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 Au bord de la fontaine

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Maeghad Arthír



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MessageSujet: Au bord de la fontaine   Sam 7 Fév 2009 - 22:09

Ce matin-là, l'air était doux, mais un vent froid et âpre avait glissé sur Fondcombe, et jouait comme un enfant bruyant dans les bannières de la Maison Simple. Les arbres, dérangés dans leur repos, gémissaient et crissaient en s'étirant dans tous les sens. De nombreuses fleurs abandonnaient leurs manteaux d'arc-en-ciel en laissant filer leurs pétales à travers les cieux en ébulition. Rares étaient les Immortels qui d'aventure s'étaient hasardés à sortir de chez eux. Si peu après l'aube et dans des conditions climatiques si peu engageantes, ils préféraient de loin rester encore un peu au couvert de leurs intérieurs douillets.

Et nombreux parmi les elfes d'Imladris étaient ceux qui repensaient avec joie et surprise des événements de la veille au soir. Le retour de la reine Celebrían... C'avait été la fête, c'est sûr! En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, le paysage quelque peu mélancolique de la vieille vallée elfique s'était mué en guirlandes, feux d'artifices, chants, rires et cris de liesse. La soirée s'était terminée lorsque la Soleil avait pointée à l'horizon, rappelant chacun à sa vie ordinaire.

Pourtant, un petit quelque chose semblait avoir changé. Et c'est à cela que songeait Maeghad, tandis qu'il offrait son visage nu à la giffle du vent déchaîné. Debout au milieu d'une allée qui mènait vers une fontaine ouvragée, le vieil elfe se laissait enivrer avec délices des odeurs mèlées que cette froide bourrasque emportait avec elle. Il les reconnaissaient toutes: le jasmin dont la floraison s'achèverait d'ici un jour ou deux, les hêtres droits aux troncs rugueux, le piquant âcre -effluve haïe...- des feux de bois encore vert, l'humidité légère si étrange que le nez averti sent peu avant la pluie.
Tout cela, il le synthétisait en une constation plus amusée qu'amère: l'hiver pointerait bientôt le bout de son nez.
Mais ce matin-là, l'air charriait bien d'autres choses. Un peu de fatigue se lisait dans l'ambiance morne alentour, la tension pesait encore sur ses épaules voutées, et tout alentour s'exhaltaient des senteurs inhabituelles, de roses fraîchement coupées et de banquets somptueux, d'herbe piétinée, de chevaux en sueur et de sucre candi. Et puis, l'oduer, l'odeur à la fois fraîche, salée, et terrible de la mer, qui n'avait pas voulu quitter ses narines depuis que la Reine l'avait amenée à lui...

Maeghad avait profité sans ménagements de sa soirée. Laissant son éternel ami blond à ses paternelles occupations, il avait entrainé quelques jeunes apprentis avec lui, et avait passé de longues heures à rivaliser avec le souvenir des lumières de fêtes que savait tirer l'innoubliable Gandalf. Bleues, rouges, vertes, simples rondes ou explosions, ou scènes merveilleuses de contes de fées entièrement retranscrites en camaïeu de lumière dans les cieux obscurcis, il n'avait rien su de son oeuvre, sinon, les commentaires et les cris de surprise des spectateurs ébahis. Malgré son air appliqué, presque refrogné, lorsqu'il vérifiait d'une main experte les mèches et installait de complexes dispositifs de tir, l'elfe aveugle souriait et riaient intérieurement. Il adorait ravir les yeux des autres, et tirait une joie profonde des compliments de ses semblables.
Imladris et sa Reine méritaient le plus beau des spectacles, et son perfectionnisme poussé à bout le leur offrit. Il leur devait bien cela.
Et lorsque, épuisé mais satisfait, il revint parmi ses congénères pour partager des bribes de repas et de conversations, il ne manqua pas d'encore les amuser, armé d'un goblet et d'une boulette de pain qu'il s'amusait à faire disparaître, et s'évertuait à faire ré-apparaître aux endroits les plus cocasses.

Finalement, trop excité peut-être, il n'avait pas dormi, seulement somnolé, perdu au rivage qui sépare les rêves de la réalité, et ce durant quelques heures à peine. Il n'avait pas résisté plus longtemps à l'appel du vent et des jardins, s'était habillé, et élancé à leur rencontre.
A mesure qu'il s'approchait de la sculpture de marbre cracheuse d'eau, il avait senti, d'abord à peine, puis de façon nette, une présence elfique, accoudée probablement au bord de la fontaine. Pas vraiment curieux, il finit par s'avancer un peu, et reconnut à son odeur et au bruit infime de sa respiration son ami. Glorfindel devait rêvasser, il ne l'avait pas entendu venir...
Léger comme un elfe peut l'être, Maeghad se glissa jusqu'au rebord de la fontaine et s'y assit délicatement.
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MessageSujet: Re: Au bord de la fontaine   Dim 8 Fév 2009 - 17:05

Glorfindel n’avait pas cherché le sommeil après les festivités de la veille. Il avait rit avec les autres, avait contemplé avec un émerveillement non feint les splendides feux d’artifice de son éternel ami Maeghad, avait écouté et regardé la fête toute sa durée. Son esprit ne l’avait plus taraudé de ses si récents remords et il était redevenu Glorfindel le conteur pour l’amusement de Imladris, de son seigneur et de sa dame. La fête finie et les elfes regagnant leurs quartiers et leurs occupations, Glorfindel avait gardé comme l’ombre d’un sourire au coin des lèvres.

Il se sentait comme enivré, comme après chacun de ses contes et il ne serait retourné à son état larmoyant précédant pour rien au monde.

Il s’était baladé seul avec les arbres calmes durant une éternité avant de comprendre qu’une histoire germait dans son esprit. Un conte de fête, de rires, de retrouvailles mais aussi de larmes et de tout ce qui pouvait allumer de ces étincelles merveilleuses dans les yeux des enfants.

[size=12]Ses pas le menaient à présent en seuls maîtres car son esprit était ailleurs, parmi les personnages qui s’esquissaient dans son esprit. Il laissa les personnages l’emmener dans le rythme doux de ce nouveau conte… Cela faisait bien longtemps qu’il n’avait plus conté et ce sentiment merveilleux qui l’étreignait lui rappelait ses jeunes années. C’est ainsi qu’il était lorsqu’il sentit son ami de toujours s’asseoir à ses côtés sur la fontaine.[/size]

Il reprit conscience de l’endroit où il était et du vent sur son visage. Il sourit et quelques instants passèrent.

Maeghad avait certainement profité de la fête autant que lui. Une bourrasque fit jouer ses cheveux dans l’air. Comment n’avait-il pas senti ce vent plus tôt ? Un jeune elfe passa sous ses paupières en riant, pourchassé par un jeune homme et un autre elfe. Ils étaient si vivaces à présent, il pouvait sentir leurs noms encore inconnus éclorent à ses oreilles. Suiadan, oui, c’est ainsi que se nommerait le premier…

Revenant une fois de plus à la réalité grâce à une bourrasque particulièrement violente, il se souvint de la présence de Maeghad à ses côtés.

- Quelle fête…

Ces deux mots pouvaient résumer entièrement tous les sentiments qu’il redécouvrait.
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Maeghad Arthír



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MessageSujet: Re: Au bord de la fontaine   Dim 8 Fév 2009 - 22:25

Le temps s'étira en instants interminables. Glorfindel rêvassait profondément... Maeghad, inconsciemment, sentit son propre esprit couler vers les abices sans fin de ses plus lointains souvenirs.

La mer... Solitaire, toute-puissante et infinie étendue de saphir et de diamant, plus forte que le fer de n'importe quelle lance, transperçant sans ménagements les corps et les coeurs.
Le vieux Noldo se rappelait, ses yeux aveugles fermés, et son visage offert à l'indélicate caresse du vent, des remous et des vagues hautes des temps de tempêtes, du visage des vagues en colère, et de leurs frèles embarcations, si légères et si fortes de milles espoirs, fendant les embruns comme un oiseau glissant sur les nuages.

La voix, lointaine et absente, de son ami Vanya le fit sortir de sa torpeur. Sans savoir si Glorfindel le regardait, il inclina légèrement la tête en signe d'acquiescement. Puis, par réflexe et habitude plus que par nécessité, il tourna sa tête dans la direction du son et braqua son regard vide dans les yeux de son interlocuteur.


"Je ne vous dérange pas? Vous sembliez perdu dans vos pensées, et je n'aurais en aucun cas voulu..."

Il laissa sa phrase en suspens, mais haussa légèrement les épaules et guise de points de suspension.
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MessageSujet: Re: Au bord de la fontaine   Dim 22 Fév 2009 - 23:03

Glorfindel haussa les épaules puis exprima à haute voix ce que son ami ne pouvait voir.

- Je ne faisais que rêvasser.

Que pouvait-il faire d'autre ? Il lui semblait que le temps s'était arrêté depuis le retour de la dame Celebrían. N'avait-il pas de travaux en retard à faire ? N'avait-il pas de tâche urgente que son coeur vagabon avait oublié ? Il sourit.

Il en vint à se demander ce qu faisait le forgeron dehors lorsqu'une bourrasque encore plus violente que les autres lui ébouriffa les cheveux.


- Et vous mon ami ? Qu'est-ce qui a bien pu vous pousser à sortir par un temps pareil ?

[réponse rapide avant Copenhague pour ne pas te laisser en plan... Bizz de là-bas et bonnes vacances ! ]
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Maeghad Arthír



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MessageSujet: Re: Au bord de la fontaine   Lun 2 Mar 2009 - 0:12

[D'accord, honte à moi, je ne t'ai pas répondu pendant ton absence! Mais bon, tout le monde n'est pas en vacances!]

Le haussement d'épaules fut loin de passer aussi innapperçu qu'on aurait pu le croire. Les sens affutés de Maeghad le devinèrent à demi, et il lui arracha un haussement de sourcils amusé.

Rêvasser... Une occupation qui seyait tout aussi bien à l'ancien conteur qu'à l'antique forgeron. Antique forgeron qui se contenta pour toute réponse d'un léger mouvement des lèvres qui pourrait s'apparenter à un sourire.

Quant à ce qu'il fabriquait dans le coin... C'était une bonne question, et à ce titre, ce fut à lui de hausser les épaules.


"J'ai connu bien pire temps, et vous aussi, je pense." remarqua-t-il d'un ton légèrement amer.
"Et je trouvais le chant du vent se matin plus mélodieux que franchement hostile. Sa présence entrainante berçait mes insomnies. Peut-être est-ce le temps qui passe part trop sur moi, mais j'ai beaucoup de mal à dormir, ces derniers mois."


Il parlait d'un ton badin, calme et sans intonations particulières, éternellement fidèle à lui-même et à son austérité légendaire. Sa physionomie n'exprimait pas grand-chose, sinon sympathie et respect qui étaient les sentiments qui le liaient au seigneur Vanya.
Tranquillement, il se laissa glisser jusqu'à n'être appuyé que du bout des fesses sur le rebord de la fontaine, et laissa sa main droite s'aventurer timidement à la surface de l'eau. Par réflexe, il cligna des paupières lorsqu'une goutelette passa à toute vitesse devant son visage, puis, il darda son regard vide sur Glorfindel.


"Ou alors, il y a quelque trouble dont je ne sais encore rien..."

Etait-ce une sorte de question, demandant à son ami s'il en savait plus, une intime conviction basée sur les rêves d'un esprit torturé ou une calme affirmation de celui qui en a déjà trop vécu? Lui seul le savait...
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MessageSujet: Re: Au bord de la fontaine   Sam 9 Mai 2009 - 13:27

Désolée, je suis passée par une petite (grande?) période où je n'avais pas trop le temps et pas trop d'inspiration surtout. Mais je suis de retour ! Very Happy Je te réponds dans la semaine.
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MessageSujet: Re: Au bord de la fontaine   Mar 12 Mai 2009 - 22:05

Glorfindel sentit ses sourcils se froncer. Un trouble ?
Il n'avait pas laissé son coeur penser à cela, la journée avait été trop joyeuse... Pourtant, si même le forgeron le pressentait, il devait bien l'admettre lui-aussi : il devait se tramer quelque chose.
Il songea à ses pensées joyeuses, à son conte qui ne demandait qu'à pouvoir bourgeonner dans le flot tumultueux de son imagination... Il avait laissé cela l'endormir.
Un trouble. Sans doute des échos leur en viendrait, les seigneurs Elladan et Elhrohir reviendraient bien un jour.


- Cela se pourrait... Beaucoup de choses se peuvent en cet âge.

Il sourit.
Il était retourné à sa rêverie. Oui, il avait estimé que ces quelques précieuses secondes de bonheur et d'insouciance étaient un trésor avant les temps qui allaient suivre. Le forgeron l'avait pressenti, lui l'avait deviné, ces temps étaient trop calmes et trop heureux.


Il retrouva le rythme doux et lent des chants et des contes et ferma les yeux.

[hey, premier post depuis longtemps, tu m'en voudras pas si j'ai un peu perdu la main. Wink )
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Maeghad Arthír



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MessageSujet: Re: Au bord de la fontaine   Mer 3 Juin 2009 - 23:35

La réponse lacunnaire de son ami plongea Maeghad dans la perplexité. Voilà que même le fougueux Glorfindel s'encroûtait!
Empêchant son compagnon de retrouner rêvasser paisiblement, le vieux forgeron se leva d'un bond, avec un petit 'floc' et éclaboussure de circonstance.


"Voilà une façon bien facile de parler des choses sans rien en dire!

Une chose me parrait certaine en cet âge, c'est que nous nous endormons!
Oú sont donc les grandeurs des elfes d'antan? Sommes-nous devenu si vieux qu'il nous faille marcher avec la béquille des Seconds-Nés?
Où sont notre fièrté, notre honneur, notre courage? Toutes ses valeurs qui ont fait de nous un peuple de légende? Faudra-t-il donc que la légende devienne mythe, et que nous mourrions tous pour conserver notre postérité?
Serions-nous condamnés à ne devenir que des personnages de contes et de romans? A n'être plus que de pâles reflets de fantômes, dormant dans ses contes que vous aimez tant raconter? Et quand vous et les vôtres auront eux aussi disparu, perdu dans les limbes de la mort et de l'oubli, qui sera encore là pour transmettre notre histoire?

Voilà ce que je crains: l'abîme. Le néant. Pire que la destruction: l'oubli.
Voilà à quoi ce fameux "âge des Hommes", duquel il fait bon pour les Belles Gens de se retirer comme des chiens couards qui fuient, la queue entre les jambes, voilà à quoi il nous mènera.
Pire que la mort: ne même plus jamais renaître dans un souvenir.

Est-ce là votre désir? Et quand le vent se mettra à hurler, annonceur de calamités, resterez-vous assis, là, à regarder les péatles des roses s'envoler et la fontaine s'assècher?
Ou alors, pire, partirez-vous? Que dis-je, fuierez-vous, comme tous les autres le font alors qu'ils sentent monter les tensions? Prendrez-vous la mer, Glorfindel de Valinor, pour retrouver la chaleur de votre foyer et la douceur des autres alors que des eaux en furie engloutiront jusqu'au derniers vestiges de la civilisation elfique? Vous rendrez-vous sans combattre? Tendrez-vous, une fois de plus, une main consciliante aux Valars et à leurs promesses, sans réfléchir, en toute naïveté?

Vous et moi savons ce que c'est la souffrance, et nous avons déjà beaucoup vécu et enduré pour avoir gagné à la force de nos bras notre liberté et notre petit lambeau de terre et de bonheur. Et on devrait se les laisser enlever pour laisser d'autres vivre? Et plus même, des humains!
A d'autres, si vous voulez mon avis!

Mais peut-être, à la mesure de bien des choses qui se passent sur ces maudits rivages désertés des dieux, que celui-ci n'ait déjà plus aucune importance pour vous."


Il en avait peut-être trop dit.
Peut-être...
Mais il n'y avait qu'avec son ami aux cheveux d'or qu'il pouvait se permettre une telle franchise, quoiqu'il ne l'avais jusqu'à présent jamais osé.
Voilà qui était dit...
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MessageSujet: Re: Au bord de la fontaine   Lun 15 Juin 2009 - 17:50

[eh t'as remarqué, je te réponds moins d'un mois après ton post !! Ce jour est à marquer dans les annales :happy1
Et autre chose, c'est pas super cohérent mais je l'ai écrit quand j'avais pas internet et donc pas ton texte exact... whistle Et j'ai eu le flemme de tout re-changer. ]

Glorfindel observa un instant son ami avant de répondre, une lueur surprise dans le regard.
Lorsque sa voix claire passa ses lèvres, elle était calme et douce.


- Réaction bien vive, mais je comprends votre colère...
Pour répondre à votre question : oui je m’en irai si c’est ce qu’on attend de moi.
J’observe comme vous notre terre et je connais la place des miens dans l’Histoire. Mais pour cette fois, j’estime que c’est aux grands de ce monde de choisir la marche à suivre.

Je me suis battu pour cette terre – sur cette terre, j’y ai tous mes souvenirs, tous mes espoirs… Mais elle a été à d’autre avant notre venue et elle sera à d’autre après nous même si les nuages de tempête foncent sur nous à présent.
Nous sommes elfes et nous bravons déjà les lois des vivants par notre nature, nous avons fait notre temps sur cette terre même si je ne désire pas plus que vous la quitter.

Mais, s’il y a bataille, j’y irai sans remord et me battrai avec conviction.
Comprenez néanmoins que lorsqu’une guerre commence à poindre, les instants comme ceux-ci sont ceux qui auront le plus de valeurs à nos yeux quand le temps des combats sera terminé. J’aimerais me rappeler, si guerre il y a, du vent et de l’eau dans notre dos à cet instant. J’aimerais me rappeler de ma fille qui m’est revenue.


Il regarda un instant son ami, conscient qu’il avait dévié sa question mais son point de vue était trop complexe pour l’expliciter dans un seul cadre.

- Parfois, avant le trouble, il est bon d'avoir eu des moments de calme.

Mais je dois avouer toutefois que vous avez raison dans votre idée. Nous nous sommes battus, nous avons œuvré tant et tant et pourtant, nous laissons notre œuvre aux humains. Si cela se produit, il est certain que nous entrerons dans les légendes pour ne plus en sortir si seulement le chaos ne règne pas en ces terres...

Notre civilisation ici est pour moi une des plus belle chose au monde. Mais, et cela vous le savez, j’ai une famille qui m’attend et dont j’ai été longtemps séparé. J’ai été père et conteur avant d’être le conseiller et guerrier que vous voyez. Je suis également aux ordres du seigneur Elrond. Si lui décide de partir, je ne pourrez m’opposer à sa décision.

Mon sort ne dépend pas que de moi, c’est pourquoi je préfère dire « nous verrons au moment opportun ».
Qui sait ? La fierté elfique va peut-être se relever comme vous le désirez si ardemment et cette conversation nous paraîtra alors bien lointaine alors que nous défendrons notre bien.
Je n’ai pas encore assez d’éléments pour me faire une opinion exacte, toutes les cartes n’ont pas encore été jouées…


Il baissa les yeux. Il comprenait la colère de Maeghad et il songeait à son véritable rôle. Se pouvait-il que Eru aie encore des desseins pour lui ainsi que Mandos le lui avait confié avant de le renvoyer à cette terre ? N’avait-il pas déjà joué son rôle dans cet Âge ?

Il cessa de se questionner et reporta son attention sur Maeghad.
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Maeghad Arthír



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MessageSujet: Re: Au bord de la fontaine   Sam 25 Juil 2009 - 23:43

[Je venais donc de t'écrire une super réponse, quand, juste avant d'envoyer, je suis allé à la toilette, et, en rallumant mon pc passé en veille, j'ai malencontreusement cliqué sur "réactualiser"... Donc, je m'en vais bouder, et je réécris ça demain!]
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Maeghad Arthír



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MessageSujet: Re: Au bord de la fontaine   Sam 8 Aoû 2009 - 23:10

[Reprenons... Grmblbl...]

Maeghad ne semblait pas prêt de décolérer. Les poings serrés et sa grande silhouette dressée dos au soleil levant, il était pour une fois impressionnant, lui qui d'habitude faisait si bien profil bas.
Il écouta la réponse de son ami sans broncher, muré dans son courroux aussi aveugle que lui, se contentant juste de détourner légèrement la tête vers la fin.

Des images revenaient à son esprit, lointaines et brouillées, ravivant en lui la douleur de ce qu'il avait vécu. Combien sur cette terre, combien le connaissaient vraiment?
Oui, c'était un fait: son temps était passé depuis longtemps. Il avait déjà trop fait, trop souffert, trop fait souffrir. Et pourtant, comme un vieillard humain qui ne se résigne pas à mourir, il tenait bon face à l'évidence avec une obstination toute elfique.
Pourtant, quand il reprit la parole, il se força de maitriser son timbre, faisant trembler sa voix d'une émotion contenue.


"Guerres, batailles et souffrances: c'est toujours de cela qu'il s'agit. N'est-il donc pas possible à une honnête elfe de vivre enfin en paix, sur la terre qu'il a choisie pour demeure?
C'est facile pour vous de parler ainsi, avec confiance, avec foi, d'un avenir doux et paisible. Vous êtes aimé des Valars, et une famille vous attend. Là-bas, vous avez une vie qui vous attend. Vous ne faites que retourner chez vous après un long voyage.

J'envie votre courage à tourner le dos à ce que vous avez vécu, et votre force à imaginer toujours le meilleur. Moi, cela fait longtemps que j'ai abandonné ma fièrté, loin d'ici, sur les rivages d'Aqualondë, pour devenir un survivant.
On nous a tant promis monts et merveilles: nous sommes un peuple élu, enfants d'Eru dont la bonté nous aurait gratifié de tous les dons. Mais, mon ami, excuse-moi si je blasphème, mais je ne crois plus à tout cela.
S'il y avait réellement un dieu pour nous soutenir, où est-il? Où était-il lorsque nos armes se sont levées face à nos frères? Quel être est-il pour faire montre de si peu de compassion et de compréhension? Ou alors n'est-il qu'un père possessif, nous gardant prisonnier sur une île paradisiaque avec ses messagers pour geôliers? Dans ce cas-là, permettez-moi d'être le fils rebelle. Je ne crois plus à ses promesses. Je me suis déjà fait trop d'illusions.

Je veux vivre, Glorfindel. Vivre, par moi-même, sans que, par tous les Maiars, quelqu'un croie encore pouvoir décider à ma place. J'ai trop obéi et voilà où j'en suis: aveugle et sans ressources autres que celles de la mendicité auprès des grands de se monde, je marche vers votre salut qui sera ma chute. Encore une fois, je suis le dindon de la farce.
Je veux bien être imbécile, mais pas naïf. Vous irez où vous voulez, vous et les autres, mais sans moi. Quitte à mourir, au moins, je mourrai là où je suis né, où j'ai vécu et où j'ai été."


Quelques instants, une douce aura d'autorité refit de Maeghad l'ancien, respectable et porteur du souvenir des Arbres, qu'il était. Sa colère lui avait rendu sa fièrté.
Mais, comme un rêve, tout s'évanouit aussi vite que c'était venu, et il se laissa tomber sans délicatesse sur le parapet de la fontaine. Ses mains frisonnèrent une dernière fois au contact froid de l'eau, et il se passa une rasade sur le visage pour effacer les derniers souvenirs de sa colère.


"Je me suis laisser emporter.
Oubliez cela."


Il n'y avait aucune conviction dans sa voix ni dans son ton monocorde. Le vieux forgeron fit mine de se lever et de s'en aller d'un pas raide, se forçant pour ne pas se retourner.
Se retourner pour quoi? Il ne voyait de toutes façons ni le visage, ni les pensées de son vieil ami.
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MessageSujet: Re: Au bord de la fontaine   Ven 14 Aoû 2009 - 0:40

Enfin rentrée de vacances, je te réponds bientôt.
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MessageSujet: Re: Au bord de la fontaine   Mar 1 Déc 2009 - 21:57

Ca fait longtemps !!

Je n'arrive pas à trouver le temps pour te répondre pour le moment, peut-être pendant les vacances de Noël, mais bon, je crois que je vais arrêter bientôt définitivement.

Voili, tout ça pour te dire d'attendre encore, , désolée.
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MessageSujet: Re: Au bord de la fontaine   Aujourd'hui à 21:05

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