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 Les échos de Valinor [Gandalf]

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Tindomiel



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MessageSujet: Les échos de Valinor [Gandalf]   Mer 24 Déc 2008 - 14:27

[Je PNJise Arwen qui n'est pas (plus) incarnée, si elle vient à l'être avant la fin de notre topic, on avisera! Wink]

    Entre les vitraux épais et colorés, le soleil sanguin dardait ses derniers rayons. Le soir n’était pas encore là pourtant, l’heure n’était pas tardive, mais l’hiver grignottait la Terre du Milieu un peu plus chaque jour. Les précieuses minutes de lumière s’amenuisaient un peu plus à chaque aube et à chaque crépuscule.

    La Reine Arwen ferma les yeux sous la caresse un peu trop vive, et pourtant si agréable, du vaisseau d’Arien. Elle ne pensait jamais s’habituer à la rigueur des hivers en Gondor, et pourtant elle en avait traversé plusieurs centaines dans les jardins d’Elrond ou de Galadriel qui lui avaient parus d’une douceur exquise. Sa peau d’Elfe alors ne frémissait pas sous la brise violente, ni au contact de la neige…

    Entourée d’une petite compagnie de dames de hautes naissances, des épouses, des sœurs ou des filles de notables gondoriens, la Reine brodait patiemment, avec concentration mais non sans conversation.
    Avec savoir faire, elle faisait glisser entre ses doigts fins une délicate aiguille d’ivoire enchassée d’un fil d’or, piquant dans un geste précis, le tissu blanc nacré qu’elle tenait bien tendu.
    Le vêtement, ainsi amoureusement préparé, était destiné à son fils, le prince, pour les fêtes de Yule qui se déroulaient à la fin de ce mois. Parti depuis plusieurs jours vers le Nord, son cœur de mère doutait qu’il fût de retour avant l’année nouvelle et bien qu’elle s’en remettait toute entière aux paroles de son époux lorsque celui-ci affirmait qu’Eldarion ne courait aucun autre danger que ceux de la route, Arwen ne parvenait à trouver la quiètude d’un esprit en paix.

    Un tendre baiser vint effleurer sa joue et sa fille vint s’asseoir à ses côtés. Sans un mot mais avec un chaleureux sourire, l’adolescente se saisit de son nécessaire et imita toutes les dames de l’assistance. Allez savoir si ce fut pour se donner du courage ou pour en donner à toutes, Arwen ouvrit ses lèvres et laissa couler un chant ancien, enchanteur.
    Dans le flot de sa voix, on pouvait voir se dresser l’ancien monde et Vaïrë, la Tisseuse, qui faisait et défaisait le fil de la vie, de la mort, de l’histoire. Elle fut accompagnée en chœur par la Princesse qui avait entendu maintes fois ce lai pour le chanter avec aisance, et de quelques autres compagnes. Parmi toutes ces voix, celle d’Arwen était bien la plus claire et la plus limpide, sa bouche paraissait faite de cristal.

    Sa fille s’interrompit la première. Son regard avait été suspendu à l’autre bout de la pièce. La Reine en fut intriguée et leva la tête en cette même direction. Son chant s’évapora dans les limbes. La surprise la fit tressaillir et l’aiguille blanche qu’elle tenait mordit l’extrémité de son index.
    Une goutte de sang vint à y perler.
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Gandalf



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MessageSujet: Re: Les échos de Valinor [Gandalf]   Mer 24 Déc 2008 - 18:33

C'était le coeur plus léger que Gandalf avait quitté la salle du trône, ses inquiétudes pour un temps apaisées, lui laissèrent le loisir de prêter attention au chant des quelques colombes qui roucoulaient près des vitraux sous lesquels il passait. Il put même frissonner sous les vents mordants d'un hiver plutôt rigoureux.
C'était alors qu'il resserrait les pans de sa cape autour de lui, que le vent mena jusqu'à lui un chant diffus, lointain, mais qui n'était assurément pas totalement humain. C'était une voix d'Elfe, un chant elfique, que lui-même n'avait pas entendu depuis bien des lustres. En Aman peu d'Elfes avaient encore le coeur à chanter, pour beaucoup l'abandon de la Terre du Milieu était source de mélancolie, et bien que certains trouvassent le courage d'en faire quelques vers, la majorité s'abstenait, la plaie encore trop à vif.
Ce chant était beau, et il rappela au Magicien un temps qui n'était plus, et cela bien avant la Guerre de l'Anneau.

Il se souvint alors de ses obligations civiques, car il avait une personne encore à saluer au Palais, et il avait faillit oublier toute politesse avant que ce chant si pur vienne la lui rappeler. Il prit l'initiative de se guider grâce aux notes, et fut surpris, en se rapprochant, d'entendre d'autres voix, mais une en particulier, rivalisait de pureté avec celle de la Reine, une voix qui, bien que possédant les imperfections de l'humanité, réussissait à les transcender grâce à la noblesse elfique. Bien avant de l'avoir vu, Gandalf su qu'Arwen devait avoir une bien jolie jeune fille à ses côtés, car rien de mauvais ne pouvait sortir du sang des Elfes.

Il continua de s'approcher, et entra dans l'un des bâtiments, le chant provenait d'une fenêtre entre-ouverte, à l'étage, il eut tôt fait de gravir les marches qui le séparait de ce chant, de chaque côté d'une haute arche, dont les portes étaient ouvertes, deux gardes veillait à la tranquillité de ces dames, usant du peu d'autorité qu'il trouvait encore aux yeux des Gondoriens, il réussit à se faire introduire discrètement, restant dans l'ombre de l'entrée. Le poids des années semblait n'avoir qu'effleuré les traits gracieux d'Arwen, la rendant plus belle encore si cela était possible. Quant à sa fille, il était difficile de ne pas la reconnaître malgré ses cheveux d'or, un bien noble héritage de ses deux grands-mères, elle avait pourtant le même regard que ses parents, d'un bleu caractéristique.

Gandalf se tint là, silencieux, à observer les ressemblance entre la mère et la fille. Il n'avait pas même demandé de nouvelles à Aragorn, concernant sa descendance, bien qu'il se doutât qu'Elessar ait au moins eut un enfant depuis les vingt dernières années. Cela le remplissait de joie, d'avoir l'honneur de voir les derniers descendants des Numénoréens et des Elfes d'Imladris.
Puis la jeune fille, dont il ignorait encore le nom, leva la tête et l'aperçut, et le chant mourut dans sa gorge. Celui de sa mère suivit rapidement la même voie, quand celle-ci fixa son regard dans la direction du Magicien. Elle ne broncha même pas quand l'aiguille qu'elle tenait perça la peau de son pouce.

Le magicien choisit ce moment pour se révéler dans la lumière d'un rayon à l'angle bas, entamant une révérence qui l'amena presque à former un angle droit. Quand il se releva, ce fut avec un sourire plein de dents, et des yeux malicieux. Quand il parla, sa chaude voix résonna contre les murs de pierre blanche.


"Point n'a d'égal le chant d'Etoile du Soir, si ce n'est peut-être celui de ses enfants...
Pardonnez mon intrusion fort peu conventionnelle, Majesté, mais votre voix m'a enchanté et guidé jusqu'ici bien malgré moi..."

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Tindomiel



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MessageSujet: Re: Les échos de Valinor [Gandalf]   Ven 26 Déc 2008 - 17:37

    La goutte de sang grossisait à vue d’œil sur la peau diaphane de la Reine Arwen et Tindomiel, voyant l’ouvrage de sa mère ainsi menacé d’une tâche indélébile, se leva prestemment pour saisir un tissu et en entourer le doigt meurtri.
    La compagnie des dames s’était tue également et toutes observaient en plissant des yeux le vieillard qui se tenait dans le clair-obscur de la porte. Pour Arwen, nul besoin de fouiller dans sa mémoire pour retrouver ces traits si familiers et cette voix si prompte à remplir les âmes de chaleur et de courage. Elle se crut pourtant un instant trompée par ses yeux et ses oreilles. Les fantômes du passé la hantaient souvent et ils étaient nombreux, mais ils ne revenaient jamais des Terres Bénies : bien fou celui qui préférait les terres à l’est de la Grande Mer à l’herbe toujours verte des vallées d’Aman… Qui donc pourrait être aussi fou ?


    -Mithrandir…

    Sa voix éteinte se perdit dans un souffle. Tremblante, elle se leva de son siège pour avancer et s’assurer qu’elle n’était pas la victime d’un quelconque prodige. Tindomiel ôta son pansement de fortune et retourna de nouveau son attention sur l’inconnu en robe éclatante. Si elle n’avait été si proche de sa mère à l’instant où celle-ci prononça son nom, jamais n’aurait-elle pu imaginer ce que les prophètes même n’auraient oser prédire.
    A bien de hauts faits et aussi de légendes restait attaché le nom du Mage Blanc, longtemps Gris. En Gondor, ils étaient toujours nombreux ceux qui avaient pu voir sa silhouette drapée sur les murailles ou dans les ruelles de la Cité à l’époque de la Tour Sombre. Tindomiel avait entendu ces récits de bien des bouches et dans celle de son père, plus que dans toute autre, ces histoires prenaient corps et étoffe.
    A mieux y regarder, l’ombre qui se découpait dans le soleil couchant ressemblait en tous points aux portraits héroïques dressés dans les contes et cousus dans les belles et grandes tapisseries qui ornaient les bureaux du Roi ou la Salle des Trésors anciens. La Princesse que son rang n’autorisait point à connaître la timidité, demeura pourtant pétrifiée de stupéfaction et d’une crainte respectueuse.

    Arwen, elle, parvenue devant l’ami des jours anciens, se saisit de son poignet comme pour s’y retenir si ses jambes venaient à se dérober sous elle.


    - Jamais n’aurais-je pensé vivre ces jours et l’heure de vous revoir. Je croyais nos adieux d’il y a bien longtemps, éternels… _elle esquissa un sourire_ Faut-il que la Terre du Milieu soit plus douce et accueillante que Valinor ? Je ne le crois guère, bien que j’ai renoncé aux Terres Immortelles pour ma félicité et que je n’en regrette rien.

    La joie des retrouvailles passée, une ombre passa sur le visage de la Reine. En effet, Valinor était un lieu dont on ne revenait pas une fois que l’on avait goûté à son nectar. Mise à part la folie, que pouvait donc pousser le Magicien pour fouler de nouveau les chemins de la Terre du Milieu ? Sa réputation le précédait toujours et bien souvent le voir frapper à sa porte était signe de malheurs à venir.
    Arwen pâlit.


    - Les vents qui soufflent de nos terres vous sont-ils parvenus funestes jusqu’outremer ?

    Tindomiel qui n’avait rien entendu de cette dernière phrase se décida enfin à se défaire de sa torpeur et à parvenir jusqu’à l’illuste nouveau venu, comme se devait de le faire son obligée. Pour faire bref, elle n’en menait pas large au fur et à mesure qu’elle s’approchait de l’imposant Mage. Finalement, pleine d’humilité et de déférence autant qu'impressionée, les yeux résoluement baissés, elle s’agenouilla sur le sol dur et froid en signe d’hommage.
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MessageSujet: Re: Les échos de Valinor [Gandalf]   Dim 4 Jan 2009 - 19:31

Un sourire bienveillant, et bien vite la main qui retenait son poignet se retrouve au creux des siennes dans une poignée discrète mais sincère. Une petite pointe de magie, et sans qu'Arwen ne s'en rende compte, la piqûre n'est plus.
Gandalf eut un petit éclat de rire à l'évocation des verdoyantes contrées d'Aman. Aussi étrange que cela puisse paraître, le vieil homme commençait d'une certaine façon à se lasser des terres immortelles, peut-être plus, en réalité, de la compagnie des Elfes, qui bien que gens de qualités, sont trop enclins au silence.
Ecouter vivre la nature peut être passionnant, mais y passer des jours entiers n'était pas du ressort du vieux magicien, qui se souvenait de quelques fêtes où la bière coulait à flot et où la fumée des pipes montait en larges volutes vers des cieux plus calmes.


Gandalf était fatigué de prévenir le danger, mais pas de participer à la vie. La retraite en Aman était comme une sorte d'hibernation, agréable et reposante, mais sans grand amusement. Aussi sa réponse fut-elle surprenante.

"Les Terres Immortelles sont certes plus agréables, mais il n'y a qu'en Terre du Milieu que l'on fait de l'herbe à pipe digne de ce nom..."


Puis le visage si chaleureux d'Arwen essuya l'attaque d'une vague de pâleur. Après l'étonnement venait l'inquiétude, des émotions que le vieil homme avait trop souvent vu se succéder sur les visages qu'il croisait, une réputation dont il aurait préféré ne pas être affublé. Mais après tout, si personne n'endossait ce rôle, Sauron serait probablement assis sur le trône de Gondor, et l'ombre aurait déjà recouvert toute la Terre du Milieu.

Aussi vraies que furent les paroles de la Reine, Gandalf préféra ne pas dramatiser la situation. D'abord parce que pour l'instant, il n'avait absolument aucune idée de la nature de la menace. Ensuite parce qu'il voulait à tous prix éviter la panique. Lui-même trouvait son emportement, dans la salle du trône, un peu ridicule.


"Ah, j'ai parfois l'impression que si je ne viens pas souffler dans les bronches des Rois, ils ne bougeraient pas d'eux-même. Si vents funestes il y a, ils n'annoncent rien que nous ne puissions éviter...
Soyez sans craintes, je m'emploie à être au bon endroit au bon moment."


Il avait dit cela avec un sourire rassurant, même s'il savait que ce n'était pas grand chose. Puis son attention se reporta sur la silhouette fluette qui s'approcha, pour venir se poster au côté de sa mère. Elle était encore bien jeune, mais devait déjà faire chavirer le cœur de bien des jeunes garçons.
Lâchant la main d'Arwen, il se tourna vers la demoiselle, avant d'incliner légèrement la tête, en un signe de salut discret, il eut un clin d'œil malicieux au même moment.
Puis s'adressa à Arwen sans pour autant quitter la jeune fille des yeux.


"Arwen, je ne crois pas avoir le plaisir de connaître votre pupille, je serais enchanté de faire sa connaissance..."

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Tindomiel



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MessageSujet: Re: Les échos de Valinor [Gandalf]   Mer 14 Jan 2009 - 20:09


    Bien que protégée à l’abri de ses demeures maternelles et paternelles, Arwen avait connu ce monde agité de bien des guerres et de bien de conflits. D’aussi loin qu’elle se souvienne, les Valar, s’ils n’agissaient pas dans le cours des événements, trouvaient toujours un moyen de soutenir les enfants d’Eru, de leur faire parvenir un signe de leur amour et Gandalf avait jadis été l’un de ces envoyés dans l’attente du plus grand malheur qui devait frappé la Terre du Milieu depuis des siècles sinon des millénaires.
    Outre le malheur du monde, Arwen avait été personnellement éprouvée comme chacun et chacune, elle avait beaucoup risqué, beaucoup perdu de la résurgence de Sauron. Mais plus encore avait-elle gagné avec sa chute.
    Son corps et son esprit désormais mortels ne parvenaient plus comme autrefois à percevoir les changements dans l’ordre des choses, dans l’équilibre précaire entre le bien et le mal et cela faisait naître une grande angoisse dans son cœur car autrefois clairvoyante, elle allait presque aveugle et sourde dans le cours des événements.

    Malgré les palpitations de son cœur inquiet, les sages paroles du Mage parvinrent à l’apaiser pour un temps. Une femme, même autrefois Elfe, demeure une femme et si elle se trouvait pour le moment rassurée du danger, elle s’enquérirait dès le soir auprès du Roi, son époux s’il consentait toutefois à lui répondre, car il n’y avait aucune autre âme qu’elle ne pouvait mieux sonder que la sienne.

    Sentant la large et chaude main de Gandalf quitter la sienne, la Reine sortit de leur conciliabule d’initiés et esquissa un sourire en le voyant parler de sa fille. Elle faillit presque s’étonner des paroles de l’Istar qui avouer ne point connaître l’enfant, mais en vérité comment aurait-il pu, lui qui avait pris la Mer peut-être avant même qu’Arwen porte Eldarion en son sein ?
    Sa progéniture était pour Arwen, comme pour toute mère, un sujet d’inextinguible fierté. La preuve vivante qu’elle n’avait pas fait fausse route et que les Valar avaient bénis la troisième union des Elfes et des Hommes. Dans leur visage, elle voyait tout à la fois la solidité et la profondeur de leurs racines, tout son passé et l’esquisse du futur.


    - Notre cadette, Tindomiel. Qui pourrait croire que deux autres la précèdent alors qu’il me semble que je la voyais naître seulement hier. Voyez comme vous êtes bien trop longtemps absenté de nos vies, mais pas de nos cœurs, cher ami.

    Arwen sourit chaleureusement tandis que Tindomiel osait enfin relever les yeux vers ce héros de jadis. Aurait-elle pu contempler de la sorte un Beren ou un Eärendil qu’elle n’aurait pas sentit différemment ses membres trembler, ses joues s’empourprer et la voix lui manquer.
    Son cou était tendu et crispé, sa respiration lui était rendue difficile : elle n’avait pas prévue une si grande émotion, ni de garder la tête courbée si longtemps, avant de passer sa plus jolie parure de gorge. Si elle avait su…

    Elle articula tout de même, sans toutefois pouvoir détacher ses yeux de cendres du messager, happés de fascination :


    - Votre humble, dévouée et perpétuelle servante.

    Sa mère, la première surprise passée semblait plutôt bien s’accommoder du retour de ce revenant de Valinor, mais pour Tindomiel c’était voir un livre de conte et de fables prendre vie sous ses yeux. Et franchement, elle trouvait sur le moment que la plus haute salutation qu’il lui ait été donné de connaître, réservée aux hôtes les plus éminents, faisait alors bien pâle figure…

    Alors qu'elle se relevait enfin de sa prosternation déférente, le voile précieux qui coiffait sa tête dorée à la mode gondorienne s’écarta d’un pan, révélant un trésor bien plus grand que la fille de Pierre-Elfique.

    Tindomiel, de toute la stature de ses jeunes quinze années, fut étonnée de constater que le Mage, contrairement au produit de son imagination, n’était en fin de compte guère plus grand que le Roi, peut-être de la taille d’un Elfe et que rien ne la poussait à le craindre.
    C'est que les Grands semblent bien plus imposants lorsqu'ils sont vus d'en-bas...

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MessageSujet: Re: Les échos de Valinor [Gandalf]   Jeu 19 Fév 2009 - 16:13

Encore une fois, le magicien eut un sourire rassurant, l'espièglerie emplissant ses pupilles. La remarque de la jeune fille n'était pas tombée dans l'oreille d'un sourd, la perpétuité pouvait être très, très, très longue en la compagnie d'un Istar. Alors que Tindomiel relevait la tête pour enfin observer ostensiblement son invité, Gandalf ne manqua pas de remarquer sa beauté, une jeune fille qui ne manquerait pas de faire chavirer les cœurs, ses cheveux d'or parfaitement coiffés, son visage gracieux, et ses traits fins étaient agréables. Gandalf détailla ce visage sans même s'en rendre compte, appréciant plus que de raison cette beauté mêlée de Numénor et d'Imladris. C'est dans son observation de la nuque fine et délicate de la jeune fille que le vieux magicien remarqua un objet dont, plus encore que les traits de Tindomiel, il ne put décrocher son regard. Une magnifique parure sertie de pierres vraisemblablement précieuses.

Il répondit à Arwen d'un air détaché, les yeux rivés sur le collier, chaque parole lui faisait froncer un peu plus les sourcils, dans une expression suspicieuse.

"Deux autres... Vraiment?... Croyez bien que je ne m'absente jamais avec le baume au coeur, et même à Valinor toutes les pensées étaient tournées vers vous... Je ne sais... Dites-moi, d'où tenez-vous ce collier jeune demoiselle?"

Il s'était subitement redressé et venait de river ses yeux d'un bleu limpide dans ceux, d'un gris magnifique, de la princesse du Gondor. Plus de sourire, plus d'espièglerie, mais une sorte d'inquiétude mêlée d'incompréhension. Gandalf ne plaisantait plus, il avait retrouvé son air grave, et semblait avoir vieillit de vingt ans en quelques secondes.

Gandalf avait eut, l'espace d'un instant, l'image fugitive d'un collier identique, fidèle reproduit sur les pages jaunies et poussiéreuses d'un vieil ouvrage. Il ne savait dire de quoi exactement parlait l'ouvrage, ni précisément où il avait pu lire cet ouvrage. Cela remontait à bien longtemps, bien avant la guerre de l'Anneau.
Bon sang, où avait-il pu voir ce collier?

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MessageSujet: Re: Les échos de Valinor [Gandalf]   Mer 29 Avr 2009 - 0:02

    Tandis qu’elle se relevait sans bruit, le soleil agonisant faisait glisser des vagues de rayons d’or sur la pierre millénaire, bien plus vieille que le frêle petit cou qui la portait, bien plus vieille encore que les pierres blanches qui l’abritaient. La peau blanche de la demoiselle de Gondor se paraît ainsi de vert et de lumière et la faisait paraître peut-être un peu irréelle, sinon issue d’un autre temps et d’un autre monde. N’avait-elle que quinze étés, ainsi drapée par les illusions de la nature, elle revêtait toute l’allure d’une statue des jours anciens, réchappée de quelconque naufrage.

    Tindomiel ne vit pas son regard s’attarder avec insistance sur sa gorge, elle se trouvait bercée par le vieux souvenir, lacunaire, d’un lai à Elwing qui s’envola au dessus de la mer portant le Silmaril à son cou.
    Etait-ce la présence du Mage qui apportait avec elle tant de réminiscence si anciennes et si fortes et pourtant d’un passé inconnu ?
    Alors qu’elle luttait pour se souvenir des paroles du poème, elle s’entendit répondre à une question qu’elle ne se souvenait pas avoir jamais entendu.


    -Nai nostor anna…*

    Arwen tourna vivement la tête en sa direction, l’air interdit.
    La jeune fille fronça les sourcils, contrariée de sa propre réponse. Elle n’avait, en soi, pourtant rien d’incongrue, ni le ton d’irrévérencieux.
    Leur trouble mutuel venait de l’accent qui avait tinté la voix de la princesse. Elle pratiquait, d’une part, assez rarement l’ancienne langue quenya des Elfes, hormis peut-être avec son aïeule du Bois d’Or, histoire de faire bonne impression. De plus, lorsqu’elle parlait elfique, plus humaine qu’immortelle, elle ne s’efforçait jamais à prendre un accent parfait. Or, celui avec lequel elle avait dit ces quelques petits mots, aussi courts fussent-ils, n’avait aucune imperfection ni dans l’intonation, ni dans les liaisons, ni dans le flux. La langue des Eldar avait beaucoup muté ces derniers Ages en Terre du Milieu, elle s’était nourrie de ses rencontres avec les autres peuples, de ses mélanges, avait évoluée comme tout langage vivant. Cet accent là était depuis longtemps perdu, et s’il se rencontrait encore, ce n’était ni dans la Maison d’Elrond, ni même dans la compagnie de Galadriel…

    Comme le regard de l’Istar demeurait fixement sur ce bien qui lui était à la fois cher et doux, Tindomiel passa la main sur l’émeraude chaude et vibrante et répéta en langue commune cette fois, une fissure dans la voix qui trahissait son émotion :


    -Oui, c’est un présent que j’ai reçu à Imladris. S’il ne m’avait été offert justement, jamais n’aurais-je songé à porter un si bel ouvrage, que je crois fort ancien…

    Elle esquissa un bref sourire, qui creusa ses joues avec deux petites fossettes, avant de refermer sa bouche pâle et de baisser de nouveau les yeux. Depuis l’entrée du Magicien, c’était les seuls mots qui étaient sortis à peu près naturellement de sa gorge et encore c’était pour parler parure, rien de bien sérieux voyons… !



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