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 Un grand besoin de soins

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Huoriel

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MessageSujet: Un grand besoin de soins    Mer 14 Juil 2010 - 9:20


Reprenons. Le soleil était haut dans le ciel et tapait fort sur les habitants d'Edoras. Le ciel était d'un bleu extraordinairement clair et aucun nuage ne se profilait à l'horizon. Les Hommes du Rohan qui flânaient ou travaillaient aux abords de l'enceinte de la ville pouvaient admirer l'immensité des plaines typiquement Rohiques. Ce ciel, ces plaines et ce galop donnaient vraiment l'impression d'éternité, d'illimité. Une ivresse de liberté aggravée par l'adrénaline. En effet, Huoriel ne parcourrait pas les plaines en quête de chevaux comme on pouvait souvent la voir faire, mais bien en quête d'un guérisseur ou d'une guérisseuse. Qu'important, il lui fallait quelqu'un, n'importe quelle personne qui serait capable de soigner la jeune femme qu'elle avait ramassée dans un sale état un peu plus tôt. Depuis que la voyageuse l'avait implorée de l'aider, la dresseuse de chevaux s'était sentie responsable de sa vie, comme on se sent responsable d'un ami ou d'un membre de sa famille. Alors, elle lui avait administré les premiers soins et l'avait fait monter tant bien que mal sur son cheval pour sauver une nouvelle fois la vie d'un inconnu, d'un voyageur. Sauf que, cette fois-ci, elle sauverait cette jeune femme non pas en s'éloignant de son pays, mais en y rentrant au contraire dans la capitale. Oui, elle était bien décidée à la sauver coûte que coûte. Quel monstre pourrait laisser quelqu'un mourir alors qu'on a toutes les chances de le sauver ? Pas Huoriel en tous cas.
Les Hommes du Rohan purent voir, en cette belle journée un cheval blanc entrer au galop à Edoras. Tout le monde connaissait Huoriel, de près ou de loin : c'était une éleveuse de chevaux très douée, elle avait fait un voyage chez les Elfes, disait-on et elle n'était toujours pas mariée à vingt-cing ans. On s'écarta sur son passage pour ne pas finir écrabouillé par les sabots de son cheval lancé au grand galop qui ne semblait vouloir reculer devant rien. En revanche, certains hommes commençaient déjà à se poser des questions sur l'identité de la jeune femme brune encore inconsciente qui était à cheval avec elle. Il était clair que c'était une voyageuse et qu'elle ne venait guère du Rohan. Il semblait que de nombreux étrangers s'arrêtaient à Edoras en ce moment. Quelque chose se passait-il ?

Huoriel l'ignorait. Elle avait fait ralentir son cheval pour avancer au pas dans les grandes rues de terre battue d'Edoras. Son frère, Loth, qui l'avait suivie à cheval depuis son entrée à la capitale guida son cheval à la même hauteur que la monture de la jeune femme. Il regarda avec un air soucieux la plaie de la jeune protégée.

- Il va falloir faire vite, se contenta-t-il de dire.

Elle hocha la tête à ces propos. La jeune femme, mi-Noldo mi-Humaine adorait son grand frère pour cela : il ne parlait pas souvent, sans doute à cause de sa grande timidité mais était habitué à lire en vous. Surtout en Huoriel qu'il connaissait depuis sa naissance, avec qui il avait grandi, avec qui il travaillait et qui était si lisible, si franche. Il savait déjà qu'elle n'avait pas l'intention de laisser tomber la voyageuse. D'un geste de la main, il désigna le palais :

- Il paraît qu'il y a une Elfe qui est arrivée dans la matinée, c'est Eo qui me l'a dit : ça a fait pas mal de bruits, tu sais, à cause de celui qui est tombé malade ici et que tu as ramené. Peut-être pourra-t-elle faire quelque chose pour elle. Sinon, le guérisseur est tout près. Pars devant, je te rejoins en face du palais : d'abord, je vais chercher des lignes et de l'eau chaude.

Encore une fois, il savait prendre les choses en main. Huoriel était sans doute trop tête brûlée pour penser à tout ça dans la précipitation où elle était. Ses cheveux retombaient dans sa figure et sa poitrine s'élevait et retombait au rythme de sa respiration encore un peu hatelante à cause de sa longue chevauchée. Loth partit en direction de leur foyer tandis que sa soeur dirigeait son cheval vers le palais. Elle avait souvent dompté des chevaux pour le Roi, mais elle se doutait bien qu'on ne la laisserait pas entrer à l'intérieur aussi facilement, surtout s'il recevait une Elfe. C'était si rare ces temps-ci : en ce temps de paix, ces magnifiques créatures éthérées préféraient rester dans leurs beaux palais. Mais la situation risquait d'empirer si elle n'intervenait pas maintenant.
La jeune femme s'arrêta devant l'escalier en pierre qui montait au palais. Elle détacha la jeune femme en face d'elle et mit pied à terre, tout en s'assurant qu'elle tenait bien en scelle. Elle héla un garde qui tourna la tête vers elle presque aussitôt. Eux aussi la connaissaient bien et son air soucieux, ses sourcils froncés avaient de quoi inquiéter.

- Est-ce vrai que le Roi reçoit une Elfe ? demanda-t-elle en faisant un signe de tête vers les portes du palais.

Le garde hocha la tête mais il ne pouvait rien lui dire de plus. Huoriel soupira et passa une main dans ses cheveux. Il ne restait plus qu'à trouver le guérisseur non loin de là. C'était l'option la plus sûre et la plus rapide... A moins que..
Les portes s'ouvrirent comme si son désespoir avait été un 'Sésame ouvre-toi' et un magnifique être éthéré sortit, ses cheveux et sa robe volant dans la légère brise qui s'était levée. Une belle jeune femme, une Elfe. Une partie du sang qu'elle avait renié. Un espoir, peut-être.
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Nessameldë

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MessageSujet: Re: Un grand besoin de soins    Jeu 22 Juil 2010 - 0:50

    En effet, une Elfe était arrivée depuis quelques heures à peine à Edoras, capitale du Rohan, après une chevauchée de plusieurs jours depuis la Lorien. Le Rohan n’était pas sa destination finale, il s’agissait pour Nessameldë de faire une étape sur son chemin menant vers le Gondor du roi Elessar.
    Mandatée par Dame Galadriel, sa dévouée dame de compagnie et ambassadrice occasionnelle se faisait pour l’occasion messagère. Depuis plusieurs mois en effet, la Dame du Bois d’Or était la proie d’inquiétants sentiments, voire prémonitions, qui semblaient tous pointer vers le Royaume du Sud. Cependant, celle-ci se sentait fort aveugle, car depuis que les Anneaux de Pouvoir avaient perdus leur raison d’être, ils avaient également perdu leur efficacité et leurs Porteurs, leur clairvoyance accrue. Nessameldë allait recueillir des éléments plus probants pour sa maîtresse et qui pourraient l’aider à préciser sa pensée et à rendre moins diffuse cette potentielle menace dont les Eldar ne savaient rien.

    C’est tout naturellement qu’elle avait choisi Edoras comme halte et d’apporter ses hommages au roi et à la reine de céans. Elle s’y savait bien accueillie, quoique les Rohirrim, bien plus que tous autres mortels, faisaient preuve de circonspection envers ceux de sa race. Elle sentait sur elle les regards appuyés et savait ses gestes épiés, comme si une quelconque magie, sorcellerie plutôt, pouvait sortir à chaque seconde de ses mains. Malgré cette curiosité craintive, le contact avec le monde des Hommes avait quelque chose de rassurant pour l’Elda. Il y avait dans leur mode de vie une immédiateté et une urgence qui n’existait pas chez les Elfes. Qui n’existait plus… Les lumières de sa forêt déclinaient un peu plus à chaque départ de convois vers la Mer et l’Ouest. La vie semblait s’éteindre doucement pour les Eldar comme une chandelle qui se consume de sa propre langueur. De nature fort mélancolique, Nessameldë se trouvait désormais saisie d’une tristesse presque perpétuelle au milieu des siens, au lieu d’y trouver le confort et l’apaisement.

    La vie grouillait sur ces terres humaines, tout comme autrefois elle illuminait les royaumes elfiques, du temps de leur âge d’or.
    La domination des Hommes sur les Terres du Milieu était-elle amenée à disparaître comme celle des Elfes ? Cette chute serait-elle plus rapide ou plus lente ? Voilà ce à quoi la dame immortelle au cœur las songeait sur le parvis de Méduseld, alors que ses sens étaient assaillis par des milliers de bruits et d’odeurs peu familiers. Lorsque le vent tourna, l’odeur âcre du sang vint lui brûler le nez et la gorge et son attention se détourna vivement de sa rêverie.

    Au pied des marches en pierres usées par le temps, elle croisa le regard d’une jeune humaine qui la considérait également. Elle ne sût que lire au fond de ce regard mais il lui sembla de façon inouïe qu’elle était attendue. Alors que l’odeur du sang revenait de plus belle et faisait cette fois esquisser une moue de dégoût à Nessameldë, elle distingua finalement une silhouette rompue sur le dos d’un cheval aux côtés de l’humaine.
    Elle descendit vers la scène d’une démarche toute elfique, à la fois lente et assurée, mais qui devait passer pour de la nonchalance aux yeux des mortels, surtout dans une situation où l’urgence était de mise. Sans un mot, elle se dirigea vers la blessée et constata que celle-ci vivait toujours.


    - La mort gagne peu à peu son corps et obscurcit son esprit. Cependant elle n’a pas encore étendu son ombre et elle peut être sauvée. Peut-on l’emmener et l’allonger au calme ? Il me reste quelques remèdes.

    ***

    Pendant une heure environ, dans un silence profond pouvant paraître pesant à des humains mais bien commun aux Elfes, Nessameldë s’occupa de l’humaine oscillant entre vie et mort. Elle songeait alors à quel point la vie de ces créatures était fragile et précaire… Les Elfes en avaient à peine conscience. Chaque souffle était pour les Second Nés un miracle, un rien pouvait faire basculer irrémédiablement leur destin…

    Avec des gestes à la fois doux et précis, elle nettoya la mauvaise plaie de l’humaine puis y appliqua un onguent dont la recette défiait les âges et finalement banda son membre meurtri sans trop serrer, le remède suffirait à lui seul. La fièvre descendait déjà à peine et il lui faudrait plusieurs jours avant de pouvoir songer se remettre sur pied. Si les Valar n’en décidaient pas autrement, elle serait sauvée mais garderait peut-être une légère cicatrice. La médecine elfique pouvait faire parfois des miracles mais point trop ne devait en être exigé !

    En rassemblant dans ses mains les linges souillés qui avaient servis aux soins, Nessameldë constata que la demoiselle blonde n’avait pas quitté le chevet de la mourante, à présent convalescente et que, de nouveau, ses yeux chauds étaient posés sur elle. Elle les avait sentis tout au long de son exercice et ce n’était pas seulement de la curiosité. Attendant qu’elles soient seules dans la pièce, l’Elda brisa le silence dans lequel elle évoluait depuis le début et s’arrêta pour rendre à la jeune femme son attention:


    - Votre âme est pleine d’énigmes, douce enfant, et de moi vous semblez chercher des réponses. Ces énigmes ne se résolvent que si elles sont posées…


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Ellain

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MessageSujet: Re: Un grand besoin de soins    Dim 1 Aoû 2010 - 16:37

Ellain avait passé les dernières heures dans une brume épaisse de délires fiévreux et terrifiants. Totalement inconsciente, même durant la chevauchée, elle avait manqué à plusieurs reprises de glisser de la selle, retenue in extremis par la jeune femme blonde.
Dans ses songes, la fille de Bree avait vu le visage de sa sauveuse se mêler à d’autres, à celui de la Dame aperçue plus tôt, à ceux des elfes qui l’accompagnaient. Elle avait revu sa mère, sa tante, et l’énorme lynx qui l’avait attaquée, plus grand encore que dans ses souvenirs. Rien n’était logique, tout se mélangeait sans raison apparente pour former un brouillard dense de visions, de sentiments et de sensations diffuses. A plusieurs reprises, elle s’était sentie dériver, partir vers cette lueur éblouissante qui saturait peu à peu sa vision, et ne s’était arrêtée qu’au dernier moment.

Non, je ne partirais pas. Non. Je veux vivre.

C’était difficile. D’autres l’attendaient au-delà de la lumière, elle le voyait maintenant. Elle distinguait la douce silhouette gracile de sa mère qui lui faisait signe, la large stature de son grand-père à coté d'elle, droit et fier plutôt que voûté comme il l’avait été dans ses dernières années.

Je vous rejoindrai, mais pas maintenant. Pas maintenant. Je veux vivre.

Sa résolution faiblissait pourtant. Du coin de l’œil, il lui sembla apercevoir une troisième silhouette. De haute stature, les cheveux sombre, elle se tenait immobile. Ellain eut beau faire, elle ne parvint pas a distinguer ses traits. Seule une paire d’yeux d’un bleu gris saisissant semblait la fixer avec intensité. Dans un effort de volonté qui lui parut surhumain, la jeune femme parvint à se détourner.

Elle frémissait par intermittence tandis que les mains expertes de Nessameldë s’occupaient de sa plaie. Elle s’éveilla une fois ou deux, faiblement, pendant quelques secondes, mais ne le réalisa même pas. Que pouvait bien être après tout cette elfe penchée sur elle sinon un nouveau songe, un autre délire causé par la fièvre ?

Les délires s’estompèrent néanmoins grâces aux soins attentifs de la guérisseuse, et comme un homme jeté a la mer nage jusqu'à la surface, elle émergea enfin pour de bon, prenant une inspiration.

J’ai mal.

Fut sa première pensée. Puis vint la seconde.

Si j’ai mal, c’est que je suis en vie.

Cette idée lui causa une bouffée d’euphorie qui lui fit un instant oublier la douleur. Son visage était pâle, malgré le hâle que sa peau avait pris au cours de son voyage, et sa vision mit quelques secondes a se stabiliser quand elle ouvrit les yeux. Un plafond sombre au dessus d’elle, un lit sur lequel elle était étendue. Ses sens lui revenaient peu à peu, et elle entendit une voix.

« Ou… Ou suis-je ? » Articula-t-elle avec peine.
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Huoriel

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MessageSujet: Re: Un grand besoin de soins    Mar 3 Aoû 2010 - 10:28

Mais c'était bien une Elfe. Qui d'autre qu'une Elfe pouvait avoir une telle stature, une telle beauté ? C'était un être si éthéré comme absent du monde des Hommes ravagé par la maladie et la mort. Une de ces beautés qu'on enferme dans des statues de pierre pour en garder à jamais le souvenir. Un instant, Huoriel eut terriblement honte de ses mains sales, de ses cheveux décoiffés et de ses vêtements d'hommes : elle était du même sang et pourtant, elle était loin d'avoir cette beauté. Parce que le sang humain la marquait aussi bien que ce sang pur et elle incarnait ce mélange presque impossible. Mais là n'était pas le sujet. Il fallait sauver la voyageuse. C'était pour ça qu'elle était venue, pour rien d'autre.

L'Elfe se tourna immédiatement vers elle. Son regard gris et perçant sembla entrer jusqu'au plus profond de son être et y lire tout ce qu'il pouvait bien y être enfoui depuis des lustres. Les Elfes lui faisaient tout le temps cette impression. Mais il ne fallait pas qu'Huoriel se laisse impressionner. Devant les Elfes, elle saurait revendiquer cette part de son sang. La jeune femme fit quelques grands pas vers la magnifique créature et ouvrit la bouche pour expliquer sa situation et faire sa requête, lui demander de soigner les graves blessures qui avaient mis l'autre jeune femme à terre juste devant son cheval, mais elle la devança. Evidemment, il ne faut jamais sous-estimer une Elfe. Elles ont un don, elle ont une sorte de sens pour sentir et savoir tout ce qu'il se passe et elles agissent en conséquence avant même qu'on puisse leur demander quoique ce soit.
L'Elfe passa à ses côtés, la dépassa et descendit les escaliers qui menaient jusqu'au cheval où elle avait hissé la jeune voyageuse. Tout de suite, elle se rendit compte de la situation et murmura :

- La mort gagne peu à peu son corps et obscurcit son esprit. Cependant elle n’a pas encore étendu son ombre et elle peut être sauvée. Peut-on l’emmener et l’allonger au calme ? Il me reste quelques remèdes.

Elle ne regardait pas Huoriel mais la jeune femme savait bien qu'elle s'adressait à elle. Enfin, pas particulièrement à elle, mais à la personne qui lui avait demandé de la soigner. La jeune femme aux cheveux blonds descendit les escaliers à sa suite et prit les brides du cheval pour s'assurer qu'il ne cabre pas même s'il avait fait preuve jusque là d'un grand calme. Comme avec les Humains, on ne peut jamais prévoir leurs réactions.
La jeune femme hocha la tête et désigna à l'Elfe la chaumière du guérisseur :

- Ici vit notre guérisseur, il aura peut-être quelque chose pour vous aider. En tous cas on sera tranquilles là-bas.

Huoriel mena les deux femmes jusque dans la chaumière. En réalité, c'était plutôt un vrai taudis, le guérisseur n'étant pas spécialement réputé pour son ordre. Mais ses méthodes marchaient bien et avec une Elfe, Huoriel commençait à reprendre espoir pour la jeune femme blessée.
Tandis que l'Elfe sortait son matériel, la jeune femme prit la femme aux cheveux bruns dans ses bras le plus doucement possible en espérant ne pas lui faire mal. La plaie était vraiment laide et le bandage fait à la va vite. Elle devait souffrir les milles feux de la forge de Sauron avec. Huoriel amena donc la blessée sur la couchette où le guérisseur officiait et l'y allongea. Là, l'Elfe se mit directement à la soigner. Elle était plutôt silencieuse mais efficace. Huoriel appréciait vraiment cela.

- Je l'ai trouvée en très mauvais état dans la plaine, expliqua la femme du Rohan au guérisseur qui se tenait perplexe à ses côtés. Il y avait de quoi, voir arriver trois jeunes femmes comme cela, au beau milieu de la journée sans explications... La blessure semble grave, continua Huoriel. Mais j'ai confiance dans les pouvoirs des Elfes.

Le guérisseur ne répondit rien. Ce n'était pas ses affaires et tant qu'on ne touchait rien, cela ne devait pas le gêner plus que cela. Alors Huoriel s'assit au chevet de la malade, assez loin cependant pour ne pas déranger la jeune femme elfique.
Elle la regarda faire longuement. Ses gestes étaient fluides, gracieux et assurés. Allongée sur la couchette, contrastant avec la presque éthérée et presque divine de l'Elfe, la jeune voyageuse semblait être en plein délire. Son état était sans doute plus grave qu'elle ne le pensait. Mais il fallait qu'elle se batte contre la mort. Parce que tout ce qu'apporte la vie vaut diablement la peine d'être vécu et qu'il est trop bête de mourir aussi jeune à cause d'une blessure. Dans l'obscurité de la chaumière qui ne possédait qu'une seule fenêtre, Huoriel était de tout coeur avec la jeune femme aux cheveux bruns. C'était étrange d'être assise là, avec une Humaine et une Elfe, les deux parties d'elle-même. Mais elle ne le dit pas. Elle ne prononça pas un mot, juste assise là, à espérer et à se morfondre d'inquiétude.

Puis, l'Elfe sembla avoir fini. Elle rangea son matériel avec le calme habituel des Elfes. Quand elle leva ses yeux à nouveau vers elle, Huoriel détourna vivement les yeux, de peur de l'avoir offensée à force de trop la regarder. Mais les paroles qu'elle lui adressa n'étaient pas des paroles de personne blessé ou en colère. C'était de douces paroles, calmes comme un cours d'eau et posées.

- Votre âme est pleine d’énigmes, douce enfant, et de moi vous semblez chercher des réponses. Ces énigmes ne se résolvent que si elles sont posées…

Des énigmes ? Oui, plein de questions sans réponses, de désirs, de souvenirs. C'est ce qu'est un être humain, n'est-ce pas ? Mais elle n'avait jamais vraiment osé parler de la question elfique avec ses frères, ses seuls confidents. Ils n'avaient fait que côtoyer certains d'entre eux mais n'avaient jamais été en Lothlorien ou en n'importe quel pays Elfe. A vrai dire, depuis qu'elle était rentrée de son long périple en terre Elfe, Huoriel avait véritablement renié cette partie d'elle-même. A présent que l'Elfe lui disait presque ouvertement de se confier à elle, de lui poser toutes les questions qu'elle se posait...
Huoriel baissa légèrement les yeux et fronça légèrement ses sourcils. Ses questions lui semblaient enfantines et ridicules. Par où commencer ? Comment formuler ? Fallait-il vraiment se confier ? Pour repartir en Lothlorien ? Suivre l'Elfe là où elle allait ?

Soudain, une voix faible s'éleva. C'était la voix de sa "protégée", de la blessée. Immédiatement, Huoriel tourna la tête vers l'Humaine et un franc sourire traversa ses lèvres. Elle l'avait fait ! Elle avait réussi à trouver quelqu'un pour la sauver !

- Tu es au Royaume du Rohan, dans sa capitale, Edoras. Tu es sauve désormais, fit-elle.
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Nessameldë

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MessageSujet: Re: Un grand besoin de soins    Mer 11 Aoû 2010 - 1:13

    Nessameldë ne savait comment considérer la demoiselle blonde qui lui faisait face. En vérité, elle réalisait seulement maintenant ce qu’elle avait vu dans le regard de celle-ci alors qu’elle sortait de Méduseld et qui l’avait poussée à descendre à la rencontre du bien étrange convoi. C’était un appel familier. Comme celui qui rassemble les membres d’une même lignée, de bien lointains cousins que l’on ne voit jamais ou si rarement, mais dont la présence, les gestes, ont quelque chose d’évident.
    Pourtant, le doute n’était pas permis : Nessameldë n’avait jamais croisé cette jeune femme dont toute la personne criait son appartenance à ce monde de bruits, de poussière, de chaleur humaine. Elle respirait l’immédiateté, l’urgence de la vie mortelle, tout comme celle qui était allongée et qui luttait en ce moment même pour survivre.
    Malgré tout, elle le voyait bien après lui avoir adressé la parole, son âme était agitée de conflits qu’elle ne parvenait pas à dissimuler et que l’Elfe pouvait lire jusque dans ses traits. Elle était sans doute jolie… Mais elle semblait mettre tant d’effort à ne pas laisser la lumière baigner ses traits… Comme si se laisser aller à l’apaisement et à la douceur lui était impossible. Ou peut-être ne se l’autorisait-elle pas…
    La dualité qui émanait de cette jeune personne, entre attirance et répulsion, troublait Nessameldë et, pour le coup, la jeune humaine n’était sans doute pas, en cet instant, la plus torturée d’énigmes ! L’Elfe s’interdit de la brusquer et attendrait la main tendue de l’humaine pour éclaircir ses propres interrogations.

    La dame elfique n’avait jamais été la plus douée de son peuple pour dénicher les secrets de l’âme, particulièrement chez les Humains. Elle avait pourtant souvent vu faire sa dame, Galadriel, pour qui les Hommes étaient des livres ouverts, sans jamais parvenir à seulement approcher son acuité. Ils étaient par nature si complexes et si imprévisibles… Ils pouvaient faire preuve de tant de bonté (supérieure même à bien des Eldar !) et la minute d’après de tant de noirceur et d’infamie ; de tant de courage et de couardise ! Toutes ces contradictions l’effrayaient autant qu’elles la fascinaient et de fait, elle demeurait souvent sur la réserve avec ceux de leur espèce, sans pourtant se départir de cette bienveillance qu’elle portait naturellement envers toute créature vivante.

    Nessameldë tressaillit légèrement lorsque la voix brisée de la jeune humaine blessée s’éleva depuis la couche rudimentaire. Il lui sembla que celle-ci était pareille à une noyée qui, après avoir senti ses poumons se remplir d’eau, retrouvait l’enivrant sentiment de pouvoir inspirer et expirer de nouveau. En vérité, la demoiselle n’était pas passée loin de perdre tous ses sens pour l’éternité…
    L’Elfe fut surprise (cela n’arrive pas si souvent, c’est pourquoi je me permets de le noter), elle ne pensait certainement pas que les forces lui reviendrait si rapidement. Cela faisait fort longtemps qu’elle ne s’était pas penchée au chevet d’un humain mourant, il était vrai, mais dans ses souvenirs, il lui semblait que ceux-ci mettaient un temps certain à reprendre leurs esprits et à sortir de l’ombre de la maladie ou de la mort. Cette mortelle là devait être fort résistante du corps et de l’âme …

    Afin d’aider la jeune humaine à reprendre tout à fait conscience, l’Elfe s’empara d’un linge qui baignait dans une petite cuve remplie d’eau parfumée d’huiles essentielles au parfum poivré. Elle en tamponna avec précaution les tempes de la convalescente et repris après la demoiselle blonde :


    - Quel est ton nom et d’où viens-tu ?

    Ses questions n’étaient pas brutales et si les réponses présentaient un intérêt évident pour Nessameldë, elle cherchait surtout à s’assurer que les idées étaient bien en place dans la mémoire de la jeune femme. Elle n’avait vu que sa blessure, déjà fort impressionnante, mais comment savoir si sa tête était indemne autrement qu’en la faisant travailler un peu ?

    Tandis qu'elle attendait la réponse de la demoiselle brune, Nessameldë se plaça derrière la tête de celle-ci et prit sa tête entre ses deux mains qu'elle posa sur ses genoux afin de la redresser un peu, sans brusquer ses membres meurtris et très probablement endoloris. Elle glissa entre ses lèvres, sans toutefois la forcer à boire, une décoction fraîche qui devait faire baisser sa fièvre dans de moindres délais et la réhydrater quelque peu. Les plantes infusées possédaient également un fort pouvoir sédatif et narcotique qui la ferait resombrer sous peu dans les limbes, mais cette fois du sommeil du juste, garanti sans délire...



[Si vous le sentez, n'hésitez pas à faire des ellipses, ça permettra peut-être à Ellain de pouvoir faire un RP sans être dans les vapes... ^^ Enfin en tout cas, pour ma part, vous avez ma bénédiction! Wink]


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