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 A l'ouest du Rohan - en plein hiver [Maegaldar]

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Braeghid Brise-de-Feu



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Metier : Apothicaire ambulante, écrivain publique, barde, cuisinière, etc.
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MessageSujet: A l'ouest du Rohan - en plein hiver [Maegaldar]   Jeu 8 Avr 2010 - 23:09

[ /!\ Attention, les évènements relatés ici se passent deux ans avant la chronologie du forum, soit en 13QA. /!\ ]

« J'ai froid... » gémit Braeghid en frottant ses mains l'une contre l'autre. De ses lèvres bleuies s'échappaient un continuel nuage de vapeur, car le claquement de ses dents l'empêchaient de les tenir fermées. C'était sans doute l'hiver le plus froid qu'on ait connu en ces terres, de mémoire de barde itinérante. Dans les villages, on se plaignait des graines qui devaient avoir gelées sous terre et des juments dont les chaleurs seraient retardées par un temps pareil.
La jeune femme portait une chemise et un pantalon de toile, par-dessus lequel elle avait passé une tunique de laine, au dessus de laquelle elle avait enroulé sa couverture, bricolant une attache à l'aide de deux aiguilles et d'un peu de fils.
Les cieux étaient gris et bas, presque blancs. Il avait neigé un mois auparavant, mais il faisait désormais trop froid et les plaines du Rohan se couvraient d'étangs de glaces et de routes verglacées. Sur ces chemins glissants et désertés se traînait la Brise de Feu, prise au dépourvu par la soudaine baisse de la température. La jeune femme errait, comme à son habitude. Elle avait escompté rallier un petit village de sa connaissance, mais les chutes de neige, de fortes pluies et maintenant ce froid glacé avaient visiblement effacé les tracés connus.

Là où aurait du se trouver une pierre marquant un croisement, un arbre était tombé; et la rousse se retrouvait désormais à avancer dans un paysage désolé où plus rien ne lui était familier. Voyons... Il y avait toujours la masse sombre de Fangorn à l'horizon et elle n'avait pas passé l'Entalluve; elle se trouvait donc quelque part dans l'Ouest Emnet, mais un quelque part qu'elle n'aurait pas su pointer sur une carte. Cela l'ennuyait beaucoup, car ses provisions s'amenuisaient et si elle ne croisait personne pour troquer quelque aliment, elle allait devoir chasser. Braeghid était certainement la pire chasseuse de toute la Marche réunie, il eut presque été plus efficace de chercher des racines dans cette terre plus dure que les murs de la Moria.
A bout de force, la rousse décida de s'arrêter pour la nuit. Elle était au bord d'une sorte de route et choisit de camper là. Peut-être le feu arrêterait-il quelqu'un, qui se montrerait assez bon pour échanger quelques herbes ou poèmes contre un peu de nourriture ? Elle n'avait rien à perdre à essayer. Dénudant l'arbre mort en dessous du quel elle s'était installée, elle alluma un feu de camp à un mètre ou deux de la route. Les craquements du feu et sa lueur joyeuse lui mirent un peu de baume à l'âme; bien que depuis deux semaines, sa couverture de nuit ne la quittait plus.

Braeghid n'avait plus assez d'eau pour faire de la soupe, mais assez pour étancher sa soif pendant encore quelques jours. Elle coinça sa gourde entre deux pierres près du feu, pour en dégeler le contenu, et s'appliqua à faire griller deux des légumes séchés qui lui restaient. Maigres chères lui donnaient une triste mine, mais elle s'appliqua à ne pas désespérer. Allons, allons, du nerf ! C'était la vie qu'elle avait voulu, même si elle n'osait plus enlever ses bottes de peur de voir tomber ses doigts de pieds. C'était la vie qu'elle avait choisi, même si son estomac grognait et que ses joues s'amaigrissaient à vue d'œil.
Sûrement, le destin serait plus clément le lendemain...
Elle emmitoufla du mieux qu'elle pouvait devant le feu et attaqua son premier légume. Derrière l'épaisse couche de nuage, le soleil devait être en train de se coucher... Quelle triste nuit en perspective !

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Dernière édition par Braeghid Brise-de-Feu le Mer 21 Avr 2010 - 15:56, édité 2 fois
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Maegaldar Anertoar



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MessageSujet: Re: A l'ouest du Rohan - en plein hiver [Maegaldar]   Ven 9 Avr 2010 - 21:09

Dans ce paysage désolé la jeune barde itinérante n'était toutefois pas seule à se battre contre les éléments. Sur une petite colline à quelques centaines de mètres de son campement improvisé un homme accroupi scrutait l'horizon. Enveloppé dans un manteau sombre, la tête cachée sous une profonde capuche il ne se détachait guère du paysage morne. Les derniers éclats de lumières laissés par le soleil disparu s'éteignaient peu à peu, laissant place à la froide obscurité de la nuit.

En vérité le voyageur n'était guère heureux de la tournure des évènements. Longue avait été la traque de son dernier petit gibier qui devait faire office de repas du soir, et la nuit était tombée bien trop vite. Il n'avait pu trouver de refuge pour la nuit et le bois était trop lointain. Or passer la nuit sans feu pour se réchauffer était une extrémité qu'il voulait éviter. La température descendrait encore de plusieurs degrés et les longues heures précédant l'aube se révéleraient bien douloureuses. D'autant plus qu'il ne pouvait pas se permettre de marcher à l'aveuglette pour se réchauffer sous les étoiles. Sa connaissance du pays était très limitée et il avait malgré cela une destination bien précise à atteindre. D'autant plus que le ciel couvert voilait totalement la lueur des étoiles.

En vérité il avait déjà repéré depuis quelques temps ce qui semblait être le seul combustible disponible à guère moins d'une lieue de sa position, mais à en juger le feu naissant qui se détachait sur la nouvelle pénombre il devinait sans peine que cette place était déjà occupée.

Accroupi sur sa position surélevée il était en train de se résoudre à passer outre sa réticence, et à s'approcher du campement du ou des inconnus. Mais le voyageur était un homme méfiant et prudent.
Patiemment il avait soigneusement repéré le terrain environnant grâce aux dernières lueurs du jour. Il voulait être capable de se déplacer dans toutes les directions malgré l'obscurité sans encombre. Au cas où la situation se révélerait dangereuse.

Alors que l'obscurité s'étendait définitivement sur la plaine il se redressa finalement, une main posée machinalement sur la garde de l'épée qui se devinait sous les chauds vêtements dans lesquels il se trouvait emmitouflé.
Il commença son approche, en toute discrétion. Les habitudes ont la vie dure. La méfiance aussi.

Aussi fut-ce sans grand bruit qu'il se rapprocha du feu de la voyageuse itinérante. Il s'arrêta à une cinquantaine de mètres du campement et,tranquillement caché par la nuit sans étoile, conscient que la lueur du feu empêcherait de toute façon l'inconnue de le voir, il s'assura qu'elle était seule.

Alors et alors seulement il s'avança et se découvrit peu à peu, renonçant à toute discrétion de façon à ne pas surprendre trop abruptement la femme qu'il apercevait.
Sans qu'il n'en ait beaucoup conscience son apparition n'avait pas de quoi être très rassurante. Haute silhouette sombre encapuchonnée qui sortait de la noire nuit, il aurait tout aussi bien pu passer pour un bandit ou autre vagabond peu enclin à des sentiments fraternels.

Tel n'était toutefois pas son dessein, et ce fut calmement qu'il salua son interlocutrice.


"Bonjour à vous, Madame.
Puis-je partager votre campement ? La nuit promet d'être rude et je crains de n'avoir trouver nul autre abri que le votre pour me réchauffer."


La voix était grave et quelque peu lasse, mais restait amicale. Le voyageur restait debout à quelques mètres en retrait du feu, observant la réaction de son "hote", les mains tranquillement croisées devant son bassin. Il ne voulait nullement se montrer envahissant aussi gardait-il une certaine distance afin qu'elle puisse se faire à l'idée de son arrivée sans se sentir agressée.
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MessageSujet: Re: A l'ouest du Rohan - en plein hiver [Maegaldar]   Sam 10 Avr 2010 - 0:56

Le froid et l'immobilité engourdirent rapidement Braeghid, qui somnolait lorsque le Rôdeur parvint à sa hauteur. Ses yeux étaient mis-clos et sa lèvre pendante. Elle avait presque lâché son repas, qu'elle ne tenait plus que d'une main mollassonne. Dodelinant de la tête, elle semblait prête à s'endormir. C'était en effet le cas et elle sursauta légèrement lorsqu'une voix mâle et inconnue vint troubler le calme glacé de ses rêveries pré-sommeil. Elle leva vers l'Homme des yeux déjà ensommeillés qu'elle frotta d'un mouvement vif, frissonnant au contact de l'air sur la peau de ses mains.

Ce qu'elle vit l'inquiéta un peu.
On ne voyage pas seule sur les routes sans croiser de drôles de personnages, mais celui-ci était assez effrayant. Grand et sombre dans les ténèbres montantes, sale et le visage masqué; rien qui ne laissait prédire un joyeux compagnon d'infortune pour les heures à venir. Mais la jeune femme avait déjà croisé les Rôdeurs du Nord plus d'une fois, alors qu'ils allaient d'Eomer à Aragorn et inversement, inlassables voyageurs. Ils étaient tous plus ou moins bâtis sur le même modèle, grands hommes très bruns aimant les histoires d'autrefois, la bière naine, l'herbe à pipe hobbite et trancher de l'orc en fines lamelles. Elle les aimait bien, quoiqu'il fut certain qu'ils ne vivaient pas dans le même monde, eux et elle – ceux avec lequel elle avait le plus parler avaient laissé percer un machisme primaire mêlé à une légère paranoïa, qui leur faisaient dire qu'une femme seule sur les routes était soit inconsciente, soit désespérée (soit une princesse Elfe, mais ceci est une autre histoire).

Pour Braeghid, donc, il y avait deux sortes d'hommes sombres, au visage caché et errant dans les landes par des temps impossibles à la seule force de leur épée : les Rôdeurs et les déséquilibrés. Au vu de la prestance de l'Homme, de sa politesse et du ton égal de sa demande, elle en avait conclu qu'il faisait parti de la première catégorie. Encore un dont il allait falloir faire des pieds et des mains pour apprendre autre chose qu'un bête surnom...

Si ces réflexions peuvent sembler longues, il ne faut pas oublier que notre amie avait très froid, qu'elle était seule dans un pays qui lui semblait d'un coup très hostile et qu'une certaine habitude de la route la rendait elle aussi très méfiante envers les inconnus – surtout les grands noirauds armés d'une épée.
Enfin, la jeune femme cligna des yeux, réalisant qu'elle le fixait sans mot dire depuis peut-être une bonne demi-minute.
« Ah, excusez-moi ! » S'écria-t-elle, puis, réalisant qu'elle s'était trompée de langue, se répéta en Westron. « Excusez-moi, monsieur, je suis désolée. Je vous en prie, approchez, vous devez être glacé !» La jeune femme était assise sur deux grosses branches qu'elle comptait balancer dans le feu avant d'aller se coucher; poussant un gros caillou près du bois, elle le désigna à l'inconnu comme siège improvisé. « Les nuits sont froides dans le coin, évitez de vous asseoir par-terre. » Précision inutile, elle s'en doutait bien, mais son cerveau ne retrouvait qu'à peine son plein régime.

« Avez-vous déjà mangé ? Je peux vous offrir un navet ou une betterave grillée. C'n'est point très bon, mais c'est tout ce que j'ai, avec de l'eau qui doit maintenant être buvable. » Ce disant, elle retira sa gourde des pierres chaudes où elle l'avait laissé : l'eau avait en effet dégelé, mais bien que le cuir de la flasque était presque chaud au toucher, le liquide était glacial. Elle en avalant tout de même une gorgée, en grimaçant, puis la tandis au Rôdeur. Sur la Route, la solidarité devait primer. Elle espérait que l'Homme partageait ses convictions humanistes; elle se sentirait sinon un peu bête et obligée de lui demander.

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MessageSujet: Re: A l'ouest du Rohan - en plein hiver [Maegaldar]   Dim 11 Avr 2010 - 12:08

Le silence s'appesantit longtemps. Avait-elle du mal à émerger de son demi sommeil? Était-elle effrayée? Ou répugnait-elle simplement à partager son campement avec un voyageur inconnu ? Autant de questions qui traversèrent l'esprit patient du dunadan tandis qu'il attendait la réponse. Mais celle-ci vint bientôt avec une sorte d'empressement qui amusa secrètement le voyageur.

Pleine de sollicitude l'inconnue avait accepté de "l'accueillir". Il la remercia d'un signe de tête et se dirigea à l'endroit même qu'elle lui avait suggéré, tant pour ne pas la froisser que parce que c'était tout simplement l'endroit le plus indiqué.

S'accroupissant, il fit glisser de son épaule son sac de voyage et le posa doucement sur le sol. Faisant rouler ses épaules pour en détendre les muscles enfin libérés du poids qui les alourdissaient, il rabaissa sa capuche, laissant libre cours à ses longs cheveux noirs. Son regard gris vint alors se planter dans celui de son interlocutrice.


"Je vous remercie, mais n'ayez crainte il ne vous sera pas nécessaire de sacrifier vos vivres."

Joignant le geste à la parole il ouvrit son sac et en sortit un paquet soigneusement enveloppé dans une épaisse peau d'une couleur et d'une texture surprenantes. Il le posa sur le sol et en sortit les cadavres de deux lapins fraichement chassés, dont la chaleur avait été conservée grâce à leur étrange emballage dans lequel ils avaient été conservés. Saisissant un long baton pointu accroché sur le côté de son sac il entreprit d'embrocher solidement les deux animaux et de les maintenir au dessus du feu afin d'en soigner la cuisson. Il l'installa à bonne hauteur à la force du bras, le sol gelé était de toute manière trop dur pour planter des bouts de bois qui auraient éventuellement pu soutenir la brochette géante.

Il jeta un regard vers son hôte pour observer sa réaction à cette vue, et à l'odeur qui s'en dégageait inévitablement, ajoutant négligemment.


"J'espère que vous permettez." en montrant le feu qu'il utilisait.

Les gouttes de graisses qui tombaient déjà dans le feu grésillaient joyeusement, chantant bien chaleureusement aux oreilles des voyageurs. Car si ce repas s'apparentait à un festin à cette période de l'année, le dunadan non plus n'avait pas coutume de manger à sa faim ces derniers-temps.
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Braeghid Brise-de-Feu



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MessageSujet: Re: A l'ouest du Rohan - en plein hiver [Maegaldar]   Lun 12 Avr 2010 - 0:02

Braeghid reposa sa gourde, son interlocuteur semblant ne pas s'y intéresser. Alors qu'il en profita pour s'asseoir et dévoiler son visage, elle l'observa – sans chercher à se cacher, lui-même ne se gênant pas pour la fixer. Homme d'un âge indéfinissable, aux cheveux noirs et aux yeux gris, il confirma son appartenance au Peuple de l'Ouest. Il avait la carrure d'un guerrier de pieds mais ses mouvements notaient une certaine adresse ; sans compter qu'il était armé, et pas qu'un peu.

«  - Je vous remercie, mais n'ayez crainte il ne vous sera pas nécessaire de sacrifier vos vivres.
- Soit... »

Cette allusion à la nourriture rappela à la jeune femme qu'elle avait un navet un peu trop cuit dans les mains et elle entreprit de le finir au lieu de détailler impoliment l'étranger. Elle n'avait plus vu de face humaine depuis plusieurs jours et en perdait gravement ses manières.
Alors qu'elle achevait, en deux bouchées adroites, le légume insipide, son interlocuteur ne perdit pas son temps. Il sortit d'une étrange besace deux animaux et les mit à cuire. Braeghid, curieuse, en profita pour se saisir du tissu qui avait empaqueté les animaux. Autant que ses mains sorties de la couverture servent à quelque chose. Il était presque tiède, à la fois doux sous les doigts mais résistant et très opaque, comme une sorte de peau. De quel animal, la rousse n'aurait su le dire.

« Qu'est-ce donc ? » Demanda-t-elle en lui montrant la peau. « Excusez-moi, je n'ai pas pu m'empêcher de jeter un œil. » Ajouta-t-elle en souriant.

Bon, l'homme n'avait pas l'air d'être un grand bavard, mais il restait encore quelques heures avant que la jeune femme ne s'écroule de sommeil ; et elle ne comptait pas les passer dans un silence pesant.

« On m'appelle Brise-de-Feu, et vous ? Je viens de plus loin à l'Est, je cherche un hameau que j'aurais déjà du dépasser... J'ai du me perdre, mais c'est étrange, je croyais très bien connaître la route. Et vous ? Si ce n'est pas très indiscret, bien sûr... »

Pendant qu'elle parlait, le fumet des lapins monta dans l'air. La graisse et le feu chantèrent, réveillant son estomac qu'elle croyait éteint. Ceci produisit un grognement immense, mais qu'elle n'entendit pas ; car quand l'odeur lui était venue au nez, elle avait progressivement tourné la tête vers le gibier, sans cesser de parler. Les flammes se reflétèrent un instant dans ses yeux verts et elle interrompit brusquement son bavardage pour se frapper le front du plat de la main.

« Je sais ! » S'écria-t-elle.

Elle cherchera avec fièvre dans son propre barda, sortant de nombreux petits pots de terre cuite et de nombreuses petites bourses de tissus. La plupart semblait bien vide. Certains étaient marqués en leur centre de lettres communes, ou de signes, ou d'un motif entouré d'un cercle, mais la plupart ne se différenciait de leur semblable que par une longue habitude. La jeune femme en sélectionna trois d'une main, pendant qu'elle « rangeait » - remettait en vrac – les autres dans son sac de toile renforcée de cuir.

« Du sel et des épices ! » Expliqua-t-elle en ouvrant les petits bocaux. Ils semblaient tous bien bas, car en effet elle n'avait pas eu l'occasion d'en racheter ou d'en ramasser depuis bien longtemps.
Sans attendre de réaction de la part du Rôdeur, elle s'empressa de parfumer les deux lapins.

« Retournez-les... Voilà... Merci. C'est toujours mieux, avec des épices, vous ne trouvez pas ? »

Comment son humeur arrivait à se réchauffer dans une telle situation, elle-même n'en savait rien. Mais parler lui plaisait beaucoup et la perspective de manger de la viande lui plaisait deux fois plus. Le plaisir de sa conversation était de toute façon tout ce qu'elle pouvait offrir en échange de ce repas inespéré.

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MessageSujet: Re: A l'ouest du Rohan - en plein hiver [Maegaldar]   Mer 14 Avr 2010 - 20:56

Si la voyageuse itinérante avait perdu ses manières du fait qu'elle n'avait pas croisé face humaine depuis plusieurs jours, il semblait bien, ainsi qu'elle en avait eu l'intuition, que son vis à vis ne faisait guère d'effort pour retrouver les siennes. D'un calme silencieux il s'affairait, impassible, à leur futur repas. Toutefois cela ne diminuait pas pour autant sa vigilance, et lorsque Braeghid se saisit de son bien à la texture si étrange il eut un regard brusque sur son mouvement, assez vif pour en être surprenant.
Se tempérant il la libéra rapidement de son attention, bien conscient qu'elle n'était pas malintentionnée. Elle semblait simplement curieuse, étonnamment à l'aise dans cette situation qui aurait pourtant eu de quoi en embarrasser plus d'un. Elle était sans doute accoutumée aux voyages et aux rencontres de la route. Et puis sa curiosité se justifiait tout à fait car l'animal qui avait fait don malgré lui de cette peau passerait sans aucun doute pour exotique dans ces contrées ci.

A son excuse accompagnée d'un sourire il répondit par un léger hochement de tête, lui signifiant bien qu'elle était libre de l'examiner à sa guise.


"Il s'agit de la peau traitée d'un fauve vivant dans de lointaines contrées à l'Est."

Sa réponse était presque nonchalante, comme s'il parlait d'une chose qui n'avait rien de surprenant.

Mais décidément la compagnie qu'il avait ce soir-là était non seulement curieuse mais également bavarde et enjouée. Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas eu de compagnon volubile et la longue solitude des voyages, si elle fait oublier les bonnes manières, finit fatalement par peser sur le marcheur solitaire.
Aussi s'installa-t-il plus confortablement, tenant toujours la broche d'une main, et s'exécuta-t-il plaisamment lorsqu'elle voulut assaisonner leur repas. Il en était d'ailleurs tout à fait ravi, bien que cela ne se voit pas sur son visage guère rieur. Il eut pourtant l'extrême bonté d'accorder ce qui pouvait le plus ressembler à un sourire à la jeune femme en réponse à sa dernière question.

Sur cette bonne lancée il se détourna des lapins au profit de cette dernière et lui répondit finalement, bien qu'avec une légère hésitation.


"Je m'appelle.. .Maegaldar. Cela faisait tellement longtemps qu'il n'avait pas prononcé ce nom qu'il lui semblait être celui d'un étranger. Il poursuivit néanmoins après un temps de silence.
"En vérité mon but et le vôtre semblent en tout points semblable car je recherche également un petit hameau isolé dans cette région du Rohan. Je ne suis toutefois guère coutumier du lieu et je crains d'avoir quelques difficultés à atteindre mon but, quoique ce ne doive plus être bien loin. J'espérais pouvoir questionner des fermiers ou éleveurs de la région."

Il s'attarda encore un instant le regard plongé dans les yeux de la barde avant de jeter un coup d'oeil pensif alentour. Son regard avait quelque chose d'étrange. Direct et vigilant, il pouvait en gêner certains par sa fixité et son intensité.
Mais malgré cela il n'y avait pour l'instant dans ses yeux gris scrutateurs qu'une franche honnêteté, dure mais non agressive ni vicieuse.
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Braeghid Brise-de-Feu



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MessageSujet: Re: A l'ouest du Rohan - en plein hiver [Maegaldar]   Lun 19 Avr 2010 - 13:57

[ Désolée, semaine assez chargée ^^; ]

Le visage sévère et les manières un peu brusques de son compagnon de veillée n'effrayaient pas Braeghid. Elle avait trop froid et mettait désormais trop d'attente dans ce repas de viande pour se laisser désemparer par un homme un peu sec. Les flammes qui léchaient le gibier faisaient maintenant monter un fumet irrésistible dans l'air de la nuit. Si les ténèbres s'étendaient désormais autour d'eux, le feu les réchauffaient et leur redonnaient l'espoir.
L'atmosphère avait beau s'être embellie, il y avait tout de même quelque chose qui inquiétait la rouquine. Elle ne savait pas trop pourquoi et n'arrivait pas à mettre un doigt sur une formulation précise de ce sentiment. Se secouant doucement sur son siège improvisé, elle décida de garder son pressentiment secret pour l'instant.
Après avoir rangé ses nombreux pots et ses nombreuses bourses, elle couvrit ses mains de la besace du rôdeur. Un fauve vivant à l'Est, hein ? Elle se demandait à quoi est-ce qu'il pouvait bien ressembler... Peut-être un museau très fin, comme un renard ou un lévrier ? Ou alors une bête immense, dont ce sac ne serait qu'une infime partie ? La rousse rêvassa un instant de cet animal inconnu, l'imaginant couvert de tâches, courant dans des plaines inexplorées, puis la voix rauque de l'étranger la ramena sur Arda.

«  - En vérité mon but et le vôtre semblent en tout points semblable car je recherche également un petit hameau isolé dans cette région du Rohan. Je ne suis toutefois guère coutumier du lieu et je crains d'avoir quelques difficultés à atteindre mon but, quoique ce ne doive plus être bien loin. J'espérais pouvoir questionner des fermiers ou éleveurs de la région.
- Mmh...  »

Braeghid était un peu embêtée. Elle aurait pu penser être la seule à s'être perdue, s'en vouloir et se reprocher l'inconstance de ses visites dans la région. Mais si même cet homme, qui semblait être un professionnel du voyage, s'était égaré, alors les choses n'allaient plus du tout. Mais qu'est-ce qui se passait, dans le coin ?

« Hé bien, nous devrions nous trouver à moins d'une lieue du hameau dit de l'Arbre-de-Fer. Le forgeron y est un ami à moi et c'est lui qu'il l'a fabriqué, cet arbre en fer forgé. Le problème... C'est que j'aurais du dépasser ce hameau au plus tard hier matin et que je n'en ai trouvé trace nulle part. Je n'ai aucune idée de ce qui se passe ici ; on dirait qu'en l'espace de quelques années, tout a changé. »

Un loup hurla au loin. La rohirrime sursauta. L'hiver était froid, mais quand même !

« Depuis quand est-ce qu'il y a des loups dans ces terres ? » Demanda-t-elle d'une petite voix, où perçait maintenant plus la peur que le froid.

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MessageSujet: Re: A l'ouest du Rohan - en plein hiver [Maegaldar]   Mar 20 Avr 2010 - 13:40

« Hé bien, nous devrions nous trouver à moins d'une lieue du hameau dit de l'Arbre-de-Fer. Le forgeron y est un ami à moi et c'est lui qu'il l'a fabriqué, cet arbre en fer forgé. Le problème... C'est que j'aurais du dépasser ce hameau au plus tard hier matin et que je n'en ai trouvé trace nulle part. Je n'ai aucune idée de ce qui se passe ici ; on dirait qu'en l'espace de quelques années, tout a changé. »

Une moue un brin déçue apparut sur les lèvres du vagabond. Il avait espéré que cette jeune femme rohirrime pourrait l'aider quant à la direction à adopter. Malheureusement il n'était pas le seul à être plus ou moins égaré.
Et elle avait sans doute raison. Ce pays avait dû changer. Certes même au temps où il le parcourait il n'était guère sillonné de routes et autres voies pavés bien dessinées, mais au moins croisait-on régulièrement des sentes tracées par l'usage que chevaux et hommes en faisaient. Mais le rude hiver semblait avoir tout déformé. Il était bien difficile de reconnaitre les sentes les plus pratiquées, celles qui logiquement devaient relier les hameaux entre eux, des autres plus discrètes et moins utiles au voyageur.
Et ce qui n'arrangeait rien à cette situation était la désertification des terres. Il n'avait depuis longtemps ni croisé ni même aperçu âme qui vive. L'hiver était rude oui, mais pour autant les paysans et éleveurs rohirrims auraient du arpenter leurs terres périodiquement pour diverses tâches. Étaient-ils donc dans une région du Rohan à ce point déserte?

Toutes ces pensées avaient défilé très rapidement dans l'esprit du dunadan. Ainsi fut-ce à ce moment que le hurlement du prédateur à quatre pattes se fit entendre. La seule réaction notable du rôdeur fut de froncer légèrement les sourcils en jetant un coup d'œil appuyé sur les environs obscurs. Un loup hurlant en plein hiver la nuit ? Quoi de nouveau là dedans ? Les loups étaient sans doute affamés et lui même cuisaient de la viande fraiche au dessus d'un feu. Tant que ce-dernier flamberait bravement il n'y aurait rien à craindre.

Aussi ne fut-ce que lorsqu'il se retourna vers le feu et Braeghid qu'il se rendit compte qu'il se passait quelque chose d'anormal. Elle était visiblement apeurée. Plus que ne l'aurait du être une voyageuse aguerrie. Soit il s'était trompé et elle n'était pas si aguerrie que ça, soit...


« Depuis quand est-ce qu'il y a des loups dans ces terres ? »

Soit il s'agissait là d'un évènement inhabituel. Vérifiant d'un regard qu'ils avaient assez de combustible pour entretenir un bon feu tout au long de la nuit il entreprit de lui répondre le plus paisiblement possible.

"Vous en savez sans aucun doute plus que moi qui ne suis pas d'ici sur ce sujet.
S'il n'y a pas de meutes habituellement dans les environs, ils doivent venir des montagnes pour trouver du gibier. Gibier qui se fait rare, même ici en plaine.

Le feu les tiendra à l'écart s'il brule avec assez d'éclats. Nous avons assez de bois pour tenir toute la nuit.
La seule autre chose à faire est d'éviter de s'éloigner de cette protection. Ils vont se rapprocher de nous."
Il désigna les lapins du menton. "On les a immanquablement attirés."

L'assurance et la tranquillité qu'il montrait volontairement étaient destinées à rassurer la jeune femme. Ce qui ne l'avait pas pour autant empêché d'être tout à fait franc sur la compagnie dont ils allaient être entourés.
Quant à lui, même s'il n'était pas trop inquiet, il avait retrouvé toute sa vigilance et avait déjà entrepris de rationner mentalement les quantités de bois disponibles pour tenir jusqu'au matin. Ce danger n'était pour le moment pas si menaçant, mais il suffirait de faire une erreur pour que les loups en profitent sans hésiter. Et affronter une meute de loups affamée en pleine nuit dans un terrain n'offrant aucun défense naturelle et sans feu, n'était pas précisément une situation qui offrait beaucoup de chances de survie.

Quant à leur gibier ils étaient désormais suffisamment cuits. Il retira la broche du feu, posant leur repas sur un pierre à côté de lui. Soulagé de pouvoir reposer son bras il lui fit faire quelques assouplissements afin d'en libérer la tension.

Négligemment il retira la tissus noir qui recouvrait le carquois qu'il portait toujours en travers de son dos. Il posa soigneusement son arc à ses côtés de façon à pouvoir s'en saisir rapidement et sortit d'un fourreau une dague bien entretenue avec laquelle il commença à découper les morceaux de viandes récupérables sur les carcasses amaigries des lapins qu'il avait chassé.
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Braeghid Brise-de-Feu



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MessageSujet: Re: A l'ouest du Rohan - en plein hiver [Maegaldar]   Mer 21 Avr 2010 - 16:04

Braeghid se resserra dans sa couverture, nullement rassurée par la réaction du Rôdeur. Oh, si, n'exagérons pas – elle était mieux de savoir son compagnon calme et sûr de lui plutôt que paniquant à son tour – mais la présence de loups dans l'Ouest Emnet, même au cœur de l'hiver, était tout de même assez effrayante. Suffisamment pour lui glacer l'échine – et les paroles réconfortantes de Maegaldar n'y changeaient pas grand chose. Les seuls loups du Rohan habitaient dans les monts de l'Emyn Muil, la chaîne de montagne entourant les Chutes du Rauros, au delta de l'Anduin – à des dizaines de lieues à l'est de leur position. Il était impensable que des loups soient descendus autant à l'ouest. Cela l'était en tout cas pour Braeghid, dont le mauvais pressentiment se transformait peu à peu en crainte réelle.

Oh, bien sûr, elle n'ignorait pas qu'avec le feu, ils seraient en sécurité – les bêtes n'oseraient de toute façon pas les attaquer, à moins d'être vraiment affamés. Et la rousse espérait qu'ils ne l'étaient pas, vraiment affamés ; parce que si on allait par là, elle aussi l'était ; et pourtant, elle ne comptait pas aller les attaquer, eux ! Son raisonnement un peu absurde sur l'absence de bonnes manières des quadrupèdes carnivores la fit sourire intérieurement. Si elle réussissait encore à penser ce genre de bêtise, tout espoir n'était pas perdu. Il suffisait qu'elle garde son calme et qu'elle profite de la chaleur et de la viande. Car pendant que notre amie occupait ses mains nerveuses à poser, là comme ça, son épée à ses côtés et à resserrer sa ceinture sur ses hanches fermes, le Dunedan n'avait pas perdu son temps.

Les carcasses ainsi découpées dégageaient une odeur si alléchante que la jeune femme en oubliant un instant les loups et leurs appels. Ceux-ci se rappelèrent bientôt à sa mémoire, mais elle ne dit rien cette fois-ci. Par deux fois, un loup cria, loin, au nord ; et par deux fois, un autre sembla lui répondre, d'encore plus loin, à peu près dans la même direction. Mais les doigts agiles de la Brise-de-Feu s'étaient déjà saisis des premiers morceaux de viande découpés par le Rôdeur et elle mâchait avec appétit.

« Bon appétit ! » Dit-elle joyeusement, la bouche pleine. Toute crainte semblait s'être effacée de son visage. C'était ainsi que marchait ses humeurs, souvent inconstantes : elle appréciait toutes les joies de la vie, même les plus infimes, même dans les moments les plus sombres. Elle remarqua que l'arc du Rôdeur était désormais à portée de main, mais, naïvement, elle n'y porta pas une grande importance.
« Ch'est bon de manger ! » Continua-t-elle, en se léchant les doigts. Ses manières avaient la franchise des gens de peu, alliée avec la sorte d'aisance naturelle qu'ont en toute circonstance les gens habitués à la scène. « De la viande ! On ne se rends compte de l'excellence de son goût que lorsqu'on en manque.» Une petite pause, occupée par des bruits de mastication. « Sinon, on n'a pas vu de loups par-ici depuis les wargs de l'Isengard, il y a quinze ans de ça. Les loups du Rohan viennent de l'est des Montagnes Blanches ou de l'Emyn Muil. C'est assez loin, d'où mon étonnement. »

Elle se tut un instant, son regard se perdant dans les différentes couches de ténèbres qui les entouraient. Puis, comme si elle se décidait soudainement, elle frappa une fois dans ses mains et se retourna vers le Rôdeur en souriant.
« Dîtes ! Je ne suis jamais sortie du Rohan. Parlez-moi des pays de l'Est ! »

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MessageSujet: Re: A l'ouest du Rohan - en plein hiver [Maegaldar]   Ven 30 Avr 2010 - 20:34

Tout en s'affairant le dunadan avait remarqué le mouvement de la jeune femme avec son épée, et il en avait profité pour lancer un coup d'œil intéressé à l'état de l'arme. Sans être une lame de grande qualité elle avait l'air d'être en assez bon état et surtout montrait des marques d'usure. Intéressant. Il était possible que la voyageuse sache se défendre. Après tout, même en temps de paix ce devait être nécessaire pour qui voyage seul. Notamment quand cette personne est une femme.
Ceci dit l'absence de crainte, ou presque, quand elle l'avait vu arriver semblait indiquer que si bandits il y avait en Rohan, ils devaient être peu nombreux et discrets. Tant mieux... Il était agréable de voir que les terres de l'Ouest n'étaient plus soumises à une lutte sanguine.

Les loups hurlèrent, à nouveau.

Le vagabond redressa la tête, scrutant de ses yeux plissés l'origine des hurlements. Une seule direction. Et assez lointaine. Ils n'étaient pas trop près et surtout ils ne les encerclaient pas. Pas encore du moins. Avec un peu de chance ils trouveraient une autre proie, leur laissant passer une nuit paisible.
Ces signaux avaient permis au dunadan de repérer la position présumée de la meute, direction qu'il mémorisa soigneusement.

Il reporta son attention vers la viande pour voir Braeghid entamer sa part. Ce en quoi il entreprit de l'imiter en hâte. Malgré son calme apparent il était véritablement affamé.

Répondant d'un grognement d'assentiment à ses joyeuses remarques, il l'écouta avec grande attention lorsqu'elle aborda la question des loups. Çela n'était pas bon.
Il ne manquerait plus qu'il se passe quelque chose d'anormal...
Et elle avait sans aucun doute raison. Ils étaient bien trop loin de l'est des Montagnes Blanches ou de l'Emyn Muil pour que les prédateurs canins soient simplement en quête d'un repas.

Dévorant avec délice la viande agréablement assaisonnée, le rôdeur réfléchissait furieusement aux raisons potentielles qui pourraient expliquer la présence des animaux lorsque sa compagne d'infortune reprit la parole.

Réfléchissant quelques secondes, il lui répondit finalement avec un haussement d'épaules.


"Il y aurait beaucoup à dire et je crains de n'être point un bon conteur.

Pour la plupart, les pays de l'Est sont durs et sauvages, répartis en territoires que se disputent des clans plus ou moins puissants. Certains en même devenus des royaumes, d'autres se contentent d'accueillir des tribus nomades.
Ce sont souvent des terres de violence où la vie est rude, où la liberté est violente, bien qu'on puisse tout aussi bien y trouver des parcelles d'une beauté impétueuse.

Hélas en ce qui me concerne je n'ai connu guère que le côté sordide et sanguinaire. "


Il n'y avait même pas de regret dans cette voix. Il énonçait simplement une vérité qu'il avait accepté, et qui semblait être sinon son lot quotidien du moins un milieu familier.

Ce disant il arrangea distraitement la position du fourreau de son épée. Jetant un regard mauvais aux environs obscurs, il nourrit le feu d'une brassée de bois pour le faire repartir de plus belle. Il était sur le qui vive, n'ayant aucune envie de devoir offrir l'hospitalité à des compagnons à quatre pattes.

Le regain de luminosité offert par le feu les illuminait le campement d'une soudaine lueur claire. Tout en nettoyant avec les dents des os incrustés de lambeaux de viande pour ne rien en perdre avec la simplicité du voyageur, Maegaldar profita de cette nouvelle lumière pour observer la barde itinérante de son regard perçant...
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MessageSujet: Re: A l'ouest du Rohan - en plein hiver [Maegaldar]   Mer 5 Mai 2010 - 0:26

MJ

Nul ne savait ce qui avait bien pu pousser une petite meute de loups à s'aventurer aussi loin de leurs terres, ce qui était certain en revanche, c'est que leur apparence faisait froid dans le dos. Littéralement affamés par le dur hiver qui s'abattaient sur eux, ils n'avaient plus que la peau sur les os. Leurs yeux noirs et malsains brillaient dans leurs orbites enfoncées et leur museau fin et maigre faisait paraître leurs dents plus proéminentes et féroces que d'habitude. Leur dernier repas digne de ce nom remontait à quelques jours en arrière et les bêtes erraient à présent sur les plaines inconnues du Rohan à la recherche du moindre animal à dévorer. Peu habitués à la présence des hommes, ils avaient hésité longtemps avant de s'approcher d'habitations qui laissaient s'échapper des odeurs enivrantes qui les obsédaient. Cependant la faim les avaient enhardis petit à petit et ils avaient finalement menés une attaque chaotique dans plusieurs villages de la région. Parfois ils réussissaient à se mettre sous la dent un bout de viande juteux, mais la plupart du temps, ils étaient tout simplement mis en déroute et chassés, le ventre encore un peu plus vide. La rumeur de leur venue s'était ainsi propagée dans plusieurs hameaux, les poussant à s'enfoncer un peu plus dans le royaume des Rohirrims.

Les loups, fatigués et à l'air hagard, traînaient donc leur carcasse décharnée à travers les plaines verglacées et glaciales sans grand espoir de trouver quoique ce soit à se mettre sous la dent lorsque soudain, une vague odeur fit frémir leurs narines. Ce n'était là rien de précis, simplement un léger fumet qui venait percer le froid mordant de l'hiver pour les réveiller. Ils avaient beau être faibles, ce parfum les raviva d'un coup et ils se concentrèrent instantanément sur sa provenance. L'un d'eux, le chef, lança un hurlement de contentement et activa son pas. Impossible pour eux de courir sans puiser dans leurs dernières réserves. Mieux valait y aller doucement et garder ce qu'ils pouvaient d'énergie s'ils devaient effectuer une attaque. Ils pressèrent donc simplement le pas quelques minutes avant de faire une nouvelle halte. De nouveaux hurlements surgirent alors qu'une lueur se voyait à présent au loin. C'était de là que cette odeur venait. C'était là qu'ils devaient aller. C'était là qu'ils trouveraient à manger. Et c'était là que pour cela ils devraient attaquer. Car nul autre animal que l'homme ne pouvait obtenir de la lumière lorsque le soleil se couchait et que les astres étaient invisibles et les humains ne partageaient pas leur nourriture si facilement. La meute n'aurait bien sûr aucun scrupule à les tuer et à les dévorer pour se rassasier, mais dans leur état, mieux valait combattre le moins possible.

Ils approchèrent lentement, à leur rythme et silencieusement, salivant un peu plus à chaque pas, la bave coulant à flot entre leurs crocs pour venir pendre à leur mâchoire. Leur regard malveillant et affamé scrutait l'horizon et le point lumineux qui se rapprochait de plus en plus. Celui-ci marquerait la fin de leur faim et plus ils avançaient, plus l'impatience les prenait au ventre. Lorsqu'enfin ils arrivèrent à quelques mètres du campement de fortune, ils grognaient littéralement d'excitation, prêt à bondir pour mordre dans un bon morceau de chair. Lentement, ils se mirent à marcher tout autour des deux humains en resserrant petit à petit le cercle qui s'était naturellement formé. Bien qu'ils se soient plus ou moins habitués à la présence des hommes, le feu les impressionnait toujours et ils marchèrent ainsi en rond durant de longues minutes, attendant de s'être habitués le plus possible à cet élément qu'ils redoutaient et observant avec minutie leurs adversaires et le repas dont il ne restait plus rien. Ces sales bêtes avaient déjà tout dévoré! Qu'à cela ne tienne... Ils feraient un parfait encas! Tout ce qu'ils attendaient à présent était un seul signal de leur chef. Ils étaient tous fébriles et frémissaient tant ils étaient nerveux. Tout à coup, un hurlement raisonna dans l'air et deux des trois loups bondirent en même temps sur leurs proies, passant de l'ombre à la lumière tandis que le dominant continuait à crier avant de s'avancer avec plus de calme vers les deux humains. Les babines retroussées, l'air féroce et cruel : rien ne les arrêteraient pour déguster un festin ce soir!


(HRP j'ai finalement renoncé à vous en mettre cinq. Vrai que ça fait beaucoup! lol déjà trois c'est pas mal ^^)
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Braeghid Brise-de-Feu



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MessageSujet: Re: A l'ouest du Rohan - en plein hiver [Maegaldar]   Ven 14 Mai 2010 - 13:33

Braeghid avait espéré que le voyageur, en racontant quelque histoire ou quelque petite anecdote, allégerait leurs esprits, leur laissant percer les ténèbres de leurs rires. Ce ne fut malheureusement le cas et la jeune rousse songea que Maegaldar était très certainement l'antithèse complète de la barde qu'elle était. Un homme silencieux, concis en parole, bref dans ses actes... loin de la fantaisie dans laquelle baignaient ses jours habituels. Sûrement l'homme était de la trempe des rois et des guerres, comme tous ceux de sa race. Un front noble et fier qui guiderait les armées à la victoire contre un ennemi méprisable et tyrannique...

Cette vision réconforta un peu la jeune femme. Il était bon de savoir qu'il y avait encore de tels hommes sur cette terre. D'un autre côté, l'ennemi était toujours noir et leur armée toujours blanche ; la vie avait appris à Brae que si cette distinction était souvent vraie, la naïveté dont l'entourait les contes anciens et les chants d'autrefois n'était pas un gage de survie au quotidien.

Elle ne répondit rien pour une seconde ou deux, s'emmitouflant dans sa couverture. Puis, son naturel reprit le dessus et elle battit doucement des mains, comme pour les réchauffer, à nouveau souriante et prête à à entamer à nouveau la discussion. C'est à ce moment qu'elle aperçut le trio des loups, qui s'était rapproché du feu. Sortant de son fourreau l'épée qu'elle avait à ses côtés, elle déglutit et respira un grand coup.

La peur tordit ses tripes, comme à chaque fois. Elle sentit ses mains s'alourdirent, se couvrir d'une sueur moite ; ses cheveux lui semblaient soudainement prit d'une vie propre, comme s'ils étaient à la fois cette masse lourde et ingérable sur ses épaules et ces milliers de petites aiguilles qui lui transperçaient le crâne.
Braeghid avait peur, mais elle avait l'habitude – et surtout, cette fois-ci, elle n'était pas seule. Raffermissant sa prise sur sa garde, elle se rapprocha de Maegaldar. Lui passant tacitement la charge de la suite des opérations, elle attendit.

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MessageSujet: Re: A l'ouest du Rohan - en plein hiver [Maegaldar]   Jeu 20 Mai 2010 - 16:17

Sa réponse n'était assurément pas du ton que Braeghid souhaitait et le dunadan s'en aperçut bien vite. Mais nul sentiment de regret ne vint poindre en lui. Son souvenir de ces terres était ainsi coloré et il ne souhaitait pas se forcer à en peindre un tableau gai à la jeune femme.

Cependant si elle avait paru déçue, elle sembla éprouver un autre sentiment, et quelques signes de détente apparurent sous le regard attentif du rôdeur. Il était loin de se douter des pensées exactes de son interlocutrice, et fut même surpris. Étonné une fois de plus que son apparence réconforte la voyageuse au lieu de l'inquiéter.

Mais ces considérations ne purent guère durer plus longtemps. En effet, sur le qui-vive depuis que les loups avaient hurlé au loin, ses oreilles captèrent un bruit insolite... et dangereux. Le grondement d'un animal impatient... Et pour qu'il distingue un bruit pareil malgré le crépitement du feu il fallait que les dits animaux soient tout près ! Croisant brièvement le regard de Braeghid il s'aperçut de ses deux yeux écarquillés.

Plus de doute possible, ils avaient de la visite. Malgré le feu. Se levant d'un bond vif il se retourna aussitôt dos au brasier, la main refermée sur le fourreau de son épée en jurant puissamment dans un langage étrange.

"Goujkor !"


Trois silhouettes de loups efflanqués se détachaient indistinctement. Les deux premiers se ramassaient déjà pour bondir. La scène sembla se ralentir, le cerveau du vagabond analysant chaque information avec une froideur caractéristique.
Le tintement de l'acier glissant contre du cuir. La jeune femme avait dégainé une épée. Bon réflexe.
Le craquement de brindilles sous les pas de cette dernière. Elle s'était rapprochée, à bonne distance pour pouvoir se servir de son arme tout en étant couverte. Bon réflexe.
Les deux premiers prédateurs se détendaient déjà. Quelques mètres. Distance insuffisante pour dégainer l'épée. Main sur la dague. Dégainer.

Les deux premiers loups avaient bondi en avant. Ils n'avaient pas entrepris leur habituel encerclement de leur proie. Ils devaient être réellement affamés. Ils n'en seraient que moins véloces. Même si le désespoir offre une énergie insoupçonnée.

Un loup bondissait vers lui, l'autre vers Braeghid.


"Maintenez-le à distance !" cria-t-il à la jeune femme.
A peine avait-il prononcé ces mots qu'il se mit à plonger vers son adversaire canin, son avant bras gauche ceint d'un solide brassard en cuir renforcé directement dirigé vers la gueule du fauve. Le choc fut puissant, les projetant chacun en arrière. Les mâchoires de l'animal se refermèrent solidement sur le brassard malgré l'impact.
Mais une courte seconde plus tard le vagabond dégageait son avant bras de la gueule inerte, sa dague pleine de sang ayant proprement proprement éventré l'abdomen du loup lors du choc.

Il se remit immédiatement en garde, les jambes légèrement pliées, ignorant le sang qui coulait d'une de son épaule gauche meurtrie par les griffes de la bête. Il engloba rapidement du regard la situation, se renseignant à la fois sur la réaction du troisième loup et sur la situation de sa compagne d'infortune.
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MessageSujet: Re: A l'ouest du Rohan - en plein hiver [Maegaldar]   Mar 1 Juin 2010 - 0:18

L'attaque des loups, bien que voulue soudaine, n'avait pas eu l'effet escompté. Les proies, un mâle et une femelle, les attendaient déjà de pied ferme et avaient réussi à se défaire de leurs crocs assez aisément. Tout du moins était-ce le cas pour l'homme qui s'était littéralement jeté à la rencontre de son adversaire. Ce dernier, la gueule ouverte et prête à se refermer sur un morceau de chaire juteuse n'eut pas le temps de comprendre ce qui lui arrivait, ni de savourer quoique ce soit. Il avait réussi à mordre ce qui lui paraissait être une peau bien trop dure pour être celle d'un humain avant de sentir une douleur fulgurante dans son abdomen. La dague avait brillé dans la nuit, reflétant la lueur du feu qui continuait à brûler non loin, avant de lui déchirer le ventre de haut en bas et de se teinter de sang. L'animal n'eut le temps que de pousser un petit gémissement de douleur avant de s'effondrer à terre, la mâchoire encore refermée sur sa proie, une plaie béante le traversant de part en part. Le chef de la meute avait regardé l'homme se défaire de son ennemi sans aucun mal. Avaient-ils ne serait-ce qu'une chance contre ces deux-là? Le premier loup était tombé, les autres allaient-ils le suivre si facilement? Rien n'était moins sûr, car le deuxième s'était jeté sur une proie bien plus facile à déstabiliser que celle qui venait d'éventrer son compagnon. La jeune femme, bien qu'ayant une force admirable, ne faisait pas encore le poids contre la bête qui s'était jetée sur elle. Cette dernière tentait par tous les moyens de lui mordre le cou ou le visage, zones bien plus accessibles que tous le reste du corps. Armée d'une épée et non pas d'une lame courte, il était difficile à la barde d'imiter la prouesse de son ami, cependant, elle continuait à se défendre comme elle le pouvait tandis que des crocs s'enfonçaient et éraflaient un mélange de chaire et de tissus.

Croire que ces loups faméliques n'étaient pas dangereux aurait été stupide car la faim était la seule chose qui les faisaient avancer à présent. Ils n'avaient absolument plus rien à perdre. C'était soit ils mourraient maintenant, soit ils attendaient sans rien faire que la faim vienne les tuer. Autant profiter de leurs dernières réserves pour se battre jusqu'au bout. Qui sait? Peut-être allaient-ils recevoir une récompense en fin de compte? Peut-être allaient-ils enfin manger à leur faim? Ils auraient très bien pu s'arrêter là et emporter la carcasse encore chaude de leur « ami » tombé au combat. Bien sûr, s'entre-dévorer avait déjà été une option envisageable, cependant, ils n'en étaient jamais arrivés jusque-là. Et maintenant que l'un des leurs étaient morts et qu'ils pouvaient en profiter, ils étaient trop absorbé par leur attaque pour y penser. Ils étaient à présent dans le feu de l'action. Ayant entamé une lutte à mort, ils se devaient de rester concentrés sur leurs proies pour ne pas finir comme leur compagnon. Le deuxième se trouvait donc toujours en train de lutter contre la jeune femme, n'ayant pas remarqué que l'un des siens avait été abattu, tandis que le troisième, plus posé et observateur, s'était retiré du cercle de lumière qui enveloppait le combat. Il se devait d'être silencieux et de rapidement se faire « oublier ». En effet, il savait que l'unique façon d'avoir l'avantage sur cet homme armé était de le surprendre. Cependant, rester trop longtemps en retrait reviendrait à signer l'arrêt de mort de son dernier compagnon encore en vie et ça, il ne pouvait le permettre.

Il se mit donc à marcher autour de la scène le plus silencieusement possible, frôlant de ses pattes le sol verglacé par endroits. Son but était de désorienter son adversaire et lorsqu'il eut la satisfaction de le voir regarder dans la mauvaise direction, il parcourut les quelques mètres qui le séparaient de son repas à une vitesse dont il ne se serait pas cru capable. L'adrénaline avait pris le pas sur la fatigue et la faim et le poussait à dépasser ses limites. Il avait bondi des ténèbres tel un diable et avait réussi à refermer sa mâchoire sur sa proie sans que celle-ci ne réussisse à opposer une quelconque résistance. Bien sûr, le combat était loin d'être gagné et la lutte ne faisait que commencer, cependant, le loup partait avec un avantage que n'avait pas eu la chance d'avoir son malheureux compagnon. Salivant de toutes leurs dents, leurs yeux exorbités de convoitise, leurs mâchoires claquant sèchement dans l'air froid, les animaux furieux et affamés s'acharnaient sur les deux pauvres humains, tentant l'impossible pour leur infliger la mort et pouvoir ainsi enfin manger un bon repas.


(HRP j'ai essayé de vous laisser la plus grande de marge de manœuvre possible, mais si vous trouvez que je prend trop de libertés, dites-le moi et j'éditerai ^^)
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