l’homme, elle se rappela ce qui l’avait frappé chez lui. Ses yeux marron suivirent les oreilles de son cheval, descendirent le long de la crinière pour arriver jusqu’au garrot. Elle sourit. Puis, de sa voix douce, elle dit :

« Je vous nommerai donc Aelfhéa on éagansorgien. Cela signifie « Grand Elfe aux yeux tristes » dans ma langue. »

Elle resta muette une seconde puis reprit, se ravisant :

« Mais tout de même est-ce un peu long, non ? En ce cas, vous serez Aelfhéa. Je me nomme moi-même Caryan.»

Pendant un moment, elle craint que l’elfe ne se moquât d’elle.

HJ : Je ne suis pas tout à fait sûr de moi, mais je pense que ça donne ça en Rohirric ou Vieil Anglais... Wink
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: L'immensité des Champs de Pelennor...[Maglor]   Mar 29 Jan 2008 - 20:15

"Les mots sont en Quenya. Prenez garde si vous vous rendez un jour dans les forêts du nord : ils n'y apprécient guère cette langue."

Non sans raison ; les Noldor n'avaient-ils pas assassiné par deux fois leur peuple ? Sirion ne pouvait guère compter : tous les peuples elfes en avaient souffert également, et ici, nul ne pouvait pointer du doigt une ethnie. Seulement une maison qui, de toute manière, était déjà maudite jusqu'à la moëlle.

L'elfe laissa planer un léger silence, coupé seulement par le pas du cheval dans les herbes hautes et par son propre piétinement. Maglor tournait et pesait les sonorités, comme seuls le font les poètes et les ménestrels quand ils aiment les mots qu'ils chantent : comme un orfèvre tournerait entre ses doigts et sous l'oeil une pierre à travailler ; ou comme un archer qui, avant de décocher, soupèse une flèche parfaite qu'il n'aurait pas travaillé lui même.

Le nom en lui même sonnait relativement elfique aux oreilles du chanteur, mais aussi légèrement exotique pour des oreilles habituées aux sons du sud. Points ici des "j" joueurs qui rebondissent sur la langue, mais n'existent pas chez les elfes et offrait donc quelques heures plaisantes d'amusement pour celui qui voulait le maîtriser. Les "k" qu'on associait volontier aux plus doux "m" et "n" étaient dans le nord attribués à des noms rocheux, dont le sens ou la prononciation n'avait rien de tendre.
C'était un jeu auquel Maglor se prêtait chaque fois qu'une nouvelle langue touchait ses oreilles. De son père il avait hérité ce goût pour les mots, et ne se lassait jamais de les lier comme on liait des notes.

"Pour vous je serais donc Aelfhéa ; votre nom de chez vous, je le retiens, mais continuerais à vous nommer comme je l'ai déjà fais, à moins que cela ne vous dérange. Ce sera un petit lien entre nous, et nous serons ainsi un peu plus que des étrangers. Pour le temps que durera ce voyage et peut être plus, si nos routes se croisent de nouveau ensuite."
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: L'immensité des Champs de Pelennor...[Maglor]   Mer 6 Fév 2008 - 21:44

Caryan regarda l'elfe pendant un moment, pesant ses paroles. Ainsi, sa langue était le Quenya. Elle en avait peut être vaguement entendu parler mais n'en avait plus le souvenir. Le mot résonnait tout aussi agréablement que déjà prononcés dans la bouche de Maglor. Les derniers mots firent froncer les sourcils de la jeune femme. Il y avait donc plusieurs langues elfiques? A vrai dire, la jeune femme n'avait pas reçu une très grande éducation au niveau des elfes. Si le Gondor et le Rohan lui étaient connus dans de nombreux détails, elle ignorait presque tout des Premiers-Nés. Y avait-il des tensions entre elfes? C'est l'impression qu'elle eut, sans pouvoir cependant la vérifier.

Caryan attendait avec une légère appréhension la réaction de l'elfe. Elle se sentait légèrement idiote. Jetant un regard vers lui, elle le vit pensif. Enfin, c'est l'impression qu'il lui donnait. Et comme c'était un elfe, il était tout de même dur de savoir ce qu'il pensait. Impossible, pour elle. Aussi détacha-t-elle son regard de l'elfe et le posa sur la crinière de son cheval. Pendant un moment qui lui parut une éternité, elle laissa son esprit dériver, sachant pertinemment qu'elle ne tomberait pas. La rohirrim mêlait sa main gauche dans les crins soyeux de sa monture, sa main droite tenant les rênes. Elle aimait ce contact permanant qu'elle entraînait avec son compagnon, comme tout Rohirrim. Tandis que le silence s'installait, elle pensait avec un léger sourire que sa vie ne serait plus la même si Anar n'était pas là. Pour une raison inconnue, tout les Rohirrims aimaient leurs chevaux. En tout cas, elle, elle n'avait jamais vu un homme ou une femme de son peuple rechigner à adresser de bonne tape sur l'encolure d'un cheval. La jeune femme balançait dangereusement sur sa monture.

Lorsque la voix de son compagnon rompit le silence, elle se redressa de suite. Elle n'avait pas été surprise, bien au contraire. Caryan écouta l'elfe, sans toutefois le regarder. Un petit sourire vint s'afficher sur son visage à l'idée qu'elle ait un petit lien avec un elfe. Ce n'était sûrement pas des plus communs. La jeune femme laissa planer le silence puis prit la parole:

"Aelfhéa, tous les elfes sont-ils comme vous? Ne soyez pas outré de mes paroles mais vous êtes le premier de votre race que je rencontre et je suis de nature curieuse. D'autant que je croyais que l'on ne pouvait rencontrer les elfes que dans leur forêt reculée..."

En effet, il y avait de quoi être vexé. Mais Caryan était tellement curieuse....
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: L'immensité des Champs de Pelennor...[Maglor]   Jeu 14 Fév 2008 - 20:17

Aussi étonnant que cela paraisse, c'est un éclat de rire qui répondit à Caryan. Un rire qui ne se départissait pas du chagrin de l'elfe, présent depuis si longtemps que Maglor ne s'en rendait même plus compte, mais un rire tout de même. Plus ou moins.

"Peu d'elfes sont comme moi; louées en soit les Terres du Milieu."


Maglor n'offrit pas d'autres précisions sur le sujet : sa main droite s'était crispée, par réflex, mais sans le blesser. Néanmoins, sa réponse était sincère : combien d'arrogants butés ce monde pouvait-il porter sans finir en bain de sang ?
Non non, moins il y en avait de la trempe des fils de Fëanor, mieux c'était. Et depuis le temps, on aurait dû interdire de même tous les serments, vu le bien qu'ils faisaient au monde.

"Les elfes ne vivent pas tous les forêts. Les Sylvains et certains Sindar y résident, mais ce qui reste des Noldor, et les Teleri, ceux là n'aiment pas plus que cela les arbres."

Ah ah ah. Non, rien de drôle : Maglor ricanait juste parce que, comme toujours on venait de lui prouver que les humains prenaient toujours les elfes pour un peuple fait d'un bloc. Grossière erreur.

"Quant à vous, je sais déjà que toutes les femmes ne sont pas comme vous. Mais je ne connais pas le royaume dont vous venez. Parlez moi de Rohan."
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: L'immensité des Champs de Pelennor...[Maglor]   Jeu 21 Fév 2008 - 0:07

Si Caryan croyait avoir vexé ou blessé l'elfe, il n'en était apparemment rien. En effet, celui-ci venait de rire. Un drôle de rire, en fait. Mais elle ne fit pas attention à cela, trop occupée à regarder l'elfe qui venait d'être amusé par sa remarque. Un sourire vint éclairer le visage de la jeune femme, preuve que le rire était quelque chose de très communicatif, surtout chez elle. Cependant, ce qu'il répondit piqua encore plus la curiosité de la jeune rohirrim. Ainsi, peu des siens étaient comme lui. Une question se forma aussitôt dans l'esprit de la jeune femme. Pourquoi? Mais comme il ne dit pas plus, elle jugea préférable de ne pas le questionner d'avantage. Tout juste se permit-elle de dire:

"Vous devez donc être un être bien peu commun, Aelfhéa..."

peut-être cette fois-ci avait-elle été trop loing. Mais qu'importe! Pouvait-on s'empêcher de parler? Non. Absolument impossible pour Caryan. Elle dit absolument tout ce qu'elle pense ou croit penser. Jugée sur sa monture, Caryan regretta tout de même un peu ses paroles. Il est vrai que l'elfe l'impressionnait beaucoup et si une querelle devait éclater entre eux deux, nul doute quant au vainqueur. Ah, cette langue bien pendue! Combien de fois ne l'aurait-elle coupée? Hélas, nous sommes comme nous sommes et elle savait malheureusment impossible ce changement. Et cela lui manquerait trop de ne point parler à sa guise. Perdue dans ses pensées, elle regardait au loin, mais la voix de son nouveau compagnon fit porter son regard sur lui. Ce qu'il dit ne lui donna plus envie de parler. Elle se sentait à présent comme une ignorante devant lui, à déblatérer des propos faux et qu'elle croyait bons. Baissant la tête, elle se concentra sur ses mains, n'ayant rien à rajouter quant à ce propos.

Ses paroles ensuite lui réchauffèrent un peu le coeur. Aaah parler du Rohan, son pays. Le visage plus joyeux, elle allait commencer, ouvrit la bouche, puis la referma aussitôt. Elle ne savait quoi dire en premier. Puis, elle finit par dire, sur un ton plaisant:

"J'aime mon pays, Aelfhéa, mais voyez-vous, je ne sais trop quoi dire. Comment vous le décrire. Rohan... Rohan est pour moi une contrée où il fait bon vivre. Hum...ce sont des paroles bien peu grandioses que je vous dis. Etant mon pays natal, il ne peut qu'être bon à mes yeux. Je m'égare... Je dirais avant tout que notre âme est liée à celle de nos chevaux, nos compagnons. Le Rohan est un peu sauvage à mes yeux, tout comme ses habitants, la faune et la flaure qui s'y développent. Nous pouvons paraître rustres aux yeux de certains mais cela ne nous atteint nullement. Nous sommes un pays et un peuple fier. Tout comme je vous l'ai dit il y a peu, la plupart des femmes appprennent à se battre mais bien peu restent longtemps l'arme à la main. L'objectif est de savoir nous défendre, ainsi que nos enfants lors d'une invasion. Nous sommes pour la plupart des paysans, éleveurs, forgerons... Pardonnez-moi, Aelfhéa, je ne sais vraiment comment vous parler de tout ce qui m'a entouré pendant de si longues années..."

Caryan baissa la tête, nullement honteuse, mais un peu déçue d'elle-même...
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: L'immensité des Champs de Pelennor...[Maglor]   Mer 5 Mar 2008 - 22:19

"Je commandais des cavaliers, autrefois," remarqua Maglor, un peu rêveusement, après avoir écouté Caryan en silence. Par autrefois, lisez ici Bien Avant que Tous les Royaumes Actuels n'Existent. Quand la race des hommes n'en était qu'à ses débuts.
Avant que le siège d'Angband ne soit rompus.
Avant que Maglor ne décapite joyeusement un sale traître de mortel crasseux qui avait eu l'audace de viser le dos trop confiant de son frère aîné.

"Mais ils ont presque tous finis brûlés vifs," ajouta Maglor sur le même ton, alors que les vieux souvenirs se dépoussiéraient un peu dans sa mémoire.

Il tentait d'imaginer les terres de Caryan, d'après celles d'Himring, mais refusa ces images qu'il savait fausses : Beleriand se trouvait bien plus au nord, et devait avoir été plus froid. De la fertilité des terres de Rohan, il ne savait rien non plus. Rohan était-il tout de caillasses et de falaises ? Ou de plaines et d'herbes hauts, coupés de quelques monts ?

"Ne vous soyez donc pas si humble, Nyellohta,"
dit l'elfe après un long moment, où le silence ne fut coupé que par ses pieds dans l'herbe et le sabot du cheval sur la terre. "Si je devais vous parler de ma terre natale, vous me trouveriez insupportablement mélancolique et débordant de mièvrerie. Celui qui parle de sa terre sans amour doit être bien malheureux et sans racines..."
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: L'immensité des Champs de Pelennor...[Maglor]   Mar 8 Avr 2008 - 20:24

[ Excuse moi, je suis impardonnable, franchement... ='( ]

Les deux compagnons continuaient leur route, Caryan ayant arrêté de parler après son résumé qu'elle ne jugeait pas des meilleurs. La phrase que jeta d'un coup l'elfe la surprit. La jeune femme se demanda alors par quoi il entendait "autrefois". Au fur et à mesure qu'elle en apprenait sur lui, la Rohirrim avait vraiment l'impression davoir en face elle une créature vieille de plusieurs millénaires, même plus, bien plus. Une pensée vint effleurer l'esprit de Caryan. A son époque, en tout cas, les chevaux étaient déjà bien présents. Ainsi, ils étaient plus vieux que lui. A ces yeux, le cheval avait été la première créature créée. Un léger sourire sur les lèvres, la jeune femme caressa avec une tendresse presque maternelle l'encolure de sa monture. Cependant, l'elfe ajouta quelque chose. Et ce quelque chose glaça la jeune femme. Comment arrivait-il à parler de ça avec un tel calme? Il était en train de dire que des hommes, elfes, ou quoi qu'ils soient, ses compagnons, étaient morts, et sa voix n'étaient teintée d'aucune émotion. N'éprouvait-il donc rien? Caryan essaya d'imaginer les corps calcinés des chevaux et de leurs cavaliers. Une grimace vint tordre les traits de son visage. Elle ne comprenait vraiment pas...

Mais elle savait qu'elle n'oserait jamais lui demander plus d'explications. Aussi, elle se tut. Lui aussi. Un silence s'installa alors. La jeune femme observait l'homme de temps à autres, essayant de s'imaginer ce qu'il pouvait bien se passer dans son esprit. A vrai dire, cela dépassait sûrement tout ce qu'elle pouvait imaginer... Alors qu'ils étaient perdus tous deux dans leur pensées, une ombre au-dessus d'eux fit lever les yeux de la rohirrim. Elle aperçut alors l'aigle, son companon, qui volait autour d'eux, s'éloignait, pusi revenait de temps à autre. La voix de l'elfe la réveilla. Elle tourna la tête vers lui. L'écouta. Ses yeux restaient fixés sur lui, avec intensité. Trop tard, il avait de trop aiguiser sa curiosité. Elle dit alors, d'une voix douce:

"Aelfhéa... Parlez moi de vos terres."

Ce ,,'était ni un ordre, ni une supplique. Juste une demande.
Revenir en haut Aller en bas
Nessameldë

avatar

Nombre de messages : 1963
Age : 31
Race, Pays : Noldo, Lothlorien
Metier : Dame de Compagnie de Galadriel
Age du personnage : 6559 ans, très précisément!
Date d'inscription : 16/09/2005

Qui suis-je?
**Citation personnelle**: My light shall be the moon And my path- the ocean My guide, the morning star As I sail home to you...
**Aime/N'aime pas**: Son pays/Tout ce qui sent mauvais et qui a des pustules...

MessageSujet: Re: L'immensité des Champs de Pelennor...[Maglor]   Mer 23 Juil 2008 - 15:59

[Je fais le tour des topics en retard ou vaguement délaissé... Maglor est-il (elle) toujours parmi nous?! Razz]

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: L'immensité des Champs de Pelennor...[Maglor]   

Revenir en haut Aller en bas
 
L'immensité des Champs de Pelennor...[Maglor]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» La Bataille des Champs du Pelennor
» Le rat des villes et la souris des champs [Naya]
» L U L L A B Y •• faire l'amour dans les champs excite les fleurs.
» Retour aux Sources et aux Champs [PV]
» Immensitée immaculée, la Neige de la Toundra...

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
La Terre du Milieu : Chroniques du Quatrième Âge :: GONDOR :: Terres de Gondor-
Sauter vers: